CHAPITRE VI
LA TEMPÉRATURE DU CORPS DANS LES MALADIES
La température de rhomme et des animaux à sang chaud est, quoique nous ayions beaucoup insisté sur ses variations, relativement stable, et, chez des individus sains, elle ne varie que dans des proportions médiocres ; soit, pour Fhomme, là tempe rature moyenne étant de 37*, les variations à Tétat normal ne portent guères que sur un degré en plus et un degré en moins.
Hais, par le fait de la maladie ou de conditions physiologiques tout à fait spéciales, la température peut s'élever ou s'abaisser dans des proportions bien plus grandes, puisque les oscillations peuvent aller jusqu'à 44* d'une part, et 24* d'autre part.
Il y a donc des températures anormales, fébriles^ quand la température dépasse 38*; algides, quand elle est inférieure à 36*.
Nous essayerons d'établir une classification physiologique de ces hyperthermies et hypothermies pathologiques.
Sî nous passons d'abord en revue les causes qui peuvent faire monter la température, il y en a quatre qu'on peut ranger sous les chefs suivants :
!• Insolation ; température extérieure exagérée ;
2° Contractions musculaires tétaniques ;
3* Lésions traumatiques de la moelle épinière bulbo-cervicale ;
4® Maladies infectieuses.
Ce sont là quatre causes cliniques différentes qui peuvent produire de l'hyper thermie, et expérimentalement nous pouvons provoquer aussi ces quatre sortes de fièvre.
§ L — Températures douteuses.
Avant tout, il est essentiel d'éliminer quelques températures, indiquées en général dans certains journaux anglais, et qui semblent résulter d'erreur ou de supercherie.
Nous en donnerons seulement sk, que nous considérons comme apocryphes.
M. Teale a signalé la température de 50*. M. Mahomed a indiqué rénonne température, que l'on peut dire absurde, de 57*, et qu-il a lui-même prouvée être due à une fraude ; M. Mackensie, 47«; M. PhiUpson, 47*,5; M. Steell, 57*; M. Brine, 46*,5, et
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enfin M. Ducastel, 48*". Mais ce dernier auteur a pu montrer qu'il s'agissait là d'une supercherie évidente.
Remarquons que toutes ces températures absolument extraordinaires ont été prises sur des hystériques dont on connaît la tendance, presque légendaire, à la fraude. Quelques-uns des médecins qui ont rapporté ces observations les considèrent comme iraliddas ; mais ils ne se sont pas entourés, pensons^nous, de toutes les précautions nécessaires. M. Teale et M. Mackensie estiment qu'il n^y a pas eu dans leurs observations de fraude possible : il en est de même pour le cas de M. Brine (i). Mais, quoiqu'on doive être toujours réservé en fait de négation, nous ne croyons pas devoir admettre comme véridiques ces températures qui dépassent 46''. Ce n'est pas à dire qa^on ne puisse les observer ; mais jusqu'à présent aucune observation authentique et indiscutable n'en a été donnée. Il est à craindre que la bonne foi de M. Teale, de M. Mackensie, de M. Brine ait été surprise! Il semble que ce genre de fraude soit une habitude tout à fait spéciale à certaines malades anglaises, et, jusqu'à ce qu'on ait constaté soit sur des hommes, soit sur des femmes entourées d'une rigoureuse surveillance, des températures de plus de 46*, nous ne pourrons les accepter comme vraies (2).