‹ La chaleurChapitre 35 sur 63 · I. VAPORISATION SUPERFICIELLE DES SOLIDES ET DES LIQUIDES · texte numérisé non relu

I. VAPORISATION SUPERFICIELLE DES SOLIDES ET DES LIQUIDES

Pendant longtemps on a admis que la glace était plastique <^me l'argile détrempée par Teau, pour expliquer com- DiQit le glacier descend peu à peu en se moulant en quelque **te dans la vallée qu'il comble. Mais les expériences dont '^ venons de parler donnent la véritable explication : la Shce se brise en fragments, qui se soudent ensuite aux l^nts où ils se touchent.

Certaines substances solides ou liquides sont volatiles : ^ surface produit des vapeurs qui se répandent dans Tes- P*ce environnant, et dont les propriétés générales sont celles ^^gaz, à savoir Texpansibili té et la compressibilité. En vertu ^ la première, leurs particules tendent toujours à s'écarter *^ unes des autres; en vertu de la seconde, elles se rapprochent très-facilement quand on les comprime, et occupent **ors nn moÎDdre volume. Il faut quc\(\\\ete\?> ^nwc \^^wiX'es

à des expériences pour reconnaître le phénomène qui cou stitue révaporation. Nous ne pouvons l'observer dans U circonstances ordinaires que si la vapeur a quelque actio caractéristique sur nos sens. Reprenons un exemple déj indiqué dans le chapitre i^^ : Vous tenez un morceau de cao phre enfermé dans un flacon bien bouché ; il vous est difl cile de constater au premier coup d œil sa volatilité. Mais d< bouchez le flacon ; Vodeur spéciale de cette substance va i manifester, et vous en conclurez qu'il s'en est détaché d parcelles qui sont venues rencontrer l'organe de l'odorat, y ont produit la sensation de Todeur. Regardez le flad plus attentivement, s'il est un peu grand, et si le morce: de camphre y est depuis longtemps, vous pourrez rems quer un léger dépôt de parcelles brillantes sur quelques pî ties de la paroi. Placez devant le feu le côté du flacon où montre le dépôt ; vous verrez bientôt ce dépôt disparaître se reformer sur la paroi opposée qui est restée froide. Si chaleur continue à agir, et atteint le morceau de camph situé au fond du flacon, le dépôt augmentera sur la par froide; les parcelles brillantes deviendront de petits cristal aux formes géométriques, et en même temps le morceau aui diminué de volume. Vous pourriez avec une balance voi assurer que ce morceau a perdu de son poids, et quef perle est égale au poids des cristaux déposés sur la paro Vous auriez fait ainsi une véritable expérience de physique Averti de l'existence d'une propriété du camphre parur simple observation, vous avez étudié cette propriété enin< difiant les circonstances dans lesquelles se passe le piién< mène, et vous avez ainsi découvert une de ses lois. Il voi reste à compléter votre étude par un raisonnement qui ei chaîne les faits.

On peut dire que les particules du camphre ont été tran portées sous l'influence de \a chîAewv , ^^ \^ ^wvCace du moi

ceau solide k la paroi du flacon. Elles ont commencé par être détachées de cette surface, séparées les .unes des autres, lancées en quelque sorte dans toutes directions ; puis elles K sont rassemblées de nouveau en un point où la chaleur ne pouvait s'opposer à leur réunion, et elles ont reconstitué k camphre solide. Nous ne pouvons voir le transport des purticules, à cause de leur excessive ténuité; mais nous avons constaté le résultat final de ce transport, et nous concluons : La chaleur volatilise le camphre, Tamène à Tétat de vapenrou de gaz, invisible comme Tair; le refroidissement nmène la vapeur de camphre à Télat solide. Nous retrouvons ^ transformations inverses, analogues à la fusion et à la scGdification des liquides.

En répétant le môme genre d'expériences sur un grand nombre de solides, on arriverait à la môme conclusion. Avec fiode, substance brune d'une odeur particulière, on aurait nnc preuve de l'entière exactitude du raisonnement précéfait, parce que la vapeur de cette substance est d'un magnifique violet. Si donc vous placez au fond du flacon un mor- ^u d'iode et si vous rapprochez du feu, vous verrez les 'apeurs violettes s'élever peu à peu dans tous les sens, remplir le flacon, et de petits cristaux bruns se former ensuite ^rles parties froides de la paroi. Cessez de chauffer, la va- Pcor disparaîtra avec le temps, et vous n'aurez plus qu'une Partie de l'iode restée au fond, et un dépôt cristallin recou-

^^t la paroi.

