‹ La chaleur animale (volume 2)Chapitre 10 sur 33 · EUROPÉENS · texte numérisé non relu

EUROPÉENS

Marins observés au Sénégal .... 37<>,75

— aux Antilles . . . 37«,70

Soldats observés — ... 37«»,75

Fonctionnaires à Chandemagor . . 38°,16

92 LA CUALEUR ANIMALE

Ces moyennes, à Texception de la dernière, qui a été relevée chez 5 Européens au moment des excessives chaleurs du mois d'août, à Chandernagor, sont presque semblables ; elles ne diffèrent, au profit des races tropicales, que de 2 dixièmes de degré environ.

C'est du reste à ce résultat qu'arrive un autre médecin français, M. Maurel, dans un travail récent. M. Maurel remarque d'abord avec raison que, pour comparer la température des diverses races à la température des Européens, il faut prendre comme terme de comparaison, non pas la moyenne habituelle, mais la moyenne obtenue sur l'Européen vivant dans les pays chauds. Cette moyenne est alors 3V^bO (M. Maurel l'établit en réunissant des chiffres pris à la Guyane et aux Antilles), et non plus 37**. — Or M. Maurel trouve sur des Hindous une moyenne de 37'»,44, alors que les observations qu'il faisait en même temps sur l'Européen lui donnent une moyenne de 37",30, soit seulement une diflférence de 0**,14 en faveur des Hindous. Sur 10 mulâtres ou nègres, qu'il a observés pendant huit jours, matin et soir, il a trouvé une moyenne de 37*»,44, tandis que des Européens, dans des conditions identiques, lui ont fourni une moyenne de 37°,66 : c'est une différence de 0'*,22 à l'avantage des derniers. D'ailleurs Davy avait déjà vu à Ceylan, sur des nègresr la température extérieure étant de 24o à25**, que les températures axillaire et buccale étaient de 37*, 15 à 37^,22, tandis que celles d'Européens étudiés en môme temps allaient à 37*»,33.

En somme, de ces chiffres on ne peut guère conclure qu'une chose : c'est que la température des hommes de diflférentes raceSr à supposer que tous soient placés dans les mêmes conditions de milieu, est sensiblement la môme. Cette influence de la race, serait donc peu importante, du genre de celle qu'il convient peut-être d'attribuer au sexe, c'est-à-dire à peu près nulle.

A la rigueur, on peut admettre, après les recherches considérables de M. Jousset, que l'Européen, acclimaté dans les pays chauds, a une température légèrement inférieure à celle des hommes de race nègre et surtout de race asiatique. Soit. Mais il faudrait faire l'expérience inverse, qui serait la véritable contreépreuve, cette contre-épreuve si nécessaire dans toutes le& recherches physiologiques. 11 faudrait étudier la température de nègres et d'Asiatiques acclimatés en Europe, et voir si elle est supérieure, et dans quelle mesure, à celle des Européens. Si l'on constatait encore cette diflférence, ne serait-on pas vraiment en droit de conclure à une influence propre à la race? — Nous ne

LA TEMPÉRATURE NORMALE DE l'uOMME 93

croyons pas que de telles observations aient été faites. Elles seraient curieuses cependant.

Arrivons maintenant à des conditions à la fois moins géhérales et plus précises : l'activité musculaire, l'état de jeûne et de digestion, la température extérieure et Factivité psychique.

Nous n'insisterons point sur l'influence de la contraction musculaire ; nous en parlerons plus tard. Disons seulement que les contractions des muscles peuvent élever énormément la température; je l'ai vue monter chez un chien jusqu'à 45%7. Davy, qui a très bien observé les effets de l'exercice musculaire, a vu sa propre température, après divers efforts (moyenne de 18 expériences), atteindre 37»,25, alors qu'à l'état normal elle était de 36*,6, et que, pendant une promenade en voiture, sans que l'air fût bien froid, elle descendait à 36%1. D'après Jûrgensen, la contraction musculaire élève d'abord la température, puis celleci reste constante tout le temps que dure le travail; il a vu par exemple la température s'élever d'abord de 1*,2, puis rester à ce chiffire. Un coureur, cité par Wunderlich, a présenté une température de 39*»,5. Une marche rapide d'une demi-heure suffit pour produire une augmentation de 0°,5, d'après Obernier. Davy avait déjà noté que, la température buccale étant de 36*, 7 avant la marche, elle montait à 37®,7 après la marche, soit de 1** par l'influence de l'exercice. M. Bouvier a constaté une augmentation de la température axillaire de i"*,! en 50 minutes après une forte marche. M. Forel a constaté que la marche peut élever la température de près de deux degrés. M. Gresswell, dans un travail que nous aurons plus tard l'occasion de citer encore, a noté que par une température extérieure de 27',05 (à l'ombre), un enfant de douze ans, ayant travaillé quelques minutes, avait une température de 37*,8, c'est-à-dire environ 0%5 de plus que la température normale. Dans l'insolation, les accidents observés ne sont pas dus seulement à la chaleur solaire, mais aussi à la fatigue, à la combustion musculaire exagérée. Les individus au repos ne*8ont pas frappés de coups de chaleur. On n'en observe guère que sur les soldats en marche ; avec la même température extérieure, s'il n'y a pas marche forcée, on ne constatera pas de coups de soleil. On peut donc attribuer en partie ces accidents à Texagération de la combustion musculaire.

