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CUR PRODUITE PAR LE TRAVAIL MÉCANIQUE EST ÉQUIVALENTE A CE TRAVAIL

Fig. 18.

US ces phénomènes, dont la forme

variée à l'infini, il y a un caractère

découvert depuis peu d'années, et

»rte de bien comprendre. 11 est né- ^"'^"''" '"'•

î posséder d'abord quelques notions 4eT£v(i.Ç5v\\\^<:i..

m corps est en repos, il ne pcul àeVvv-TftÈvwfc 's»'t

mettre en mouvement ; on dit qu'il est inerte. Il faut qu'il îU)it déplacé par quelque cause extérieure, qu'on appelle force. Tant que la force agit, le mouvement du corps subit tous les changements qui dépendent du mode d'action de la force; puis, si elle est supprimée, le corps continue à se mouvoir eu ligne droite, uniformément, sans pouvoir de lui-même changer ce mouvement ; il obéit fatalement, en vertu de la loi d'inertie, à l'impulsion que la force hii a donnée, et cela dure tant qu'une nouvelle force n'intervient pas. Voilà une des propriétés fondamentales de la matière.

Il est impossible de trouver dans l'univers un corps qui ne soit soumis h Taclion d'aucune force ; car tous les corps s'attirent mutuellement, suivant une loi qu'on appelle la gravitation universelle, et c'est cette attraction qui fait que notre globe décrit sa courbe annuelle autour du soleil, que la lune en même temps tourne autour de la terre, et que tous les corps célestes se meuvent dans l'espace.

Dans un firand nombre de cas, un corjis peut se comporter sous certains points de vue, comme si aucune force n'agissait sur lui ; par exemple, lorsque nous envisageons sa manière d'être par rapport à nous. Ainsi considérons un corps suspendu par un cordon ; il est réellement entraîné comme nous par le mouvement de la terre ; mais nous disons qu'il est en repos, parce que nous faisons abstraction de ce mouvement commun, et nous pouvons par là simplifier nos raisonnements.

Le corps suspendu par le cordon est en repos relatif : et pourtant il est attiré par la terre, et s'il ne se précipite pas à sa rencontre, c'est uniquement parce que le cordon le retient. Comment retrouver là le principe de l'inertie? Le cordon est tendu parce que la terre attire le corps ; la force qui tend Je fil est appelée le poids du corps, qu'il ne faut pas confondre avec la pesanteur, nom qu'a requ \a cause àe\^\3cwLÇ\«ivl^^-

istre. Le cordon résiste à cette tension, et on peut dire que die résistance fait équilibre au poids. Le corps est donc lumis à Faction simultanée de deux forces égales et contrains, qui se détruisent, et, en donnant cette explication, on xprime simplement un fuit, tel que Tobscrvation nous le évèle.

Coupons mtiintenant le cordon ; sa résistance n'équilibre Jus le poids; nous avons donc supprimé l'une des deux fores ; l'autre reste, celle qui est due à la pesanteur, et le corps ombe. Sou mouvement n est pas uniforme, tant ({ue la lesanteur seule le sollicite. Dans la ))remière se(*onde il pariourt 49 décimètres ; un chemin trois fois plus long dans la ieuxième seconde, cinq fois plus long dans la troisième, sept ibis plus long dans la ({uatrième et ainsi do suite. Dans la !hute d'un corps, il y a une dépense d'action cpie Ton mesure m multipliant le poids du corps par le chemin ({u'il a par- .*ouru. Par exeipple, s'il est de d kilogramme, et si la hauteur Je chute est 425 mètres, on dit qu'il y a un travail dépensé de 435 kilogram mètres. Le corps a acquis alors une certaine énergie, dont une manifestation est la vitesse qu'il possède.

Si, par un artifice quelconque, notre kilogramme cessait d'être soumis à Faction de la pesanteur après sa chute de 425 m^res, il continuerait son mouvement vertical en vertu de l'inertie; mais celte fois son mouvement serait uniforme, il parcourrait 91 mètres environ par seconde. Tant que durerait ce mouvement uniforme, il n'y aurait aucun nouveau travail dépensé, l'énergie du corps resterait la même. Le nombre 91 mètres mesure sa vitesse après la chute de 425 mètres. Supposons qu'il soit formé par une boule d'ivoire parfaitement élasticiue. et qu'après avoir parcouru dans sa chute 425 mètres, il rencontre un plan de marbre fixé invariablement au sol; il rebondira, et si le plan est parfaitement horizontal, il remontera à ^ow Yvvi«» \siV^V«\v

C8 I.A CII\LKUn.

leur de 425 mètres : il se retrouvera donc à son point de départ, il sera un instant en repos, et si Ja pesanteur cessait î\ cet instant d'agir sur lui, il resterait en repos indéfiniment.