Ce sont surtout les liquides qui présentent les exemples ksplos nombreux de vaporisation. Nous en avons cité déjà <inelques-uns dans le chapitre premier, et nous nous propolOQs de faire dans celui-ci l'étude attentive de ce phénoniène.

Mettons sur le feu une marmite pleine d'eau ; bientôt nous ^f^otarquam un petit nuage de vapeur aw-Aes^vvS) ^"fe\^ ^\>x-

face. Le nuage n'est pas réellement de la vapeur : il est constitué par un grand nombre de petites gouttes d*eau que Ton peut rassembler en lés recevant sur une lame de verre par exemple; elles forment alors sur cette lam 3 une couche liquide. Le phénomène est analogue à celui que nous observions dans le llacon de camphre ou d* iode. Sous rinfluencede la chaleur, les particules liquides situées à la surface defeau sont séparées les unes des autres ; elles s*élèvent dans toutes les directions à l'état de gaz invisible, et se disséminent dans l'air. Mais en rencontrant les couches d'air qui sont froides à une certaine hauteur, elles se rassemblent de nouveau, parce que la chaleur ne s'oppose plus à leur union, et elles forment les petites gouttes que nous voyons avec l'apparence d'un léger nuage. Nous pouvons conclure de cette observation que la chaleur fait évaporer Teau, et que, inversement, le froid fait condenser la vapeur.

Est-il nécessaire qu'un foyer de chaleur agisse sur mi corps pour qu'il s'évapore, pour qu'il y ait séparation des molécules surperficielles? Les molécules ne font-elles cpie céder à la chaleur, à l'ennemie naturelle de la force qui les unit?

En poursuivant l'étude du phénomène précédent, nous trouverons la réponse à cette question.

Le petit nuage parait persister au-dessus de notre eau chaude. Si l'atmosphère est tranquille, s'il n'y a pas de courants d'air dans la chambre, il s'agite faiblement, se délorme, disparaît en un point, reparaît en un autre ; il ressemble à un corps léger et mobile, qui flotte dans l'air. Regardons-le avec un peu plus d'attention. En réalité, le nuage monte et disparaît et un nouveau nuage d'une fornae diflérente apparaît à la place du premier. C'est un renouvellement continuel de gouttes d'eau à peu près à la même place, qui produit l'apparence 4'\vw ww-sv^^ ^v^vs^Uiat ; en le

ÉVÀPOnATION ET ÉBULLITION. 215

ontemplant de loin, nous étions le jouet d'une illusion optique, et nous voyons maintenant comment les choses ' passent. En voici Texplication.

Lors(ju*une gouttelette d'eau a été formée par le refroidisînaentde la vapeur, elle monte un peu plus haut, entraînée ur le courant d'air ascendant qui règne au-dessus de la armite. Ce courant est dû à réchauffement des couches air voisines de la surface de l'eau chaude, et au mélange

la vapeur avec ses couches, deux circonstances qui dimilent leur densité. Arrivée dans de nouvelles couches d'air lis sec, la gouttelette s'évapore, et se résout en gaz invi- )le qui se mêle de nouveau avec l'air ; elle semble donc ^paraître. Moins l'air de la chambre est sec, plus la goutte îlève avant de s'évaporer, et plus le petit nuage paraît ais. Si Pair était excessivement humide et très-calme, le âge pourrait Ibrmer une colonne de gouttelettes d'eau issant sans cesse à la base, et montant lentement jusqu'au fond de la chambre pour s'y condenser.

Vous devons donc penser que l'eau s'évapore d'elle-même is l'air sec, saas qu'il y ait besoin de l'excitation de la ileur, et nous sommes amenés à tenter quelques ex,péices qui confirment notre raisonnement. Ces expériences l d'ailleurs indispensables peur que nous puissions généiser notre conclusion en les étendant à tous les liquides atils. L'observation que nous venons de faire sur Teau ne ait pas possible sur tous les autres liquides : car les gout- 3ttes qui résultent de la liquéfaction d'une vapeur ne sont î toujours visibles : pour (ju'elles le soient, il faut le conirs de circonstances complexes, et même la vapeur d'eau

se précipite pas toujours en brouillard comme on J'a vu ns le chapitre iv à propos du serein.

U CllALEL'R.

a. rOfICC ÉLASTIQUE DES VAPEURS. -— HAflMITC OC PAPIN.