Nous citerons encore une expérience dont le résultat est des plus nets. Si l'on attache un chien sur la table d'expériences et qu'il se débatte avec violence, on voit sa température monter

très vite, de 3d*>S à 40^,5 et même Ai\ C'est un phénomène auquel nous assistons^ pour ainsi dire, chaqne jour dans dos laboratoires. Au contraire, chez les lapins qui restent immobiles quand on les attache, la température baisse rapidement. Ainsi la même cause, Timmobilisation d*ttn animal, peut produire des effets inverses, selon qu'il s'agit d^un ehien qui se débat, ou d'un lapin qui reste immobile.

On ne saurait, je pense, trop insister sur ce fait remarquable.

11 n'est pas besoin d'un exercice violent, d'un effort musculaire prolongé pour élever la température d'un ou deux dixièmes de degré. Il suffit d'un léger effort, d'un travail musculaire normal, qui durera quelques minutes à peine , et l'effet thermique sera obtenu. Au haut d'un escalier qu'on vient de monter, n\ême sans hâte, on a une température un peu plus élevée que tout à l'heure, quand on n'avait pas encore fait l'ascension.

Souvent, pour des expériences délicates de thermométrie, j'ai tenu pendant plusieurs heures des chiens attachés, ayant dans le rectum un thermomètre très sensible, gradué en cinquantièmes de degré. En général, si le chien reste immobile, la température ne varie pas et reste pendant des heures entières presque fixe. Mais si, à tel ou tel moment de l'expérience, le chien se débat, s'agite, ne fût-ce que pendant un quart de minute, ne fût-ce que pour un seul effort, cela suffit pour voir deux, trois, cinq cin^ quantièmes de degré d'ascension.

Ensuite la température, après avoir monté, rien qu'en une minute, de cinq cinquantièmes, revient à la température primitive en dix minutes environ, jusqu'à ce qu'un nouvel effort de l'animal détermine une nouvelle ascension.

Pour l'homme, il en est assurément de même. Instinctivement c'est par l'exercice de la contraction musculaire que nous réglons notre chaleur. Quand on a froid, on marche vite pour se réchauffer, et, quand on a trop chaud, on reste immobile. En dehors de ces actions que nous effectuons involontairement, par instinct, sans y penser et sans le savoir, nous augmentons et diminuons notre température, selon la nécessité du moment, par le plus ou moins d'exercice.

Certes, pour expliquer que la température diurne est plus élevée que la température nocturne, d'autres causes que l'activité musculaire peuvent être invoquées ; mais l'activité musculaire joue, à notre sens, un rôle prépondérant, non dans la régulation de la chaleur, mais dans la production de la chaleur.

Au milieu de la nuit, dans le lit, alors qu'on se refix^iditbeao-

LA TEMPÉRATURE NORMALE DE L'uOMME

eonp moins que dans le jour, étant protégé par d'épaisses cou- Tertnres, on a cependant nne température bien plus basse que dans te jour. G*est que, dans le lit, nul effort musculaire n* est nécessaire, et alors tous les muscles sont en repos, et la production de chaleur est à son minimum.

M. Mosso (i) a fait à cet égard des expériences précises. 11 a d*abord mesvé sa température normale aux différentes heures* ds la journée (temp. rectale).

s heures, matin

Midi

2 heures, soir .

Minuit

Après un exercice violent de marche (iOO kilomètres en deux jours) il a trouvé (par une température extérieure de 12** à 19^ eûTiron).

5 heures

Midi

2 heures

8 — (repos) •

Le premier Jour Le second jour

de marche. de marche.

n est évident que cette élévation de température n'est pas e» rapport avec Fénorme travail musculaire produit. M. Mosso n'a pas de peine à rétablir ; mais d'autre part il n'en est pas moins évident que l'exercice musculaire a amené une élévation thermique assez notable. Je veux bien reconnaître avec M. Mosso que c'est un état analogue à la fièvre ; mais ce n'est là qu'une comparaison assez imparfaite, et on ne peut assimiler la chaleur produite parun exercice musculaire, et la chaleur produite par une infection^ du sang due à un poison qui donne la fièvre.

(1) hifiuenxadel 9i$temà nervoso^ etc., loc. cit. p. 26.

