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CHAPITRE PREMIER

I. DISTINCTION DU PHéNOMÈNE PHYSIOLOGIQUE ET DES PHÉNOMÈNES EXTÉRIEURS QUI CONSTITUENT LA CHALEUR.

Lorsque nous touchons les corps qui nous environnent, nous reconnaissons bien souvent une différence dans leur manière d'être ; les uns produisent en nous une impression de chaleur, les autres une impression de froid. Cette différence est relative à nous ; elle tient à ce que l'organe du toucher subit une modification particuhère, qui détermine en nous une sensation, puis un jugement : Dieu nous a donné cette sensibilité spéciale, pour que nous puissions veiller sans cesse à notre conservation. Mais ce n'est pas ce genre d'action qui doit nous occuper dans ce livre. Nous voulons observer la chaleur et le froid hors de nous, dans les corps bruts ; nous voulons voir quels phénomènes s'y passent, lorsqu'ils agissent les uns sur les autres, qweWe^ xsvoKsSv^i^xQvv^Ssî&e^

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ils subissent en devenant chauds ou froids ; et comme ces modifications peuvent impressionner tous nos sens, nous les ferons tous concourir aux jugements que nous aurons à porter. Le plus souvent nos yeux nous révéleront ce qui se passe; nous verrons les effets de la chaleur ; mais il peut arriver que notre oreille, notre odorat soient aussi appelés à nous aider dans nos observations. C'est ainsi ({ue notre esprit rassemble les données de nos diverses sensations, et les coordonne pour arriver à la connaissance de hi nature.

Un exemple frappant nous apprendra h nous mettre en garde contre la sensation du toucher, quand il s agit de la chaleur. Tenons notre main droite plongée dans un vase d'eau tiède, notre main gauche dans un second vase d'eau glacée, et portons-les ensuite dans de Teau ordinaire. Elle nous paraît froide, si nous écoutons notre main droite, chaude au contraire, si nous jugeons d'après notre main gauche ; et pourtant c'est dans les deux cas la même eau, ayant le même état. Mais la préparation que nous avons fait subir à chacune de nos mains, avant de la plonger dans l'eau ordinaire, n'était pas la môme. Voilà pourquoi nous avons en deux sensations différentes.

La môme chose a lieu, lorsque sortant d'une salle de bain bien chaude nous passons au grand air; il nous paraît froid. Sortons-nous au contraire d'une cave fraîche, le môme air nous semble chaud.

Ainsi il n'y a pas de différence essentielle entre le chaud et le froide quand nous faisons abstraction de notre sensation et que nous considérons le corps qui nous impressionne, en dehors de nous, en lui-même : l'action échauft'ante est simplement inverse de l'action refroidissante, et le mot cAaleur désigne la cause de ce genre d'action.

Essayons maintenant de préparer notre étude en dëmê- )anl, an milieu des mille phénomènes que nous çfésente la

nature, ceux qui appartiennent à la chaleur. Il est certain que notre premier a[)erçu sera très-incomplet ; mais à mesure que nous avancerons, nous deviendrons de meilleurs observateurs, et à chaque pas une nouvelle découverte nous récompensera de nos fatigues, et nous engagera à poursuivre. Nous ne réussirons pas à tout voir, à tout comprendre ; nous ne voulons que tirer parti de nos moyens et de notre intelligence.

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