Les caractères essentiek d*uii gaz ou d*une vapeur sont Texpansibilité et la compressibilité. Nous devons donc penser qu*uae substance volatile, introduite dans un réservoir vide d*air et de toute espèce de matière, remplira immédiatement ce réservoir ; c'est-à-dire que les molécules superficielles se sépareront sans obstacle, en vertu de leur force

expausive naturelle, et iront choquer les parois : elles seront alors retenues et, ne pouvant s*ècarter davantage les unes des autres, elles presseront ces parois. CVst ce mode d'évaporation qui est le plus simple, et il s*agit de le réaliser.

Nous pouvons nous senir d'un instrument représenté sur la fig. 69. C'est un résenoir de verre muni d'un robinet et d'un tube de verre recourbé à deux branches verticales. Ou met du mercure dans ce tube, et après avoir établi un tuyau Fig. 6:). -Appareil pour lévaporation Je communication entre lero-

"^"* ^* binet et la machine pneu-

matique, on enlève Tair naturellement contenu dans le réservoir. Le niveau du mercure dans la branche ouverte du tube se trouve alors à 76 centimètres environ au-dessus de l'autre niveau. C'est cette colonne de mercure qui fait équilihiv i) Ja pression almos\A\ét\(Yaê , cqwhv^ d-aws le baromètre.

on ajuste sur le robinet un entonnoir, que l'on t un liquide, d'éther par exemple. En ouvrant avec n le robinet, on fait entrer une certaine quantité le, puis on le referme immédiatement. Supposons uantité d'éther introduite soit très-petite : aucune liquide n'apparaîtra dans le réservoir ; tout se révapeur instantanément, et le sommet de la colonne ire s établira, par exemple, à 60 centimètres au- I niveau inférieur.

mient le mercure a été refoulé par la vapeur d'éi force élastique de cette vapeur est ainsi manifestée le ses effets. De plus, la mesure de cette force élasla diftiinution qu'a subie la colonne de mercure, 16 centimètres.

ntroduit encore une petite quantité d*éther dans le , la température étant de 15 degrés, on verra la le la colonne de mercure diminuer, et on conclura rce élastique de la vapeur a augmenté. Il n'y aura race de liquide, tant que la colonne de mercure sera re à 4?1 centimètres. Mais dès qu'elle aura cette hau- ; le liquide qu'on introduira par le robinet comme iment, tombera dans le réservoir sans se vaporiser, ne une certaine quantité d'étber qui est capable de le réservoir en s'y vaporisant complètement, et la [Stique de la vapeur est la plus grande possible, Ile est en présence d'un excès de son liquide. Dans B que nous avons pris, cette force élastique équipression d'une colonne de mercure ayant 35 cende hauteur, puisque dans le tube recourbé, la du mercure est descendue de 76 centimètres à 41. ixplique aisément comment le réservoir est saturé par alité limitée de vapeur, en considérant que les mouperfwieUes d'un liquide volatil lewAexvV. V ?>^ ^j^^'SKt'et

les unes des antres avec une certaine force qui est ellcmèinc limitée. Ijorsquc la vapeur formée possède une force élastique assez grande, elle fait équilibre à la force de séparation des molécules situées à la surface de Texcès liquide; dès lors celles-ci restent à Tétat liquide, et Tévaporation cesse.

LVxpérieiice précédente peut être faite avec tous les li' quides volatils, et les résultats ne diffèrent que par les hauteurs de mercure qui mesurent la force élastique de leurs vajXîurs.

La quantité de vapeur que peut contenir un réservoir donné est évidemment proportionnelle à la capacité de ce réservoir ; un réservoir de deux litres peut contenir deux fois plus de vapeur (ju*un autre réservoir d*un lifre. Lorsqu'on introduit le liquide au hasard dans un réservoir vide, il peut arriver trois cas : ou bien la quantité introduite sera exactement égale à celle qui doit saturer le réservoir, et alors tout le liquide se réduira en vapeur; ou bien elle sera plus petite, et alors Fespace ne sera pas saturé; ou enfin elle seraplas grande, et un excès de liquide non vaporisé restera dans le réservoir, qui d'ailleurs ne contiendra pas plus de vapeur (juc dans le premier cas. La force élastique de la vapeur est la même dans le premier et le troisième cas ; elle est moindre dans le second. Aussi dit-on que la force élastique d'une vapeur a atteint son maximum, lorsque l'espace qui la contient est saturé, et on est certain (pie la saturation a lieu, quand on voit la va[)eur en contact avec un excès de son liquide.