Pour M. Mosso, ce n'est pas la contraction musculaire qui produit rhyperthermie , c'est l'excitation nerveuse. On avouera que la dissociation est bien difficile à faire. Quand le système nerveux commande un exercice violent, il commande en môme temps des échanges plus actifs, de sorte qu'on ne peut faire la part de ce qui revient à la contraction musculaire proprement dite, et de ce qui revient à l'excitation nerveuse stimulatrice des échanges. Mais il est bien probable que les muscles jouent dans la production calorifique un rôle plus actif que les autres tissus.

Si, malgré l'activité énorme des échanges, la température ne s'élève pas davantage, c'est que la régulation de la température du corps se fait presque aussitôt. Mais, si efficace qu'elle soit, elle ne suffit pas tout à fait,, de sorte que, malgré cette régulation, la transpiration cutanée par la respiration et la température est un peu plus élevée qu'à l'état normal.

M. Mosso dit aussi que les émotions sans travail musculaire font monter la température; et il en donne un intéressant exemple. Mais cela ne prouve pas du tout que les contractions musculaires n'aient pas cet eflFet. Il est certain qu'un exercice musculaire élève la température au-dessus de la normale.

La question est de savoir si l'élévation au-dessus de la normale est due à ce que la régulation est placée plus haut, à 37®,08 je suppose, au lieu de S?*», ou bien à ce que la régulation est insuffisante. Il y a excès de combustion, et alors on dépasse 37*.

Ce qui semble prouver que la régulation est légèrement insuffisante, c'est qu'il suffit d'un court moment de repos pour que la température revienne au niveau normal. Au bout d'un quart d'heure environ, comme l'a montré M. Vemet, la petite hyperthermie de l'exercice musculaire s'est dissipée.

Quoi qu'il en soit d'ailleurs, les variations de la température normale de l'homme sont, dans une forte mesure, dépendantes de son activité musculaire. Dans le sommeil et pendant le repos jde la nuit, la production de chaleur est faible, et alors il faut que la déperdition soit à son minimum. Aussi, quand on dort, at-on toujours besoin d'être couvert beaucoup plus que quand on veille. On supporte, avec des vêtements légers, en marchant vite, ou en faisant un exercice énergique, des températures basses qui feraient périr de froid ceux qui resteraient immobiles plusieurs heures durant, à cette môme température et avec ces mômes vêtements légers.

La différence qu'on trouve entre la température du sommeil et celle de la veille serait donc beaucoup plus grande, si Ton ne se

LA TliiBftPÉRATURË NORMALE DE L'hOMME 97

protégeait pas contre la chaleur trop grande pendant la veille, et contre le froid, pendant le sommeil.

Cette puissante influence de Factiyité musculaire nous explique, en partie au moins, rabaissement de température pendant le sommeil. Le matin, au réveil, la température est toujours inférieure à ce qu'elle est le soir, après Factivité de la journée. Chez tous les individus bien portants, comme chez les malades, il y a une rémission matinale et une exacerbation vespérale.

Mais le mouvement musculaire n'explique pas ce rythme quotidien, car, s'il en était ainsi, il n'y aurait que deux températures : une température d'activité musculaire, très élevée ; une température de repos musculaire, très basse; tandis qu'en réalité il y a un rythme régulier quotidien, qui se fait par gradations et et dégradations lentes. Ce rythme est dû évidemment à l'activité du système nerveux, maximum à 5 heures du soir, minimum à 5 heures du matin.

Par leurs contractions les muscles produisent bien de la chaleur. Pourtant à eux seuls ils ne peuvent régler la chaleur du corps. Certes, un violent exercice échauflFe notre organisme; mais si notre organisme est réglé à 37**, bien vite, par suite d'un refroidissement énergique commandé par le système nerveux, bien vite, dis-je, la température de 37'» reviendra : de sorte que les échauffements par combustion musculaire , si importants qu'Us soient, ne durent pas, et la températiu'e normale reparaît au bout d'un temps très court. Or c'est le système nerveux qui détermine la température normale : 37* le matin, 37*,5 à cinq heures du soir, 36*, pendant la nuit. Ce rythme est presque indépendant des contractions musculaires ; il dépend de la régulation par le système nerveux, qui règle les échanges, productions et pertes de chaleur, de telle sorte que, tout compte fait, la balance des pertes et profits se solde par une température de 37* le matin, 37*,5, à quatre heures du soir et 36*,5 dans la nuit; et cela, grâce au système nerveux qui règle le rythme.

En un mot, le rythme quotidien de la température dépend non de la production de chaleur (fonction des muscles), mais de la régulation de 1^ chaleur (fonction du système nerveux). Or la régulation est due au système nerveux, qui commande des températures de 36*,5 la nuit, et de 37*,5 dans la journée.

L'activité musculaire n'est pas la seule cause qui élève la tempérjBiture dans la journée. L'alimentation modifie aussi quelque peu notre chaleur propre ; l'heure du repas fait varier notre tem-

Ch. Richbt. 7

^H pérature aux divers moments de la journée. M. BSrens ^^M trouvé sur lui-même, dans la nuit, une température axil ^H de ae-jS, et, à trois heures de l'après-midi, après le pi ^B repas, 31°,3. Nous avons d'ailleurs déjà examiné cette q ^H de ralimenlatlon et de son influence sur la température.

