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LES TROIS ÉTATS DE U IIATIÉRE

causé la mort d*un préparateur de Thilorier ; mais aigour- 'hui la construction de l'appareil a été si bien étudiée, qu'on eat s'en servir sans crainte. Chaque réservoir est formé de rois enveloppes métalliques superposées ; l'intérieur est en l(Mnb, la partie moyenne en cui-vre, et à l'extérieur sont es cercles en fer forgé. L'appareil résiste à une pression de 000 atmosphères.

La solidification des liquides s'opère toujours par le re- 'oidissement. Théoriquement les liquides qui se contractent a passant à Tétat solide pourraient bien être solidifiés par 3mpression ; mais il faudrait exercer une pression tellement rande que ce procédé est impraticable. La production artiiiielledu froid est au contraire très-facile, et nous allons passer n revue les méthodes usitées.

a. PRODUCTION ARTIFICICLLC DU fnOIO. — FABRICATION DE LA CLACE.

— L'AaOC CARBONIQUE SOLIDE.

Une première méthode consiste à utiliser le rayonnement MKitiinie, dont les effets ont été expliqués dans le chapitre iv. 'iotts tTons vu comment on fabriquait de la glace au Benlûb d'après cette méthode ; mais elle ne permet pas d'obtenir un froid très-intense, et nous ne la rappelons que parce qu'elle présente une certaine importance industrielle à cause k sa simplicité.

Une seconde méthode résulte des relations que nous avons établies entre la chaleur et le travail mécanique. Toutes les fois qu'un travail mécanique est produit, sans qu'il y ait un ^vail dépensé qui lui corresponde et qui provienne de l'ac- ^ d'une force motrice, nous observerons dans les corps ^ ce tniTaii est effectué un déficit de cWVeius ^tisW^\^«^N&

96! LA CIIXLEUB.

chaleur disprait sans qu'on la retrouve dans les corps raisins. H est naturel de penser qu'elle est convertie en trarail mécanique, vu qu'elle est proportionnelle au travail produit. Voici un exemple très-simple de cette méthode.

t)n réservoir de métal -(Bg. 84), fermé par un robinet, est i-empli d'air comprimé. Vous ouvrez le robinet en kt d'un thermomètre ; un jet s'élance en sifflant dans l'aliBOsphËre, rencontre le réservoir du thermomètre, etcelui^în-

- Froid produil pi

n jel d'air

dique un abaissement de température. Si le réservoir ét^ environné d'eau vous pourriez même observer un refroidisse ment de cette eau, ce (jui prouve qu'une partie de la clialeu^ sensible de l'air a disparu pendant l'écoulement. Cette perteété ensuite partiellement réparée par la fhaleur que les cw^ environnants ont foumic à l'air fi-oid resté dans le réservoii^ mais finalement il nianijue dans l'ensemble de ces corps et c3 l'air écoulé une certaine quantité de chaleur qu'on ne pe^ retrouver nulle part.

Analysons maintenant le phénomène de l'écoulement. ^^ moment où le robinet a été ouvert, la foi-ce élastique de l't» comprimé a chassé les cuu<;l\csa.\.(a>»>^\éti«^ue8 placées devs"

MOYENS DE PRODUIRE LE FROID AniIFIClELLEMENT. 205

orifice, et TcfTet produit est mécaniquement le même que si 3 robinet avait été surmonté d'un tuyau vertical contenant un iston de 1 décimètre carré de section, et d'un poids de 03 kilogrammes, puisque la charge d'un tel piston repréente la pression de l'atmosphère * Supposons que l'air comirimé élève ce piston de 4 mètres , et qu'alors sa force élasique soit suffisamment réduite pour qu'il y ait équilibre ; le ravail produit serait de 412 kilogrammètres , et une calorie nviron aurait disparu. Remarquons que le volume du gaz a lUgmenté de 40 litres pendant une telle détente. Toutes les ois qu'un gaz se détend dans l'atmosphère en sortant d'un réervoir où il est comprimé, à chaque augmentation de volume e 40 litres correspondent un travail produit et une quantité c chaleur disparue mesurés par les nombres précédents.