Pour un monie liquide la force élastique maxima de la vapeur est d'autant plus grande que la température est plus haute. La quantité de vapeur qui peut saturer un espace donné suit la même loi. Nous avons supposé précédemment Téther à 15 degrés; à 20 degrés, la différence des niveaux du mercure dans notre appareil eut été de 55 centimètres; ') 40 degrés, le niveau du metcace ^^\. t^ ^\>s» 4levé dans

ÉVAPORATION ET ÉBULUTION.

anche ouverte du tube que dans l'autre, de 15 centies; la pression de la vapeur est alors supérieure à celle atmosphère. A 60 degrés, nous aurions eu 97 cenlies au lieu de 15, et ainsi de suite.

land les forces élastiques sont très-grandes, on compte »ien de fois elles valent la pression d*une atmosphère, îUe est capable de soutenir une colonne de mercure de intimètres. Voici les forces élastiques de la vapeur d'eau rées par M. Regnault, dans de magnifiques expériences nous ne pouvons parler ici.

àBLE DES FORCES ÉLASnQUES DE LÀ VAPEUR d'ëAU SATUREE

rOMBRES

NOMUnES

TEMPÉRATUnES.

TEMPÉnATUHES.

MOSPHÈRES.

n'ATMOSPIIÈnES.

lOO»

>us trouvons une démonstration très-simple de cette riété des vapeiu's dans la marmite de Papin, imaginée 'immortel inventeur de la machine à vapeur.

le se compose (fig. 70) d'un vase de bronze à parois épaisses, que l'on peut fermer hermétiquement à Taide convercle de même métal, en faisant usage d'une vis ressiou. Ce couvercle est percé d'un trou, sur lequel on ie pour le fermer un levier chargé par utv ço\à?.\ q^\ \xv^\.

SIS Lk CUALEGR.

âe l'eau dans ce rase, et on le cbaufTe. La vapeur se fme â la surface de l'eau, et se mêle à l'air renfermé dans l'» lérieur ; en dtant pendant quelques instants le levier, on M sortir le mélange d'air et de Tapeur, el l»eDtiH il ne ml'

da P>(rin.

plus dans la marmite qu'un mélange de vapeur etde lu^mlK- On remet le levier en plaœ, et l'on est dans le cas d'un esj>ace vide d'air, qui contient de la vapeur d'eau aiec ua eicès liquide. La vapeur formée presse de toutes parts sw enveloppe; sa force élastique croit rapidement avec la (enpérature comme l'indique le tableau précédent; elle csl bientôt assez grande pour soidever le levier, et pour Uncn au dehors un jet hniijanl (\m ^«imK \.'& w'ob:^. Cu aioute nu

'ds au bout du levier pour refermer la marmite et le jet '^l la température s'élevant toujours, la force élastique *l encore, et il faut charger de nouveau le levier, si Ton •t empêcher la sortie de la vapeur. Lorsqu'on atteint la ^pérature de 213 degrés, et qu'il reste encore dans la t^mite une partie de Feau à Tétat liquide, la vapeur a une ^ élastique de 20 atmosphères; alors si la surface du vercle est d'un décimètre» carré, il reçoit une pression érieure à ^000 kilogrammes. On conçoit qu'une telle exience n'est pas sans danger, la marmite devant nécesement éclater si elle n'était pas suffisamment résistante, te remarque fait concevoir les immenses difficultés qu'ont présenter les recherches de M. Regnault.

A marmite de Papin a reçu une importante application, nme elle permet d'avoir de l'eau liquide bien au-dessus 100 degrés, et que certaines substances, telles que la géla- ! des os, sont dissoutes d'autant plus facilement par Teau sa température est plus élevée, on peut se servir de cette mite pour obtenir les solutions de ces substances, faisant digérer des os frais dans cet appareil, on en extrait élatine. De là le nom de digesteur qui lui est quelquefois né.

)n raconte qu'on a servi sur la table du préfet du Nord, a une quarantaine d'années, de la gélatine extraite ainsi i fossiles qui avaient été trouvés enfouis dans le sol, et

provenaient de grands animaux morts depuis plus de 00 ans.

lous venons d'étudier l'influence d'une élévation de teniature sur Tévaporation dans le vide ; il est bien évident im abaissement agit en sens inverse, de telle sorte que la e élastique maxima d'une vapeur a toujours la même var, lorsque la vapeur passe par une température donnée,

en s'échauffant, soit en refroidissaiwl. Ç»c %^«s\\\^^ V

120** la force élastique de la vapeur d'eau, quand elle es contact avec son liquide, est toujours de deux atmospbèi c'est un état de saturation déterminé ; il est donc absolun impossible d'avoir de la vapeur d'eau qui ait à la fois température inférieure à 120 degrés, et une force élasli supérieure à deux atmosphères. Une remarque anale peut être faite pour chaque état de saturation.