Quant à l'action des poisons — et certaines substan entrent dans l'alimentation, comme l'alcool, doivent être r parmi les poisons, — nous aurons l'occasion d'en parler da des leçons suivantes.

Enfin l'activité psychique augmente aussi la teinpé Nous ne parlons pas de l'iniluence du travail intelleclue température locale du crâne, question sujette à controve au fond assez peu intéressante : c'est de la température g qu'il s'agit ici. Davy a fait quelques eïpériences sur ce p a vu qu'après des efforts d'attention soutenue, et durant cinq heures, la température, étant d'abord de 36°,62, est s après un effort intellectuel, à aS",*!! ; l'augmentation e demi-dixième de degré, d'après une moyenne de 18 espér

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phiquc, comme sur le sulTaot, on foit nctlement l'Influence du tra

u lit, le malin, lecture d'un article de la Revue philo»op/iiqm. la ter

es à 8 h. 30-, en une demi-lmure 36-,4B. L'ascenrfon se prolonge eaco

ordonnée inférieure, les temps sont marqués tontes les cinq min e latérale de Eauclie, les (empÉrstures sont Indiquées à l'échelic de

LA TEHPÂRATUBE NORUALE DE L'HOHHE 99

11 trouva encore qu'après avoir prononcé un discours, sa température s'était élevée à 37'',94, chiffre qui dépasse tout k fait la DOimale. — Il est vrai que cette expérience n'est pas absolument probante, car les fonctions musculaires sont intéressées au moins autant que les fonctions intellectuelles dans l'exercice de la parole. Donc dans ce cas l'influence du travail psychique proprement dit n'est pas seule en jeu.

Un physiologiste allemand, H. Speck, a pris aussi quelques observatioDS pour juger du rôle thermique de l'activité intellectuelle. Il a constaté que la température axillaire s'élève, par le fait du travail psychique, de quelques dixièmes de degré, par exemple :

De 35",70 à 35%80, c'est-à-dire de ... 0",l aS'.TO à 35",80, — ... 0",1

Un autre observateur allemand, H. Rumpf, a vu que chez lui et chez un autre expérimentateur la température, pendant le travail intellectuel, monte quelquefois jusqu'à 37'',7 ; ce chiffre a été atteint de neuf heures à minuit, ce qui est tout à fait exceptionnet ; car en général, à minuit la température se rapproche beaucoup du minimum.

— inODence au trsian luiiuicuiuei snr Jft Température.

Expérience de H . Oley, comme U précédente.

Bn C, lecture d'nn article de la Bévue philosophique. La température monte tant que

dure la leclare, Jusqu'en D. En D, le travail est Interrompu ; la température reste alors

■tathimaire, pour r^aanter légèrement quand la lecture est reprise en E, et s'arrttcr ea

F, quand le InTSil est fini.

iOO LA CHALEUR ANIMALE

Mais la question demandait à être étudiée de plus près et d'une façon plus suivie, par des observations de longue durée. C'est ce qu'a fait récemment M. Gley sur lui-même, en prenant sa température rectale au moyen d'un thermomètre que nous avons spécialement fait construire à cet effet. C'est un thermomètre à mercure, dont la cuvette est assez grosse et dont la tige offre deux coudes ; du second coude s*élève une branche montant assez haut, et à l'extrémité de laquelle se trouve la graduation qui va de 35 à 42**. Une fois l'instrument introduit dans le rectum, — la direction du premier coude rend très aisée cette introduction — on peut faire soi-même les lectures sans déplacer aucunement le thermomètre. Chaque degré est divisé en 25 centièmes. — M. Gley, après avoir expérimenté dans des conditions bien déterminées et en variant ses expériences (fig. ii et 12), a pu conclure que, dans l'espace d'une heure, la production de chaleur due au travail intellectuel proprement dit est représentée par un dixième de degré.

A toutes ces causes, particulièrement physiologiques, qui agissent sur la température, il faut en ajouter une d'ordre physique : l'influence du milieu extérieur.

Cette influence a été bien étudiée par Davy dès 1814. Dans un voyage qu'il fit d'Angleterre à Ceylan, il nota une élévation progressive de la température chez les hommes de l'équipage, à mesure que Ton approchait des régions chaudes. La différence entre la température humaine à Londres et la température humaine à Ceylan a été alors de 1*^,93 en moyenne. Dans d'autres observations prises sur lui-même, il a constaté que, pour une différence dans la température extérieure de 12*,3, la buccale augmente de 0'*,9. M. Raynaud a observé une variation de 0*,43 dans la température buccale pour une variation extérieure de 18*. Antérieurement, Eydoux et Souleyet, dans un voyage à Rio-Janeiro, observant la température rectale sur dix personnes différentes, étaientarrivés à un résultat analogue. M. Brown-Séquard prenant, comme Davy, la température buccale, dans le cours d'un voyage aux Antilles, a fait des observations également intéres-

