‹ La chaleurChapitre 3 sur 63 · LES ACTIONS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

LES ACTIONS CHIMIQUES

Nous sommes en plein hiver; la neige couvre la ten*e, les rivières sont gelées ; nous avons dans notre chambre un bon l'eu qui brille ; voilà d'excellentes conditions pour commencer notre première exploration.

Qu'est-ce que le feu? que se passe-t-il dans notre foyer? Nous allons être obligés de recourir un peu à une science qu'on appelle la chimie ; mais ce sera pour y puiser quelques notions très-simples, et sans grand eifbrt.

Le combustible brûle dans un courant d'air qui entre dans la chambre par les interstices des portes et des fenêtres, et s'élève dans la cheminée en passant sur les charbons. Cet air est modifié pendant qu'il active la combustion. L'air est formé de deux parties, l'une appelée azote, l'autre oxygène. ' C'est cette dernière qui donne lieu à la combustion en s'unissant au charbon, et de cette union résulte le gaz acide carbonique, qui s'échappe avec l'azote par la cheminée : on dit qu'il y a combinaison chimique entre le gaz oxygène et le charbon. Nous admettrons ici ce résultat de la chimie pour ne pas faire de digression et concentrer toute notre attention sur la chaleur.

On se rend compte de l'action qui s opère dans cette combinaison chimique en imaginant Toxygène et le charbon formés de particules appelées atomes, qui se précipitent les les unes sur les autres et restent unies, lorsqu'elles se sont assez rapprochées. C'est ce choc de particules qui cause la combustion. Elle produit à la fois la chaleur et la lumière; car la flamme que nous voyons est encore un phénomène qui se passe sur les charbons, et que nous jugeons d'après l'impression qu'en reçoivent nos yeux.

Est-ce à dire qu'il ne puisse y avoir dans une combinaisou chimique un dégagement de chaleur seule sans lumière? Voici un exemple pris entre mille : on mêle du soufre en poudre et de la limaille de fer, cl on remplit de ce mélange un trou creusé dans le sol ; puis on le recojavrc de terre et on arrose. Au bout de quelques temps, la masse s'échauffe d'elle-même, se gonfle, soulève la terre, dégage des vapeurs; Nicolas Lémery, chimiste du dix-septième siècle, qui, élevé dans une modeste pharmacie de Rouen, sa patrie, sut acquérir dans la science une immense célébrité, avait imaginé cette expérience pour expliquer les volcans ; aussi porte-t-elk le nom de Volcan de Lémery. Aujourd'hui son explication n'est pas admise, mais rexpérience reste comme un curieux exemple de combinaison chimique. Le fer et le soufre, sous l'influence de l'eau, s'unissent pour constituer un corps solide, brun, qu'on appelle le sulfure de fer, et au moment de cette union il y a un dégagement de chaleur sans lumière. La chaleur naît donc du mouvement des atomes de la matière. Si nous passons en revue ses elfels, nous y découvrirons toujours le mouvement corrélatif de la chaleur.

Et d'abord examinons le transport de la chaleur du foyer aux corps voisins.

ilÉKOHÈNES GË>'£RADX DE LA CHALEUR. 5

Ce feu qui nous réchauffe, qui nous atteint à distance, à travers l'air interposé entre notre corps et les charbons incandescents, nous pouvons l'intercepter à Taide d'un écran de bois. La matière qui compose le bois arrête la chaleur, comme un corps opaque arrête la lumière. Mais si nous remplaçons cet écran par une lame de verre, nous sentirons immédiatement le foyer en même temps que nous verrons les charbons l»iller à travers la lame. Ce n'est pas parce que la lame s'échauffe et agit ensuite sur nous ; car l'eflet est immédiat, et il faut un temps assez long pour que le verre soit chaud. La propagation de la chaleur à distance est donc analogue à celle de la lumière. Lorsque le soleil envoie ses rayons sur nos fenêtres, la lumière et la chaleur traversent instantanément les vitres ; mais elles sont complètement arrêtées par les murailles. Or le soleil est un immense foyer situé à 38 millions de lieues de notre globe, si loin, qu'il faudrait plus de quatre mille ans pour y arriver avec une vitesse d'une lieue par heure ; et pourtant ses rayons ne mettent que huit minutes pour nous atteindre. On se figure cette propagation en imaginant un mouvement né sur le soleil, qui se transmet de proche en en proche à travers l'espace céleste, de même que l'onde circulaire déterminée par la chute d'une pierre à la surface d'une eau tranquille s'éloigne graduellement de son centre, et vient frapper la rive, où elle s'éteint. Nous pouvons suivre de l'œil l'onde hquide, parce que sa vitesse n'est pas trop grande. Eh bien, imaginons une vitesse deux ou trois millions de fois plus grande, et nous aurons l'idée de la propagation des rayons solaires. Nos lo^eis ^%\?>?>^wV. ^^X^xsfexssfc

Page 1