En résumé, beaucoup de liquides et certains solide! peuvent avoir une surface libre dans le vide, sans qui molécules de cette surface s'en séparent d'elles-mêmes, ] passer à l'état de gaz. La couche de molécules qui subit ( transformation dépend de la nature de la substance et ( température ; elle est d'autant plus épaisse que la tem] ture est plus élevée. Lorsque la partie gazeuse se trou^ quantité suffisante, elle exerce sur la surface une cer pression, et l'évaporation s'arrête. Cette propriété tie l'état des molécules et à leurs actions mutuelles; à 1' rieur d'un corps, une molécule est soumise dans tou sens à l'action d'autres molécules semblables ; elle est moins libre qu'5 la surface de céder à des forces contr à cette action, et il n'est pas étonnant qu'elle se coroj autrement sous l'influence de la chaleur. C'est la chî qui règle l'état de chaque molécule, et par suite la tem] ture du corps ; elle joue le rôle d'une force expansive, posée aux attractions moléculaires, et on conçoit qu'elle équilibrée dans l'intérieur tandis qu'elle prédomine à la face. Là où clic prédomine, son clïct est de détruire ent ment la cohésion, et de produire ce que nous avons souvent appelé un travail intérieur. Dans le chapitre pi dent, une différence analogue a été constatée entre l'inté et la surface d'un corps solide, relativement à la fusion. Q à la cessation de l'évaporation, elle s'exphque parla sion qu'exerce la vapeur \oTïïvé^\ ç!^%\.\w\^ force contra

i force expansive de la chaleur, et qui empêche celle-ci de uncre la force de cohésion.

Pour confirmer notre raisonnement, nous n'aurons qu'à "Wiver que Tévaporation est accompagnée d'une disparition î chaleur sensible, et nous en trouverons en effet de nomeux exemples dans le chapitre suivant. Mais nous devons paravant poursuivre l'étude des circonstances où l'évapotion a Ueu.

Reprenons l'appareil qui nous a servi pour étudier l'évaration dans le vide et supposons qu'on introduise un excès ither dans le réservoir, en y laissant de l'air (fig. 69). On Tait la colonne de mercure se déplacer peu à peu dans le )e. La vapeur se forme donc lentement, et se mêle avec r. Au bout de quelque temps, les niveaux du mercure neurent stationnaires, ce qui prouve que Tair est alors uré de vapeur. D'après la position de ces niveaux on cont que la quantité de vapeur protluite est la même que si liquide eût été introduit dans le vide.

Concluons de cette expérience qu'un liquide s'évapore dans espace contenant de l'air ou plus généralement un gaz n'agit pas sur lui chimiquement, comme si cet espace it vide; la seule différence est dans la rapidité : la proïtion de vapeur est instantanée dans le vide, et très-lente 18 un gaz.

îette lenteur s'explique naturellement par l'obstacle méique que le gaz oppose à l'écartement de molécules de eur ; elles restent accumulées d'abord à la surface du life, s'en éloignent peu à peu, à mesure que leur force itique surmonte la résistance du gaz, et retiennent les lécules superficielles que la chaleur tend à séparer. Dans € évaporation, il y a donc à considérer un travail mécaoe extérieur, celui qui opère le déplacement du gaz, et ravail intérieur qui opère la séparaliotv fes TsvA^ç>a\ft?s»\

222 LA CUALBUR

la surface du liquide. Mais Tair ou le gaz n*agit quef rinertie de sa masse, et c'est seulement la Tapeur qui am révaporation.