Que s* est-il donc passé pendant le clioc de la boule contfe le plan de marbre ?

La boule a été aplatie, et le plan a été légèrement déprimé au point de contact. On reconnaîtrait ce fait en enduisant d'un corps gras la surface de la boule : après le choc on verrait sur le plan une tache circulaire, indicpiant que le contact a eu lieu par un grand nombre de points. Or une boule sphérique ne touche un plan qu'en un point ; il y a donc eu déformation pendant Ip choc, aplatissement de la boule, et dépression du plan.

La dépression est tros-faible, et nous la supposerons nulle; c'est une condition nécessaire pour que la boule puisse rebondir jusqu'à une hauteur égale à celle de sa chute : en d'autres termes, le plan doit être supposé parfaitement rigide. 11 n'y a donc à considérer cpie la déformation de la boule.

La boule a été aplatie progressivement pendant quelle perdait sa vitesse, et au moment oii la déformation était la plus grande possible, la vitesse était nulle. Puis la boule est revenue à sa forme primitive en contiimant à toucher le plan ; elle s'en est séparée dès <|u'elle a eu cessé d'être déformée. C'est alors qu'elle a rebondi.

A mesure (|ue la boule s'élevait, la pesanteur agissait sur elle, et ralentissait sou mouvement, comme une résistance. 11 y a bien la résistance de l'air qui agit dans le même sens que la pesanteur, mais elle est très-petite et nous la négligeons. Lors(|ue la boule est arrivée an repos à la hauteur (le A'ib mètres environ, le travail de la résistance surmontée était de 425 kih)grammètres. Ainsi la quantité d'action développée pendant la chute d'un corps est capable de faire re. monlcr Je même corps à une hauteur égale à celle de la

SOUKCES DE CIIALEUn. Oî»

chute ; lorsqu'elle a produit cette ascension, elle est entièrement consommée. En généi^l, nous appelons travail dépensé l'effet d'une force qui fait mouvoir un corps, et travail produit l'etTet d'une résistance qui est surmontée par un curps en mouvement. Dans notre exemple, il y a un travail de i"25 kilogrammètres dépensé pendant la chute, et un travail égal produit pendant rascension.

L'expérience que nous venons d'in)a<.Mner a pour but de l'aire comprendre en quoi consiste le principe de la conservation de la force, ({ui est une des base^ de la mécanique.

Lorsqu'une force a a^'i sur un corps et Ta mis en mouvement, elle lui a conféré une certaine énergie, que mesure le travail dépensé. Le corps perd cette éner'iie (|uand il surmonte des résistances, ci produit un travail égal au précédent. C'est le fait même que nous venons d'observer. Bien souvent le corps i>crd son énergie d'une autre manière ; c'est en la IransmettauL à d'autres corps, et en rentrant lui-même au repos. Mais alore les corps ([ui ont accjuis cette énergie la perdent à leur tour, en produisant un travail é(|uivalent, lorsipi'ils reprennent l'état mécani(jue qu'ils avaient au moment de la transmission. 11 y a un grand nombie d'exemples de cet autre mode de conservation de la force ; mais les (|ueslions de ce genre sont traitées dans la mécanique, et nous ne devons ici que les eifleurer en passant, pour nous aider à mieux comprendre les raisonnements ({ui suivent.

Ueprenons notre corps de 1 kilogramme, et laissons-le tomber de la hauteur de 425 mètres dans une masse d'eau : «•Ue-ci est vivement agitée, mais elle se calme peu à ])eu ; le corj[)S et l'eau sont bientôt en repos. 11 y a bien eu un mouvement communiqué à l'eau, mais ce mouvement s'est éteint sans que nous puissions découvrir dans les corps voisins un travail protluit de 4:^5 kilogrammètres. La (juaulité d'action développée dans la chute ])ar la pesanteur sevwblG ^wévsAvtvQ,.,

sans qu'une autre force ait été visiblement surmontée. Le princiiie de la conservation de la force ne paraît pas vérifie