Le froid produit par la détente des gaz a été appliqué à la (Inication de la glace. Concevons une machine dans laquelle n piston mis en mouvement par un moteur aspire dans un ylindre de l'air atmosphérique , puis le comprime lentement ans un réservoir. Une certaine quantité de travail mécanique era dépensée dans cette opération, et la température du gaz omprimé ne s'élèvera pas si l'opération est assez lente pour ne la chaleur créée par cette dépense de travail passe dans ^ corps environnants. La chaleur ainsi disséminée dans ces mps n'est guère utilisable, et dans la pratique ses effets «avent être négligés. L'air comprimé se détend ensuite rapidement dans un cylindre entouré d'eau, et sa tem|)érature 'abaisse spontanément au-dessous de zéro. Alors il prend de a chaleur à l'eau ; celle-ci se refroidit, et finit par atteindre la •«mpérature de zéro ; à partir de ce moment elle ne peut évidemment plus céder sa chaleur au gaz qu'en se congelant. Le jeu de la machine rend ces opérations continues , et on peut W résumer comme il suit :

Première période. — L'air ord'maite es\. \ew\cçûfcvX ^\s\r

LA GUALEUR.

primé sans changer de température, ce qui entr pense de travail.

Deuxième période. — L'air comprimé se Aé

ment, et sa température s'abaisse au-dessous de s

Troisième période, — L'air froid et détendu ;

et à la pression c prenant de la chalei se congèle.

C'est sur ce pr a fondé récemment terre un procédé in fabriquer la glace ei machine à vapeur f ncr la pompe à aii l'inventeur, M. Ki produire une quant à peu près égale à c bon que l'on conson La détente de l'ai une cause de froid la condensation d d'eau qu'il contient congélation.

Il est très-facile expéi iniontalemcnt d'un brouillard par l'air humide. 11 sul en commiinicaiiou voirs de verre, dont l'air sature de vapc dont l'autre est vide (fig. 85). Quand on ouvre ou voit un petit nuage apparaître dans le prem en même temps qu'on eutcnd le sifflement de

Fig. 85. — Condensation de la vapeur d'eau par la délonlo.

)récipite dans le réservoir vide. Le brouillard devient trèsdsible, lorsqu'on regarde une flamme à travers la vapeur ; elle paraît trouble et souvent entourée d'une auréole irisée. Lorsque certaines circonstances locales déterminent en un point de Tatmospbère une dimiimtion de pression, les couches tfair environnantes viennent occuper Tespace raréfié, et Taugmentation de leur volume est une véritable détente. Voilà une cause de brouillard, de pluie et même de neige, que nous .devons ajouter à celles que nous avons rencontrées en étudiant le rayonnement et la convection de la chaleur. 11 est bien évident que les mouvements de Tatmosphère dus à cette cause produisent des vents locaux, et qu*ils jouent un rôle très-important dans les phénomènes météorologiques.

Nous trouvons dans Tévaporation des liquides une troisième méthode pour la production du froid, et elle est beaucoup plus facile à appliquer que les deux précédentes. Aussi a-t-elle été employée par les physiciens et les chimistes à la liquéfaction d*un gi^and nombre de gaz et à la solidification de leurs ficpûdes.

Les alcarazas sont des vases de terre poreuse, dans lesquels Teau se conserve fraîche. On les emploie depuis longtemps en Asie, et ils ont été importés par les Arabes en Espagne, d'où ils ont passé en France. L'eau contenue dans ces vases suinte â travers les pai'ois , et arrivée à la surface extérieure elle s'évapore, en consommant la chaleur sensible de l'eau restée Kquide. Celle-ci peut ainsi descendre à la température de iO degrés, lorsque la température extérieure est de 30 degrés. faut que l'alcarazas soit placé dans un léger courant d'air, pour que les couches saturées de vapeur au contact du vase soient sans cesse remplacées par d'autres couches moins humides.

Au Bengale on suspend aux fenêtres des feuillages mouil- ; l'air extérieur très-chaud et très-sec eulte dax\^\^Oçs»ssiû\^

See LA CIIALEUH.

en traversant ces feuillages, évapore l'eau rapidement, elK refroidit assez pour apporter la fraîcheur. On eiplîque de mâmc la fraîcheur des bois pendant l'été.

L'eau en s'évaporant peut atteindre la température de z^; et i pnrtir de ce moment, si l'évaporation continue, ilyi congélation. Alors la chaleur produite par la partie solidiûËe est consommée par la partie vaporisée. Chaque gramme Ae vapeur qui se forme détruit la chaleur que dégagent hnil

¥ig. 86. — CongùblioD de l'eau pi

grammes d'eau en se congelant. Mais pour produire la gis-cfi il faut forcer l'eau â donner seule de la chaleur en empêchant les corps voisins, qui sont à la température ordinaire, <!'"' donner une quantité notable. C'est ce que Leslie a réaW dans une expérience célÈbre.