Nous arrivons maintenant au cas de Tévaporation d

l'atmosphère; c'est celui qui se rencontre le plus firéqui

ment. La saturation de . l'atmosphère ne peut avoit lieu

dans le couches voisines du corps volatil, à cause de 1

mcnse étendue de l'enveloppe gazeuse de la terre. Cor

ces couches ne restent pas au contact du corps, cel

cède sans cesse de nouvelles vapeurs aux couches qi

succèdent, et il fuiit bientôt par être entièrement éva(

Ses molécules restent à l'état de gaz, mêlées à l'atmospl

jusqu'à ce que certaines circonstances leur permettent <

condenser. Par exemple, en hiver un vent sec fait dispai

la neige, la glace, sans qu'il y ait fusion, parce qu'il ent

sans cesse la vapeur d'eau qui est produite par l'évapora

oX que cette évaporation est rendue par là très-active.

|)0ur la même cause que le linge mouillé peut séchei

un froid très-vif, lors même que l'eau qui Timprègi

gelée. Semblablement, en été, un vent qui survient

dant la nuit fait disparaître la rosée déjà déposée. A cl

instant nous voyons les effets de Févaporation de l'eau <

autres corps volatils. Plus la température est élevée,

CCS effets sont intenses. Dans les régions équatorialc

vapeur d'eau s'élève au-dessus des mers qu'échaufifei

l'ayons d'un soleil ardent; rencontrant des couches

froides, elle se condense en gouttes légères qui forme

nuages ; ces gouttes, en montant plus haut, portées

courant d'air ascendant, disparaissent dans les couchc!

sec ; et le phénomène que nous avons étudié au comn

ment de ce chapitre se passe ici sur une immense ét(

Souvent, en observant le ciel, nous assistons à la disp lente d'un nuage au-dessus Ao. w^i^ Ul.e%\ le brouillî

ÉVAPOKATION ET ÉBULLITION. 223

Wiatin est dissipé dans le milieu du jour, soit parce qu'il s'est élevé et a forme des nuages, soit parce que les rayons solaires Font évaporé, et dans ce cas le ciel peut rester pur. A côté de ce triomphe de la clialeur, nous trouvons le triomphe des forces moléculaires : le retour des nuages, leur transformation en pluie, en neige, en grêle, nous montrent laréiinion nouvelle des molécules d'eau. Parties de la terre, elles ont accompli un grand voyage aérien, et reviennent à la terre pour y éprouver des migrations encore plus merveilleuses comme nous le verrons bientôt. Mais poursuivons notre étude et occupons-nous des moyens de prouver que la vaporisation consomme de la chaleur.

3. L'ÈVAPORATION EST ACCOMPAGNÉE D'UNE DISPARITION DE CHALEUR SENSIBLE.

Lorsqu'un liquide s'évapore près d'un foyer, on n*a aucune peine h concevoir que la chaleur transmise à sa surface J Opère le travail nécessaire pour le changement d'état, et nous ne chercherons pas à faire une expérience concluante à œ sujet. Nous porterons surtout notre attention sur Tévapofalion sans source apparente de chaleur.

Vous versez de l'éther sur votre main; il s'évapore, et vous sentez un froid très-vif: avec certains liquides, tels que Taloool qui est moins volatil que l'éther, le froid serait moins grand; il serait encore moindre avec l'eau qui est moins volatile. Il y a donc une relation entre la quantité de vapeur 'ormée et la disparition de la chaleur sensible. Cette remarpie doit vous disposer à penser (juc le travail intérieur de aporisation consomme une quantité de chaleur sensible, rise au liquide non vaporisé et aux corçs no\svw^, ^X q^^

cette chaleur est proportionnelle au travail. Vous pouve apprécier la grandeur des efTets, en enveloppant d*un ling* la boule d*un Ihermomètre, en versant sur ce linge lesli quides précédents, En agitant le thermomètre, pour renou vêler les couches d'air non saturé qui le touchent, vous aure: une évaporation active, et vous pourrez mesurer les abaisse ments de température. Le résultat sera exactement celui qu< vous avez déduit de vos sensations dans la première expé rience. Avec Téther, vous obtiendrez un froid de plusicur degrés au-dessous de zéro; avec Teau, la température a s'abaissera que de quelques degrés au-dessous de la tempe rature ordinaire. 11 est aisé de comprendre que Ton puiss mesurer la chaleur disparue et la quantité de vapeur produit dans de semblables expériences, et vérifier leur proportioi nalité.

Si r évaporation consomme de la chaleur, réciproquemei la condensation de la vapeur doit en créer. Car cette coudei sation représente une dépense de travail moléculaire, et noi savons qu'une telle opération est accompagnée habiluell ment d'une production de chaleur. Nous trouverons bient des preuves de cette assertion. N'eu avons-nous pas déjà ui dans quelques observations journahères qui n'ont échappé personne? La température de l'air, par exemple, est conî dérablement adoucie après la pluie pendant l'hiver : certain ment cette pluie produit de la chaleur, parce que la vapei d'eau atmosphérique s'est condensée en gouttes liquides.

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