Mais examinons cette eau en pliysiciens; si nous y avons l)lîicé un thermomètre avant Je choc, nous verrons qu'il y a élévation de température. Ainsi Teau, en détruisant la vitesse du corps, s'est échauffée spontanément ; elle a créé de la chaleur. N'est-il pas naturel de penser que cette chaleur est justement l'équivalent de la quantité de travail que nous ne retrouvons pas, et que l'énergie due à la pesanteur, au lieu d'avoir été anéantie, a été simplement transformée, a pris la forme de cette autre énergie que nous appelons chaleur? Le mouvement de masse est remplacé par un mouvement moléculaire que nos yeux ne peuvent voir, mais dont nous pouvons suivre les effets à l'aide du thermomètre. Nous exprimerons donc simplement un fait, en disant que la chaleur créée équivaut au travail mécanique consommé.

Il résulte des recherclics d'un grand nombre de savants, parmi les(iuels nous citerons M. Joule en Angleterre, et M. Ilirn en France, que la quantité de chaleur produite dans roxem[)le précédent est d'une calorie. C'est M. Mayer, médecin à Iloilhroon, l'un dos fondateurs delà nouvelle théorie, (|ui a imaginé Texpression équivalent mécanique de la chaleur, et qui en a donné la première valeur approximative.

Si nous faisons la dernière expérience avec un corps d'un poids quelconque, tombant dans l'eau d'une hauteur quelconque, il y aura autant de fois une calorie créée, que 425 est contenu dans le nombre de kilogrammètres dépensés : par

exemple, si le corps pèse 2 kilogrammes, et tombe d'ciio hauteur de 850 mètres, il y aura 1,700 kilogramme très déjjenséSy et 4 calories créées.

Nous avons déjà rencontré l'équivalent mécanique de lîi chaleur à la fin du chapitre II, alors qu'il s'agissait de la production du travail. Nous pouvons maintenant formuler le principe suivant : Lorsque la chaleur sert à surmonter dos résistances, une calorie disparaît , tandis que 425 kilogrammètrcs sont produits ; et réciproquement, lorsque la chaleur est créée par une action mécanique, une calorie apparaît, tandis que 425 kilogrammètres sont dépensés.

La même corrélation existe entre le travail mé<îanique et la chaleur, dans tous les cas oii la percussion, le choc, le frottement, la compression, développent de la chaleur. Dans toute expérience, oîi l'on se propose de mesurer cette corrélation, il y a deux sortes d'observations à faire. Les unes sont destinées à faire coimaître, pai* des calculs basés sur les règles de la mécanique, la quantité de travail dépensée ; et les autres senent à calculer lu chaleur créée, d'après les règles de la physique.

Nous ne prendrons qu'un exemple. Des palettes de cuivre, ûxées à un axe vertical, sont complètement immergées dans Teau, et sur Taxe est enroulé un cordon, tendu par un poids avec l'intermédiaire d'une poulie (fig. 19); un thermomètre est dans Teau : on connaît le poids de celte eau, celui du vase et des palettes. On laisse descendre le poids. C'est la pesanteur qui est la force motrice, et le travail moteur se mesure en multipliant le poids par la hauteur qu'il parcourt en descendant. Les palettes agitent Teau, et du frottement ([ui a lieu résulte un dégagement de chaleur. On note l'élévation de température du thermomètre, et on a tout ce qu'il faut pour calculer la chaleur créée. Quant au travail dépensé, il y a plusieurs choses à considérer. Le poids dcseewA ç^V. «à'^w^V.^ ^w

rccicoiitraiit le soi ; faut-il simplement niulliplii>r la hauteur dcchutepar la valeur en kilogrammes <Ie ce poids? Kod, Ce ])roduit est bien le travail moteur, uiais il n'est pas cnlièremeiit dépensé par le frottement des palettes, et transfonni' en clialcur. Une partie est ^ployéc à vaincre la l'éslstance du cordon et celle de l'air, une autre ïk produire un peu de chaleur par le frottement de la poulie et par celui de l'ait

«jui porte les pidettes; et cette dernière chaleur n'est pas appréciée par le thermocuétre ; enfin, quand le poids toudie le sol, il y a encore un choc ijui crée de la chaleur et que l'on ne mesure [tas. 11 est possible d'évaluer la quantité de travail ainsi dépensée par quelques artifices <{u'il serait trop Idiij; (l'énuiiténT; cl, eu la reti-ancliant du travail moteur total, on a h ijuantité quç l'on doit comparer à la chaleur mesurée

le thermomètre. Telle est Texpérience célèbre faite par ouïe Ters i 845.