Une capsule de cuivre mince, large et peu profonde, coii-

temtit une petite couche à" eau, es\. Mi\Afew,\fe ^c trois (ils ik

mêlai au-dessus d'un vase Temv\\ S aiâ4ftî.vM.>isvj4iR. wawis'

tré(Gg. 8Q). Cet apïrareU ftal^Viefe w)viî.\*â>.oâî« îw.\».«a

line pneumatique, de sorte qu'on peut enlever l'air. La rface de Teau s'évapore instantanément dans le vide ; mais îvaporation s'arrêterait, si la vapeur formée séjournait dans

cloche ; il faut empêcher la saturation de la cloche, et c'est cela que sert l'acide sulfurique. Il absorbe la vapeur à meire qu'elle se forme, et entretient le vide de cette manière, évaporationde Feau est rendue très-rapide par cet ingénieux iifice, et les corps environnants n'ont pas le temps de fourir la chaleur nécessaire ; aussi la congélation de l'eau restée ans la capsule ne tarde- t-elle pas à se faire.

On a appliqué cette méthode en Angleterre à la fabrication idustrielle de la glace. Seulement, au heu de faire le vide l'aide d'une pompe à air, 3IM. Taylor et Martineau rempHs- !nt d'une vapeur chaude un grand réservoir ; ils refroidisnt ensuite les parois, ce qui détermine la condensation de tte vapeur, et par suite un vide. Ils font enfin communiler ce réservoir avec le vase qui contient l'eau à congeler,

ils absorbent la vapeur d'eau avec l'acide sulfurique, nime dans l'expérience de Leslie. On a pu voir à l'Exposiion universelle de i 867 un appareil de M. Carré, pour faiquer la glace, qui n'est autre chose que l'expérience de slie disposée commodément.

L'évaporation d'un hquide plus volatil que l'eau peut propre un froid beaucoup plus intense. Il est, par exemple, b-facile de congeler l'eau par l'évaporation de l'éther. On et Teau dans un tube de verre ; et, après Favoir entouré

coton imbibé d'éther, on le place dans un vase, puis on troduit au fond du vase la buse d'un soufflet, et on souflle tivement (fig. 87). L'air sans cesse amené au milieu du ton rencontre l'éther sur une infinité de petites surfaces,

le vaporise assez vite pour que Feau du t.\ibç.ç»^ dvwv^ ^^ \ce.

i/i remplaçant l'eau par du mercvxte, ^V. \^NXv^^ ^"«jl^^

^IG8 LA CUALliUR.

l'acide sulfureux liquide, on pourrait congeler le laerzan, et par conséquent abaisser la température à 40 degrés ludessous de zéro. Mais cette disposition est trës-incominodeii cause de l'odeur insupportable de l'acide sulfureux, et ont imaginé d'autres manières de faire cette expérience, que

Hg. S7. — CongélnUon il: l'eau par l'JTiporatiiui de l'éther.

nous ne décrirons pas ici. Nous nous bornerons à citer encore deux exemples importants du froid produit par l'ëvapo-

Lo premier nous est tou'c\i\ ^t \>»ft wAiistcie français* déjà répandue et duc à W. Cavtt. \\ ^ a%vV tw^tt ï«.Na,^ cation de la glace; mais \a mtvVoie es.\- a.ç^^ -"■-■^ ^■-"««

MOYENS DE PRODUIRE LE FH01D ARTIFICIELLEHENT. 309 as, et on s'en sert avec avantage ]K)ur faire cristalliser par e refroidissement les solutions salines, telle que les eaux àe a mer, qui, après avoir déposé )c sel ordinaire par évaporaion, contiennent encore d'autres sels dissous.

l'appareil de H. Ciirré est essentiellement formé de deux réservoirs de métal réunis par un tuyau et constituant un espace complètement clos (lig. 88). L'un dos réservoirs étant

rempli d'une solution aqueuse d'ammoniaque, on le fait <^ufrer, tandis que l'antre réservoir est plongé dans de l'eau froide. Le gaz ammoniac se dégage de la solution et se <%Ddcnsedans le réseryoir Iroid, exactement comme dans le [Vocédé de Faraday que nous avons décrit précédemment. Quand tout le gaz a été condensé, il reste de l'eau pure dans le réservoir chauffé ; on 1 ote alors du feu et on le plonge dans l'eau froide, tandis qug le réserfoit où st VtO'ùse, Vm&.- "lOBiaque liquide est exposé à Vair. GeUe aïnm'srâas\4«.\-'fJ^»*'' "Mi de la vapeur qui se rend dans\e ïéscTswi V eaa..