(1) Pour apprécier exactement cette influence du climat, il importe de4>ien distinguer les diverses températures que Ton peut prendre. Ainsi la température du rectum semble varier beaucoup moins que les températures superficielles. Eydoux et Souleyet n'ont trouvé que !<> de différence pour 40* dans la température extérieure du cap Hom, 0*, au Gange, à Calcutta, ■+• 40*. Mais M. Brown-Séquard^ prenant la température buccale, pour une différence extérieure de 23*, a trouvé une différence physiologique de 1*,275»

LA TEMPÉRATURE NORMALE DE l'hOMME 101

santés ; entre autreà, il releva, sur huit personnes de dix-sept à quarante-cinq ans, les chiffres suivants :

Températuro extérieure. Moyenne.

En France, au Havre 8<» 36<»,62

8 jours après le départ 25* 37<»,42

47 Jours après, sous réquateur. . 29<» 37^50

6 semaines après 29* 37*,23

M. Mantegazza, prenant la température de Furine pendant une traversée de l'Atlantique, confirme encore ces recherches. Le minimum, dans ces 241 observations, a été de 36*,4 en février, et le maximum, de 37*,9o en juillet, cette différence de l'*,55 correspondant à une différence dans le milieu extériem' de 28**,5. Plus récemment M. Jousset a fait de nombreuses et intéressantes observations sur ce point. Il a vu que la température axillaire s'élève, au Sénégal et aux Antilles, lorsque l'air est modérément humide et ne gène pas trop Tévaporation, de 1** à 2*. Plusieurs des faits qu'il cite sont très démonstratifs. Ainsi il a vu sur un sujet de dix-huit ans, bien portant, qui avait quitté Marseille à la fin de juillet et traversait Tistbme de Suez pour se rendre dans rinde, une augmentation de 1*,7, quand la température extérieure passa de 20^ à SS'* à Tombre. Au milieu de la mer Rouge, au moment d'une tempête de sable, par une atmosphère embrasée, la température de la main était presque à Sd"" ; celle de la bouche, primitivement de 37*»,o, s'était élevée à 39'*,2. Le même observateur a trouvé sur cinq Européens vivant à Chandernagor une moyenne de 38",16 ; il faut dire que ces températures furent prises à la fin dé la saison chaude par une température extérieure très élevée et fort sèche. En résumé, pour M. Jousset, dont les mesures ont porté sur cent dix sujets, la moyenne d 3 la température dans les régions chaudes oscille entre 37^,6 et .38*»2, alors que la moyenne dans les pays tempérés est comprise entre 36^,6 et 37*,4.— M. Jousset a d'ailleurs fait la contre-épreuve de ses observations, et examiné plusieurs personnes revenant des Antilles en Europe. Sur cinq sujets qui avaient à la Martinique une moyenne de 3Vfi2. pendant la saison chaude et de 37*^,88 pendant la saison fraîche, il a vu la température descendre à 37^,80, quand ils quittèrent les régions chaudes ; lorsque la température extérieure ne fut plus que de 17*, leur température axillaire tomba à 37*,21.

Nous devons cependant citer des observations qui contredisent quelque peu les précédentes. M. Boileau dit qu'aux tropiques^ la

moyenne de la température axillaire est entre 36*,67 et 37^29, c'est-à-dire la même qu'en Europe. M. Maurel, dans le mémoire dont nous ayons déjà parlé plus haut, rapporte un certain nombre d'expériences qu'il a faites à la Guyane et à la Guadeloupe et qui lui ont donné, comme moyenne de la température axillaire, 37'',384. Et, à l'appui de ses observations, il cite celles d'un de ses collègues de la médecine navale, le docteur Guéguen, qui a aussi trouvé à la Guadeloupe la moyenne 37<',3. Par conséquent la température de l'Européen dans les pays tropicaux ne serait supérieure à la moyenne observée dans les pays tempérés que de quelques dixièmes.

D'après M. Lôw, en Californie, par une température extérieure énormément élevée (47^,5), l'élévation de la température du corps était de 0'',5 à 0*^,6 au-dessus de la normale ; pour la faire monter de i^,â, il fallait un exercice musculaire un peu .prolongé. Gela confirme ce que nous disions plus haut, que la chaleur extérieure ne suffit pas pour provoquer le coup de chaleur : il faut encore qu'il y ait marche forcée ou exercice exagéré.

Ainsi l'influence du milieu sur la température est très réelle. Combien de médecins d'ailleurs, même en Europe, ont pu la constater ! Les médecins norvégiens ne donnent-ils pas conmie moyenne normale le chiffre de 36^4, tandis que les médecins italiens donnent 37^,3? M. Alvarenga n'a-t-il pas trouvé au Portugal une moyenne plus élevée de quelques dixièmes {37%22 sous l'aisselle) que celle des médecins anglais ou allemands ? Que si l'on compare ce chiffre de 37'',2â à celui qu'a obtenu M. Compton en Ecosse, c'est-à-dire dans un pays froid et humide, on constatera presque i* de différence.