QUELQUES GRANDS PHÉNOMÈNES NATURELS OU LA FORCE MÉCANIQUE EST CONVERTIE EN CHALEUR.

luttons maintenant le laboratoire du physicien, et repo- -nous quelques instants des fatigues d'un long raisonent, en contemplant les grands iiliénomènes de la nature a chaleur est engendrée par des causes mécaniques semles à celles que nous venons d'étudier, ous Toici, par exemple, dans un train de chemin de fer. jue fois que le train doit s'arrêter, nous entendons le cernent du frein que l'on serre contre les roues, pour rair le mouvement. Le train représente une masse animée le grande vitesse : parle frottement du frein, cette masse i^menée au repos, et de la chaleur est créée sur les surs frottantes. Le travail qu'il a fallu dépenser pour donner rain sa vitesse équivaut à cette chaleur. Le train se remet narche ; le piston pressé par la vapeur transmet Tel fort grandes roues de la machine ; celles-ci le transmettent à tour aux rails, et ceux-ci réagissent; c'est cette réaction •ail qui fait avancer le train ; véritable force extérieure le pousse par derrière. Si le frottement cessait, et si le était parfaitement horizontal, le train se comporterait me une masse qui est soustraite à l'action de la pesan- , et qui a subi une inipulsion. H se mouvrait uniforméit à cause de l'inertie, sans qu'il fut nécessaire de renour l'impulsion, de dépenser du travail moteur. Mais le temeuta toujours lieu à chaque roue sur l'essieu et sur le . Voilà pourquoi, dans l'hypothèse d'une voiehoYaoïvUk^

il l'aut continuer à faire agir la vapeur, c*est-à-dire à entretenir la force. Le travail moteur que dépense la machine est employé, dit-on, à vaincre le frottement. En réalité, il est t;mployé à créer la chaleur qui accompagne le frottement ; et comme ce travail est effectué aux dépens de la chaleur dégagée par le comhustihle dans le foyer de la machine, on peut dire que la fonction de la vapeur est de faire disparaître de la chaleur au foyer, et que celles des surfaces frottantes est de faire reparaître une égale quantité de chaleur, laquelle se dissipe libi*cment. C'est ainsi que rien ne se perd dans la nature, et toute la difficulté consiste à suivre les transformations de la force. Dans la marche du train sur une voie horizontale, la chaleur du foyer est continuellement transformée en travail mécanique, et le travail lui-même est reconverti en chaleur de frottement ; le mouvement des atomes en comhustion est transmis aux grandes masses du train, et ces masses, à leur tour, le transmettent à d'autres atomes par l'opération du frottement.

Nous comprendrons nettement, après cette analyse, l'importance du graissage ahondant des essieux. Si l'employé chargé de cette opération néglige de renouveler la graisse que contiennent les hoites disposées au bout des essieux, le frottement devient plus intense, la chaleur créée augmente, le chauffeur est obligé de brûler plus de charbon. C'est à la fois un danger d'incendie et une consommation exagérée de comhustihle qu'il s'agit d'éviter.

Faisons une visite a la chute du Rhin, la plus belle cataracte de l'Europe. Les eaux du fleuve se précipitent d'une hauteur de tJO mètres environ sur une largeur de 100 mètres. La nature a dressé en travers du lit du fleuve cet immense barrage, et la pesanteur fait tomber de 20 mètres chacpie kilogramme d'eau qui arrive sur sa crête. 11 y a donc nn traY[\i\ de 20 kilogrammètres qui est converti en chaleur,

exactement comme dans le choc dont nous nous occupions plus haut. La vitesse de notre kilogramme d'eau s'accroît par la chute, puis cet accroissement s'éteint en tourbillonnements ; le cours du fleuve n'est pas plus rapide d*un côté que deTautre à quelque distance de la chute ; c'est au milieu des flots qui bouillonnent avec fracas au bas de la cataracte, quo l'efTet mécanique de la pesanteur est remplacé par de la clialeur. Une masse d'eau de 21 kilogrammes engendre dans une telle chute une calorie. Admettons qu'il tombe en une seconde 210 mètres cubes d'eau, ce qui est pour un grand fleuve un débit ordinaire, nous aurons 2 1 0,000 kilogrammes, et par conséquent 10,000 calories en une seconde ; en un jour 864,000,000 calories seront ainsi créées : c'est une quantité de chaleur capable de fondre 12,000 mètres cubes de glace.