elle se dissout. La solubilité extrême de l'ammoniaque dans leau froide détermine un vide permanent dans l'appareil, et par conséquent une évaporation très-active de Fammoniaque liquide. Le réservoir qui renferme ce liquide est donc fortement refroidi, et comme il entoure un cylindre rempli d'eau, cette eau ne tarde pas à se congeler. On voit sur la figure 88 ce cylindre séparé du reste de l'appareil.

Le second exemple est la soliditlcation de l'acide carbonique liquide par sa propre évaporation. Nous avons vu comment on liquéfie le gaz acide carbonique dans l'appareil de Thilorier (fig. 83). Le liquide est conservé dans le récipient, à la température ordinaire, sous la pression de 50 atmosphères. Pour l'extraire, on tourne le récipient de sorte que le liquide s'introduise dans le robinet, et on l'ouvre avec précaution au-dessus d'un vase. Un jet sort avec force et une partie s'évapore, ce qui abaisse la température à 70 degrés au-dessous de zéro. Le liquide contenu dans le vase conserve cette température en continuant à s'évaporer, et même une partie se solidifie.

Le phénomène est plus remarquable encore lorsqu'on laisse le jet d'acide carbonique sortir au loin dans l'atmosphère. Il se refroidit assez pour qu'une partie se sohdifie et se précipite en flocons blancs comme la neige. On a ainsi une substance blanche semblable à de la glace en poussière, qui est la même matière que le gaz formé par la combustion du \ charbon dans l'air. Elle est au gaz acide carbonique ce que \ la glace est à la vapeur d'eau invisible qui existe dans l'air. Si on chauffait convenablement dans un vase clos cette sorte de neige, on la verrait fondre, et le liquide produit pourrait bouillir et se réduire en gaz.

La solidification de V acide caîViom'a^'e. «è.'sixwvdes beaux exempies du triomphe de Vhomincs\iv\^Ts\îkNA^\^.k^\V%^^^

vert guel'eau esldela\açe\xv\vcçL\éÇ^^^,a^^fc^^^^'^^^'^'^^^'^'^

MOYENS DE PUODUIRE LE FUOID ARTIFICIELLEMENT. 271

solidifiée, rhorame a cherche s'il y avait d'autres substances capable d exister sous les trois états, et il eu trouvé un grand nombre. Il a appris à fondre et à volatiliser lous les métaux, et plus tard, étendant toujours ses connaissances, il a cherché à résoudre la même question chaque fois qu'il a rencontré une nouvelle substance. Il est ainsi arrivé à penser que les gaz, ces matières subtiles qui échappaient à sa vue et qu'il ne pouvait saisir avec ses mains, mais qui se manifestaient par leur poids, leur force élastique, leur action échauffante ou rafraîchissante, étaient des vapeurs de certains liquides, et que ces liquides pouvaient être obtenus artificiellement, bien fue la nature ne les lui montrât nulle part. L'homme est de- '^cnu par là le créateur d'inie foule de corps qu'il n'aurait prol)ablement jamais rencontrés, et dont il a deviné la possibilité. 5a volonté s'étend chaque jour sur les forces de la nature et ecule les limites qui lui semblaient assignées par le Créateur uprême; chacune des conquêtes pacifiques de son intelh- ;ence le rapproche de son divin Auteur.

C'est Van Marum qui le premier a liquéfié un gaz ; ce gaz tait l'ammoniaque qui est employée aujourd'hui dans Tappaeil Carré. Depuis 1823, M. Faraday, en Angleterre, a liquéfié t solidifié un grand nombre d'autres gaz ; et à mesure que les recédés se perfectionnent, le nombre des gaz qui résistent au hangement d'état diminue. Aujourd'hui, il ny en a que cinq ui n'ont pu être liquéfiés ; on les appelle gaz permanents : osent l'oxygène, l'azote, l'hydrogène, l'oxyde de carbone t le bioxyde d'azote. Remarquons que les deux premiers instituent par leur mélange l'air atmosphérique, et que ar conséquent nous ne connaissons encore Tair qu'à l'état azeux : mais tout porte à croire que l'on finira par les réuire à Y état liquide, en combinant de îoTle^ Y^e^^'^xQws» v;^^ 1 refroidissement excessif.