Cette influence du milieu extérieur sur la température a été quelquefois constatée de la manière la plus simple. Ainsi Davy a vu par un froid très vif sa température s'abaisser à 35*,9. M. Stapff a vu par un froid de — 5* sa température buccale à 34^,17 ; dix minutes après, dans une chambre assez chaude, elle s'était élevée à 36%22.

M. Forel, ayant déterminé sa température normale (rectale) moyenne T aux différentes saisons de l'année, a cherché à savoir quelle était la différence de cette température moyenne T avec telle ou telle température spéciale à divers moments de l'année. Soit t la température observée.

tf représentant la différence entre telle ou telle température spéciale et la température moyenne. Il a trouvé alors que de

LA TEMPÉRATURE NORMALE DE L'hOIIME

ioa

septembre à mars, ^ = — 0*^,12, tandis qu'en juillet et août ^= + Q*,5. Il y a 4onc, d'après M. Forel, une très légère augmentation avec la température extérieure.

Nous pouvons ajouter à ces faits de très intéressants détails dus à M. Gresswell. Cet observateur a pris sur divers passagers et sur lui-môme, durant un voyage fait autour du monde, sur un navire à voiles, de très nombreuses températures buccales, et U a ainsi constaté nombre de faits importants, conûrmatifs de ceux que nous venons de rapporter plus haut (1).

M. Gresswell a constaté d'abord que la courbe quotidienne thermique est, à toutes les latitudes et par tous les climats, à peu près la môme; cependant, dans des climats chauds, l'élévation thermique diurne commence de meilleure heure et dure un peu plus longtemps que dans les climats froids.

D^une manière générale, la température buccale est plus élevée quand il fait chaud que quand il fait froid, ainsi que l'indique le tableau suivant, qui exprime des moyennes :

Tempér ature humaine.

Maximum. Minimum. Moyenne.

Tempéra ture ext érieure.

Minimum. Maximum. Moyenne.

A ce propos, M. Gresswell fait remarquer que cette augmentation de la température organique par le climat s'observe surtout chez les enfants.

Kauteur de cet important travail attribue, et non sans raison, une grande influence à la température extérieure sur la température du corps. Jamais, aux tropiques, la température ne s'est abaissée au-dessous de 36'',4 ; tandis qu'en d'autres pays, quand le vent était froid, il a observé quelquefois des températures de 34^,7. Il s'est assuré qu'il n'y avait pas d'erreur instrumentale, de sorte que ce chiJGEre de 34^,7 doit ôtre regardé comme certain.

(1) n est regrettable que nous n'ayons pas sur la température humaine dans les régions froides des observations comme celles que nous possédons pour les pays «hauds, nombreuses et précises comme celles de DaTy, de M. Brown-Séquard, de Jf. Jouttet, etc. .

Gela n'a d'ailleurs rien de bien surprenant si Ton songe que la température buccale est, en somme, une température périphérique, et qu'à ce titre elle varie bien plus que la température centrale.

Un homme exposé au vent froid avait 36'',5 ; rentré dans la cabine, sa température était, au bout de dix minutes, de 36'',75 ; dix minutes après, de 37®,5. Or jamais la température rectale, quand il n'y a ni intoxication ni contractions musculaires violentes, ne varie aussi vite chez un adulte bien portant.

M. Gresswell nous donne aussi, sur la température périphérique, prise à la paume delà main, des documents qui concordent encore très bien avec les données classiques précédemment exposées, mais je ne puis les rapporter en détail.

En tous cas, voici deux lois essentielles qu'il faut bien retenir et qui résultent de toute cette longue discussion.

i*» La température périphérique du corps varie beaucoup avec la température extérieure, s'abaissant quand la température extérieure s'abaisse, s'élevant quand celle-ci s'élève.

2** La température profonde (mesurée profondément dans le rectum) varie dans le même sens, mais très peu, de sorte que, si les variations dues au milieu extérieur sont de 2*,5 pour la température périphérique (buccale), elles n'atteignent pas i** pour la température centrale (rectum) .

Notons, avant de terminer cette étude des conditions extérieures, que l'abaissement par le froid ou l'élévation par la chaleur ne se prolongent pas indéfiniment. En passant rapidement d'un endroit froid dans un endroit chaud, on élève sa température organique ; mais bientôt l'équilibre s'établit : on revient à la température normale. Les voyageurs allant d'Angleterre aux Indes ont d'abord une température de dS"* ; mais, après quelques mois de séjour, la température normale est à peu près revenue r c'est une des conditions de l'acclimatement. La plupart des médecins cités plus haut, qui ont étudié les variations thermique» suivant le climat, ont fait cette importante remarque.