Là n'est pas encore toute la chaleur qu'engendre le mouvement des flots. Dans tout le cours du fleuve, depuis sa source jusqu'à la mer, ses eaux descendent sur une pente douce, sollicitées sans cesse par la pesanteur, frappant la rive et les aspérités du fond, tourbillonnant sans cesse; cause nouvelle d'échauflement, nouvel exemj)le de la conservation de la force.

Amvons à l'embouchure, et arrêtons-nous un instant sur le bord de l'Océan. Ces vagues immenses, que l'on voit au loin dresser à l'horizon leurs crêtes écumanles, ont été soulevées par quelque force puissante telle que le vent. La pesanteur les fait tomber ; d'autres sont soulevées, et retombeiy, encore; et toute celte agitation de la mer, tout ce bouleversepient se font suivant une loi régulière. De profonds sillons, ressemblant à des vallées, s'avancent parallèlement au rivage, l'atteignent, et chaque vallée liquide vient disparaître en présentant à nos regards l'aspect d'une cataracte qui s'épuise en rendant un dernier mugissement. C'est Tordre dans le dés-

76 Ll CHALEUIl.

N 'avons-nous pas dans ces chiiles deau multipliées à l'infini une création incessante de chaleur, el les marins n'ont-iis pas raison de dire que la mer agitée est plus chaude que la mer calme? Nos baigneurs qui vont recevoir le choc d« la vague ne recuelllenl-ils pas leur part de cette chaleur?

Parmi les mouvements de l'Océan, il en est un plusgraidiose encore i]ue les précédents, et qui a une très-grande influence sur l'état calorifique de notre globe. C'est la marée.

11 y a entre la terre et la lune une attraction mutuelle qui rapprocherait les deux globes jusqu'au contact, si une tio-

Fig. 30. — ThéoiÎG de la marée.

pulsion originelle ne contrariait pas cette force, et si l'eifel de cette impulsion ne se combinait pas avec celui de la foff* pour faire décrire à la lune une orbite presque circulaire autour de la terre. Cette force attractiTe soulève l'Océan An côté de la luneet aussidu côté diamétralement opposé {fig. 30); comme la terre tourne autour de son axe en un jour, le disigètre de la terre qui est dirigé vers la lune décrit â la sufftice de notre globe une ligne circulaire de l'ouest vers l'est, et la masse d'eau soulevée par la lune aux deux bouts de ce diamètre suivrait parfaitement cette ligne s'il n'y avait pas de continents. A cause des irrégularilés des rivages et de l'action du soleil, la montagne d'eau ne la suit qu'à peu pris; mais l'effet reste le même dans l'ensemble. La marée monte deux fois par jour, à des heures iWlKtewVes, aians^dii. ttwu-

SOURCES DE GIIâLEUH. 77

mont de translation de la luno autour de la terre et suivant le loi déterminée. Or quel peut être roffot mécanique î la marée? L'Océan est retenu par l'atlraction de la lune, ndisquc le globe solide de la terre tourne sur lui-même. Océan est donc traîné comme un frein frottant la surface du obe solide, et de ce frottement naît de la chaleur. Xe de- >ns-noiis pas penser que cette création de chaleur est faite X dépens de la vitesse de la terre, si son mouvement est . à une impulsion originelle, et s'il n'y a pas en elle une ■ce motrice qui répare incessamment ses pertes et (|ui proit du travail mécanique au fur et à mesure qu'il est déiisé? Cette diminution de vitesse de la rotation diurne de Irc globe aurait pour cons(V[uence d'augmenter la durée du ir ; mais elle est trop petite, et l'honmio est depuis trop u de temps sur la terre, pour que l'on puisse constater te augmentation.

Un savant professeur anglais, M. William Thomson, a calé la quantité de chaleur (jui serait engendrée par le frot- (lent de la terre, si elle était serrée par un frein jusqu'à ce 3 sa rotation lut entièrement arrêtée, et il a trouvé qu'elle égale à la chaleur émise par le soleil en 81 jours. Vous sommes amenés à poursuivre notre excursion bien 1 dans les mondes célestes ; mais les phénomènes gigaujucs qui s'y laissent entrevoir sont si intimement liés au et qui nous occupe, que nous pouvons bien nous abaniner un instant au plaisir de les contempler. Font le monde a ni des étoiles fdarrtes ; à certaines époques Tannée (août et novembre), elles sont très-nombreuses. A iton, on en a compté 240,000 en neuf heures. Il est pro- )le que ce sont de petits globes qui obéissent à la graviion comme les planètes, mais qui, à cause de leur faible sse relativement à celle de la terre, peuvent être attirés tement par elle lorsqu'ils sont dans son \o\s\w^'fc, ^v\x^\