^iya une quatrième méthode pour \^TOÀw\te\e^tav^^ ^>^

est fondf'^ sur la fusion des corps solides. Nous savons en eOel que tout solide, en passant a l'état liquide, consomme de la chaleur. Par consérjuent, lorsque ce changement d'état s'opère sous l'action de certaines forces autres que la chaleur d'un foyer, une partie de la chaleur sensible des corps environnants est détruite, et leur température s'abaisse. La fusion peut ôtre déterminée par l'action mutuelle du corps fusible et de certaines substances avec lesquelles on le mcle. En associant de telles substances, on forme les mélangei réfrigérants.

Le plus simple se compose de glnce pilée et de sel marin, mélangés par quantités égales. La température est abaissée d'une vingtaine de degrés. Nous avons déjà rencontré quelques usages de ce froid artificiel.

Quelle est la force qui fait fondre la glace? Le sel est soluble dans l'eau : il y a donc entre les molécules de ces deux substauc(!s une action attractive qui les amène à constituer la solution ; dès lors les molécules de la glace se séparent les unes dos autres, et cette sé[)aration est un travail mécanique produit, qui entraîne la destruction d'une quantité proportionnelle (le chaleur sensible. Cette chaleur est prise d'aboni au mélange, puis au vase, à l'air aux et corps voisins : leur température s'abaisse donc. On voit souvent un dépôt de glac(; se former sur la surface extérieure du vase; il est formé par la vapeur d'eau des couches d'air voisines, laquelle est refroidie, puis condensée on gouttelettes liquides, et finalement (jongclée. Souvent aussi le mélange parait furoer comme do l'eau chaude; c'est la vapeur d'eau de l'air qui se précipite v,\\ brouillard. Co brouillard n'a donc pas la môme origine que celui de Toau chaude ; car ce dernier est produit par Ja vapeur de ccUc cvxw, c-owww^ vsa\M»Vw<iu^ expliqué J

dans h chapitre \ui. ^

DmiH le raisouncmcul c\vv^ wm n^xx^^% ^^ \^^^.^^^

MOÏENS DE PBODUIRE LE FBOIO AltTIFlCIELLESEBT. 315 n'avons considéré que la séparation des molécules de )a glace. Hais celles des molécules du sel ne joue-t-elle pas un rôle analogue? Nous savons tous qu'un grain de sel disparaît complètement dans un verre d'eau, c'est-à-dire qu'il se dissout eu perdant sou état solide, et en se disséminant dans toute l'étendue de l'eau. S'y a-t-il pas là une sorte de fusion,

qui consomme aussi de la chaleur? Si cela est vrai, nous devons obtenir du froid en dissolvant simplement du sel dans l'eau. L'expérience prouve l'exactitude de cette prévision. Mettez dans l'eau un thermomÈtre très -sensible, dissolvez-y du sel et vous observerez un léger abaissement de température.

11 est facile de trouver des substances solides plus solubles que le sel marin qui produisent u\\ tiovd canfÀÂ.'^W.. \knitrate d 'ammoniaque, matière WancW (çà ^ésRtft»\'î«>'S!f**de longues lames fibreuses, abaisse \a V&mç«a^««. ^^-^'*'

SOUS de zéro en se dissolvant dans ]*eau ordinaire. Si donc nous entourons d'un pareil mélange un vase contenant de Teau pure, celte eau pourra être congelée, pourvu que les proportions soient convenables. Tel est le principe de la glacière des familles représentée en coupe sur la figure 89. Elle se compose d'un seau de métal qui reçoit le mélange réfrigérant, et d'un vase formé de deux cônes qui retiennent Teau à congeler dans leur intervalle, de sorte que le mélange réfrigérant baigne à la fois l'intérieur et Textérieur du vase.

Fig. 90. — Boilc pour recueillir l'acide carbonique solide.

On obtient ainsi un cône creux de glace qui se détache ais£ ment quand on renverse l'appareil.