Dans une ascension faite au mont Blanc, MM. Lortet et Marcet^ par un froid de — 10* et dans un air évidemment peu dense, paiconséquent peu riche en oxygène, ont môme noté destempérartures (buccales) de 31^8, 32*, 32*,3, 32%8, etc., refroidissement intense que les auteurs attribuent moins au climat extérieur qu'à l'effort musculaire, nécessaire pour faire l'ascension, effort qui absorbe une grande quantité de force vive.

Si MM. Lortet et Marcet ont admis que dans l'ascension des.

LA TEMPÉRATURE NORMALE DE l'hOMME i05

ni^ontagnes, la température s'abaisse, cette proposition n'a pas

^té sans soulever de- très vives et, à notre sens, très légitimes

critiques de la part de M. Forel, qui pense que la mensuration

âe la température buccale ne donne que des résultats imparfaits.

En se plaçant dans de meilleures conditions, c'est-à-dire en mesurant la température rectale, M. Forel a vu constamment que l'ascension d'une montagne élève énormément la température ; ainsi, dans un cas (le milieu extérieur étant à i9'',25), la température du corps était de 39*, 13. Dans un autre cas (le milieu étant à 9*,6), la température du corps a été de 38^,58. Dans presque toutes les ascensions, la température rectale a dépassé 38^

La descente de la montagne a donné lieu aux mêmes phénomènes, et la température s'est aussi élevée pendant la descente.

Cette intéressante question a été reprise avec un soin tout particulier par M. Vernetil). M. Vernet confirme absolument les recherches de M. Forel. Au repos sa température rectale était en moyenne de 36^,96, soit de 37*. Par le fait de l'ascension, la température montait à 38*,54 en moyenne (avec un maximum de 39*). Par le fait de la descente de la montagne, elle s'élevait à 38*,60. Au repos, dans le lit, quelques heures après le retour, elle revenait à 36%95.

Dans une autre série d'expériences, répondant à M. Gay (â) qui avait cru trouver que l'ascension de la cathédrale de Strasbourg avait fait descendre sa température (buccale) de 0*5, M. Yernet établit qu'après une rude ascension la température qui, au bas de la montagne, était de 37*, atteignait, immédiatement après l'ascension, 38*,46; 7 minutes après, 38*,45; 13 minutes après, 38*,44; 25 minutes après, 37*,76; etdansdeux autres expériences le résultat a été le même.

n n'y a donc, après les faits si démonstratifs donnés par M. Forel et M. Vernet, pas de doute possible. Quand on monte une montagne, ou un escalier, on s'échauffe, quoiqu'on consomme beaucoup de force vive. Quelle que soit la quantité de force consommée, elle est moindre que les combustions chimiques, et le corps s'échauffe.

Ces faits sont importants au point de vue de la conservation^ intégrale de l'énergie et de la théorie mécanique de la chaleur. Il est certain que, par l'ascension du corps, une certaine quantité de force vive est consommée, qui est représentée par PH. P étant

(1) L'organisme humain soumis à un travail musculaire. Arch, des scphys, tt naiur. t XIV, août 1885, p. 111 et suiv.

(2) Voir Rwue scientifique 6 juin 1885.

106 LA CHALEUR ANIMALK

le poids du corps, et H la hauteur de la montagne. Gett^ force

vive est empruntée évidemment aux opérations chimiques de

Torganisme, de sorte que la réaction totale peut s'exprima

ainsi :

Gomb. chim. = chai. 4- P xH.

Mais, pour suffire à cette double dépense, les combinaisons chimiques se font en excès, de sorte que non seulement il y a assez de force vive pour suffire au travail, mais encore la quantité de chaleur dégagée' est plus grande qull était nécessaire.

Ainsi c*est la contraction musculaire qui domine tout. Dès qu'il y a efforts et contractions, notre température s'élève, soit que nous montions, soit que nous descendions, soit que nous marchions en terrain plat ; le travail produit, qiui consomme une certaine quantité de chaleur, est toujours inférieur à la quantité d'énergie dépensée en excédent par les combinaisons chimiques qui ont lieu dans les contractions musculaires (1).

L'influence des douches et des bains froids est difficile à résoudre.

M. Aubert (2) a fait sur lui-môme des expériences précises pour déterminer l'influence que les bains froids exercent sur la température du corps. Pour des bains dont la durée est seulement de 15 minutes, il n'y a aucun abaissement de la température centrale ; tandis que, si la durée du bain froid est plus prolongée, soit de 30 minutes ou d'une heure, il se fait un abaissement de 0*,3 pour des bains d'une demi-heure et de 0^,6 pour des bains d'une heure.

Les températures étaient prises dans le rectum.

Ces observations prouvent bien que l'organisme, s'il estéxpo^ à une source de froid considérable, réagit vigoureusement contre le froid en dégageant alors une plus grande quantité de chaleur; car un refroidissement de 0°,6 en une heure est tout à fait minime pour un corps plongé dans un bain froid.