•;8 LA CIlALEUn.

dans son atmosphère, et s'y écliauner jusqu'à Fincandesccna' par le frottement de l*air. Ils deviennent ainsi des sources passagères de chaleur et de himière. Plusieurs sont complètement brûlés en traversant l'air ; d'autres éclatent comme des bombes ; un petit nombre tombe sur la terre, et, comme ils ont une vitesse énorme, ils creusent le sol et s'y enfouissent. On appelle ceux-ci des bolides, et leur chute est accompagnée de circonstances qui frappent vivement les personnes qui en sont témoins. Or ce choc produit de la clialeurct celte simple remarque a conduit à une hypothèse fort curieuse sur l'origine du soleil et des étoiles.

L'univers serait rempli d'astéroïdes, petites masses distribuées par groupes. Chaque groupe, gravitant autour d'un centre, s'y condenseraitgraduellcment, et finirait par constituer un globe. La condensation s'el'fectuerait ainsi par la chute de ces petites masses sur le noyau central, et la chaleur résulterait de la destruction de leurs vitesses. C'est ainsi que le soleil se sci-ait formé, et serait devenu une source intense de chaleur. Nous avons vu quelle immense quantité de chaleur est émise par cet astre en un an. Il résulte des observations que cette abondante émission ne modifie pas sensiblement la température de la surface de l'astre, et qu'elle continue à s'opérer chaque année avec la môme intensité, comme si le soleil était une source permanente de chaleur. Plusieurs auteurs ont pensé que la chute des astéroïdes continuait, et qu'elle entretenait la chaleur solaire, de même qu'elle en avait été l'origine. Mais cette dernière partie de l'hypothèse semble abandonnée aujourd'hui, et on peut, d'après M. Faye, expliquer la constance du rayonnement solaire par raction du noyau sur son enveloppe.

C'est au docteur Mayer qu'appartient cette hypothèse grandiose, et elle établit une relation remarquable entre la cbaleur et le mouvement des mondes c(i\e?\.e?».

SOURCES DE CIIAIULR. 7îi

a 11 a été prophétisé ])ar Tajjôtre saint l*icnc, dit M. Tyii- « dall dans une leçon sur la force laite à Londres en 1862, (( que les éléments seront dissous par le l'eu. Le seul mouce vement de la terre comprend tout ce cjui est nécessaire et tc suffisant àraccomplissenientde cette prophétie. » La terre tourne autour du soleil en une année avec une vitesse de plus de 109,000 kilomètres par heure* Si ce mouvement était arrêté tout à coup, il en résulterait une (piantité de chaleur suffisante pour réduire en vapeur le globe terrestre entier ; si la terre tombait sur le soleil comme ini astéroïde, elle dégagerait autant de chaleur pai* le choc qu*uii globe de charbon 6,000 fois plus gros qu'elle, brûlant dans l'oxygène.

Si nous quittons les régions célestes (}ue notre imagination vient de parcourir, pour revenir sur notre humble planète et rentrer dans notre laboratoire, ne serons-nous pas tentés de réfléchir sur le mécanisme des mouvements atomiques, et d'essayer d'expliquer la chaleur chimique par les mêmes principes? Notre charbon qui brillait tout à Theure au milieu du gaz oxygène, ne ressemble-t-il pas à un petit soleil, avec son groupe d'astéroïdes qui viennent progressivement s'unir à lui ? Les atomes de l'oxygène ne doivent-ils pas, en se précipitant sur le charbon pour se combiner avec lui dégager de la chaleur en perd^int leur vitesse? Nous aurions ainsi assigné la même origine à la chaleur de combustion et à la chaleur solaire.

N'oublions pas que tout cela est c(mjecture, hypothèse, mais comme cette conception peint bien les faits ! (|ucl enchaînement rationnel et séduisant elle nous fournit !

n nous reste à passer rapidement en revue quelques autres sources de chaleur, dont l'étude ne saurait être faite dans ce livre parce qu'ils appartiennent à une autre branche de la physique et à l'histoire naturelle : ce sont les phénomènes électrigues et les phénomènes vitaux.

XO LA CHALEUR.

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