Le mélange réfrigérant le plus énergique que Ton connaiss est formé par l'acide carbonique neigeux et l'éther. On abaisë ainsi la température à iOO degrés au-dessous de zéro. Le physiciens et les chimistes ont utilisé ce mélange pour liqu£ fier et solidifier plusieurs substances pour lesquelles les autre moyens étaient insuffisants. Nous avons vu comment l'acid carbonique neigeux est produit par l'appareil de Thilorie: Quand on veut le recueillir, on dirige le jet qui sort du réc pient dans une boîte en laiton formée de deux parties hénd sphériques qu'on peut séparer aisément et qu'on tient avec de poignées creuses (fig. 90). Le gaz arrive dans la boîte par uii ouverture tangentielle, et rencontre une petite bune qui I( fait tournoyer dans la boite : uue partie \ reste à l'état de flo-

cons solides, le reste s'échappe par les poignées. Quand la boîte est pleine, on l'ouvre pour recueillir les flocons.

L'acide carbonique solide sert à faire plusieurs expériences fort curieuses. Nous avons déjà signalé son état sphéroïdal et la congélation du mercure dans un creuset incandescent. Voici quelques-unes de ses autres propriétés.

Placé sur une surface polie, il fuit la main qui s'en approche, parce que la chaleur de la main vaporise rapidement la partie voisine, et que le jet de gaz qui s'échappe du fragment le fait reculer.

On peut le toucher légèrement sans rien sentir, parce que le contact n'existe pas ; il y a état sphéroïdal. Il n'y a pas plus de danger à mettre dans sa bouche un morceau d'acide carl>onique ; une couche de vapeur l'enveloppe et l'empêche de Jucher la peau. Mais cette vapeur est irrespirable ; il faut ^voir soin de retenir sa respiration quand on fait cette expé- ^^ence. On peut éteindre la flamme d'une bougie en dirigeant ^Hr elle son haleine : la flamme est à peine agitée, et elle ^ éteint doucement, parce que l'haleine chasse l'air qui est ï^écessaire à son existence et le remplace par du gaz acide carbonique.

Il y a peu de phénomènes qui paraissent plus prodigieux ^ue celui-là : tenir dans sa bouche, sans éprouver aucune ^uffrance, un corps dont la température est de 70 degrés audessous de zéro et dont la vapeur empoisonne l'haleine. Il ^aut avoir une grande confiance dans la science pour tenter ^tte pareille expérience, comme pour se hasarder à couper '^^ec sa main un jet de métal en fusion. Mais l'homme qui î^ime et cherche la vérité est doué d'une force morale qui l'affranchit des craintes vulgaires ; ce qui paraît à d'autres une action bizarre et téméraire est pour lui l'éclatante démonstration d'une loi naturelle ; il agit avec calme et réileidôw ^q.vs& ^inOuence d'une admiration profowàe.

276 LA CIULEUn.

On doit se demander quelle sensation on éprouve quand on touche un morceau d'acide carbonique solide avec la main, en pressant assez pour que le contact ait réellement lieu. On est brûlé comme si on touchait un fer rouge et la peau est noircie ; ce qui prouve que les tissus organiques subissent une désorganisation profonde par le froid et le chaud excessifs et qu elle est à peu près la même dans les deux cas.

Les expériences suivantes mettent en évidence le froid considérable d'un mélange d'acide carbonique solide et d'éther. On dépose sur le pied d'un verre renversé un fragment d'acide et on y ajoute un peu d'éther ; immédiatement on entend un craquement et le verre est brisé, à cause de la contraction inégale que ses diverses parties éprouvent en se refroidissant, très-rapidement.

En mettant le même mélange en contact avec le mercure, on congèle celui-ci instantanément. Avec des proportions convenables, on prépare en ^quelques minutes plusieurs kilogrammes de mercure solide (ju'on peut marteler, couper, travailler, pourvu qu'on ne le touche pas trop fortement, car il brûlerait les doigts. Si on remplit divers moules de mercure liquide et qu'on les entoure du mélange, on obtient des bustes, des statuettes de mercure solide, qui paraissent faits avec de l'argent, licur température est si basse, qu'ils restent à l'état solide pendant quelque temps ; la fusion se fait trèslentement sur leurs surfaces dès qu'on a ôté le mélange.

Lorsqu'on plonge dans l'eau un morceau de mercure solide, en le tenant suspendu par un fil, on assiste à un très-curieux spectacle. Le mercure fond et se résout en une infinité de filets métalliques liquides qui congèlent l'eau sur leur passage ; chaque filet s'entoure ainsi d'un tube de glace à travers lequel l'écoulement continue tant que dure la fusion.

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