M. Delmas (3) a fait des observations sur la température du corps, pendant et après les douches. Mais, comme il s'agit de température périphérique, mesurée dans la bouche et dans l'aisselle, il a observé des résultats quidifl'érent de ceux de M. Aubert,

(1) Voyez encore sur cette question. Tapie : Chaleur et Travail musculaires. Th. d'Agrégat, de Paris, 1886, — et Lambling : Des origines de la chaleur et de la force chez les êtres vivants. Th. d'Agrégat, de Paris, 1886.

(2) Revue des sciences médicales^ T. XXI, page 150.

(3) Revue des sciences médicales^ T. XXI, page 509.

c'est-à-dire qu'après la douche, quand la réaction s'établit, la température, au lieu de monter, s'abaisse et quelquefois d'un degré en une ou deux minutes. Cet abaissement est dû, selon toute misemblance, au refoulement du sang périphérique dans les parties profondes et à Tanémie périphérique. Alors la surface cutanée étant anémiée se trouve, par cela même, à une température plus basse.

Il faut en tout cas admettre que, si le bain froid et la douche froide diminuent quelque peu la température, ils augmentent dans une énorme proportion les combustions chimiques qui produisent de la chaleur.

Toutes ces causes que nous venons de passer en revue peuvent déterminer chez le même individu des oscillations normales de température atteignant et dépassant même i® en vingt-quatre heures. Void à cet égard quelques chiffres.

Axillaire d'après

Buccale —

Axillaire —

Rectale —

Axillaire —

De l'urine —

Axillaire —

Buccale —

Axillaire —

De l'urine —

Rectale —

Ogle. . . .

Stapflf. . .

Bflrensprung Jœger. . .

BiUet . . .

OErtmann.

Van Duyn.

Damrosch.

Billroth. .

Ch. Richet Gley. . . .

Ecart maximum

en

Tingt-quatre

heures.

Maximum. Minimum.

De même M. Pilz, en mesurant la température rectale chez des enfants âgés de sept ans environ, a constaté sur le même individu des oscillations de Oo,7 ; lo,l ; 10,2 ; 0o,6 ; lo,5. Dans ce dernier cas, et quoique le sujet fût bien portant, la température a eflfectivement baissé de 1*^,5 en trois heures.

D'après M. Forel, les différences ont été au maximum de io,07 pour la température rectale et de io,08 pour la température axillaire.

A la vérité, il ne s'est agi là que des écarts observés sur des mêmes individus. Ces écarts sont un peu plus considérables, quand Fcbservation porte sur des personnes différentes. Ainsi ils seraient :

D'après Alvarenga lo,9

— Ladame 1*,2

— Jiirgensen 1*,5

— Finlayson 1%73

— BiUroth 1«,6

11 ressort de ces faits qu'un homme adulte, bien portant, dans les conditions ordinaires de la vie, peut présenter, dans l'espace de vingt-quatre heures, des oscillations de température de i*,5, sans que sa santé soit le moins du monde altérée(i!* Au contraire, c'est une des conditions de l'existence physiologique normale.

Quant aux différences de température entre les individus différents, il n'existe malheureusement pas de recherches précises- Ce serait cependant un travail intéressant que de comparer les divers individus au point de vue de leur chaleur propre et de leur consommation organique (en urée, en acide carbonique), comme au point de vue de leur appétit, de leur alimentation, de leur manière de se comporter par rapport à la température extérieure. Peut-être devrait-on tenter cette étude instructive do biologie comparée.

La température de Fhomme peut donc varier de 2%5, c'est-àdire à peu près de 35^,7 à 38%2, et cela sans que la santé soit altérée, sans qu'il y ait un état morbide, que la température parvienne à l'un ou à l'autre de ces termes extrêmes.

Quant aux chiffres à retenir et à garder comme des types, c'est surtout le chiffre de 37**, qui représente la moyenne générale ; 36'',2 dans la nuit, 37'',5 à la fin de la journée pour la température axillaire. Pour la température rectale, 37**,8à la fin de la journée, 36'',6 pendant la nuit et 37'',2 à huit heures du matin.

Ces données suffiront pour déterminer exactement les cas où il y a soit de la fièvre, soit de l'algidité.

En comparant cette température à celle des animaux, on verra ce phénomène étrange que Thomme a deux degrés de moins que les autres mammifères — le singe et le cheval exceptés — et qu'il constitue, à ce point de vue, dans la nature, une remarquable exception.

(t) M. Jûrgenseo, en particulier, a trouvé le chiffre de 1*,5, les oscillationa thermiques se faisant normalement entre 36*,3 et 37o,9. Mais sur un des trois svgets qu*il a si bien étudiés au point de Tue des variations de la température, il a tu, après un travail énergique, la température monter à 38o,8, après un bain chaud à 40«,7, et après un bain très froid descendre à 33*, 1 . Chez un individu à rétat normal, les oscillations peuvent donc atteindre 8* ; mais alors il 8*agit de conditions physiologiques non normales.

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