‹ La chaleurChapitre 16 sur 63 · TAMISAGE DES RAYONS · texte numérisé non relu

TAMISAGE DES RAYONS

Nous avons pris pour étudier la transmission un prisme di* sel gemme. Si nous avions pris un prisme de verre, nous aurions observé un spectre solaire identique au précédent. Mais nous n'aurions pas trouvé les rayons de chaleur moins réfrangibles que le rouge, rayons que nous appellerons obscurs. Il faut conclure de cette observation que les rayons obscurs qui arrivent du soleil sont absorbés par le verre, et que les rayons lumineux sont seuls transmis. Si enfin nous prenons un prisme de verre coloré en rouge, par exemple, non-seulement les rayons obscurs sont arrêtés, mais encore une partie des rayons lumineux n'est pas transmise. Le spectre est incomplet ; on y voit très-bien la couleur rouge, mais le bleu manque ainsi que le violet. En général, la plupart des couleurs, à l'exception du rouge, sont pâles. Les rayons rouges passent donc seuls sans absorçliou, et les autres sont partiel-

lement ou complètement absorbés. On peut même trouver certaines variétés de verre rouge qui ne laissent passer (jue les rayons de cette seule couleur. On dit que le ronge de ce ^erre est simple, tandis que le rouge du précédent est composé.

Il est maintenant aisé de se figurer Tinmiensc variété des effets de la transmission à travers les corps.

Le sel gemme se laisse traverser par les rayons de toute espèce, quelle que soit son épaisseur. Le verre absorbe les 'ayons obscurs, ceux qui sont les moins réfrangibles, et . «Jsse passer les rayons lumineux . Un verre coloré retient ^rtains rayons lumineux, et sa couleur est déterminée par ceux qu'il transmet ; ainsi un verre bleu transmet surtout les rayons bleus, et un verre rouge transmet les rayons rouges.

Superposez deux plaques de la même substance : la chaleur qui rencontre la seconde, au sortant de la première, Pî^ librement ; elle a été pour ainsi dire tamisée^ suivant 1 expression originale de M. Tyndall. En effet, superposez deux tamis semblables, et jetez sur le premier des grains de ^te grosseur ; ceux qui auront traversé le tamis ne seront p8s retenus par le second. C'est ainsi que si les rayons solaires rencontrent une lame de verre, la cbalcur lumineuse ^t seule transm ise ; tombant ensuite sur une seconde lame ^e Terre, elle nest plus arrêtée. Il semble que le second ^erre soit plus transparent que le premier ; mais la différence fe effets est due à la différence des rayons et non à celle des serres.

Si les deux verres étaient différents, on aurait un tout autre effet. Superposez un verre bien et un verre rouge; les rayons solaires sont tamisés par le premier, cpii ne laisse passer que les rayons bleus. Ces rayons sont ensuite absorbés par le verre rouge, de sorte que l'ensemble des deux verres transparents constitue un écran opaque.

lOtt U CIlALEUn.

Après rexpériciice du spectre solaire, (piand ou ; prisme séparer les rayons simples qui composent les solaires, on doit se demander pourquoi nos vitres n'i pas cette séparation ; pourquoi la lumière blanche à I est encore blanclie h la sortie.

Pour répondre S cette question, il faut remarquer faces d'entrée et de sortie sont des plans parallèles, qu'elles forment dans le prisme un cert;iin angle. Ces que vient la différence dans les deux modes de transm

Fig.:,j.-Pi

Réunissons en efTet deux prismes de verre égaux (fig ce qui constitue une plaque à faces parallèles, i i-ajons solaires la traverseront sans être décomposés ; que les rayons, après leur séparation dans le premier pi sont déviés en sens contraire par le second ; ils se ra blent de nouveau et reforment à la sortie des rajoiis se Lies et parallèles à ceux qui arnvalent du soleil.

Quoique la séparation n'ait pas lieu, l'absorptioii i même qu'avec le prisme, avec cette différence que les r ahsorbabl es peuvent être complètement arrêtés par une p .'i fDCcs jiarallèles assez èpais^, Un^U i^w dans un p

Tabsorption n*est jamais complète près dusommot de l'angle, à cause de sa faible épaisseur. Aussi les expériences relatives . à la transmission et à l'absorption se font-elles toujours avec des plaques.

Pour résumer ce que nous venons d'apprendre sur le rayonnement de la cboleur, nous dirons :

Les rayons solaires sont composés d'une infinité de rayons simples, qui se distinguent les uns des autres par leur réfrangibilité, si Ton veut exprimer simplement les faits, ou par leur longueur d'onde, si Ton veut employer le langage liypothétique de la tbéorie dynamique. Quand ils arrivent sur un corps, une partie est réfléchie, une partie pont cire transniise; Iç reste est absorbe et sert à échauflcr le corps.

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