MALADIES INFECTIEUSES
TEMPÉRATCRE
OBSERVATIONS
AUTEURS
TERMINAISON
Cancer de la poitrine (?) avant la mort, et après la mort 42" 60
Rusch.
Niderkorn.
Id.
Mort.
Id.
Id.
Pneumonie
Atfection cardiaque
Néanmoins, les cas de fièvre intermittente ont cet intérêt que (les élévations de 44° n"ont pas été toujours suivies de mort. M. Alvarenga et M. Hirtz en ont cité l'un et l'autre un cas (1).
Quant aux cas de rhumatisme, de scarlatine, où la température a dépassé 42° et où il n'y a pas eu mort, il faut les considérei* comme des exceptions tout à fait extraordinaires.
L'élévation de température est par elle-même un danger. C'est un grand progrès de la médecine contemporaine que de combattre la fièvre en s'attaquant au symptôme principal de la fièvre, c'est-à-dire à la chaleur. On observerait assurément une bien plus notable fréquence d'hyperthermies fébriles au-dessus de 42°, si les médecins ne faisaient intervenir d'énergiques médications, les affusions d'eau froide, le sulfate de quinine, les salicylates, la digitale, l'antipyrine, etc.; toutes substances qui sont antithermiques et qui empêchent que, dans le cours d'une maladie, le symptôme cAa/ez/r devienne, par lui-môme et par lui seul, un danger de plus.
La fièvre est un véritable cercle vicieux dans toute la force du terme, en ce sens que la seule élévation de température produit une aptitude plus grande des tissus à faire de la chaleur. Voici un organisme à 40° ; cet organisme, par le seul fait qu'il est à 40°, a des combustions plus actives qu'un organisme à 37°, et, par conséquent, il tendra à son tour à porter la température à plus de 40". Il faut donc arrêter ce cercle vicieux redoutable, qui fait que la fiècre tend à aur/menter la fièvre; et c'est là le rôle de la thérapeutique réfrigérante.
(1) M. in.rr(mi\{Tvailé de palholof/ie interne, 7* <;(lit., 883, 1. 1«', p. 10:{) dit que 1« rhidVf; li; plus élcvfi compaUblc ;ivi:c, la conservation <Je la vie est n\\ cas de M. Mithael, avec 4I*,7'»; mais on voit dans le tableau ci-joiut qu'en réalité on peut citer nombre de ras authentiques où des températures au-dessus de 'ti" ont été observées sans < iilraiiKr la mort.
A cet égard, la médecine contemporaine arrive à des résultats vraiment merveilleux, et dans tous les livres de pathologie vous trouverez de magnifiques exemples de défervescences thérapeutiques.
Gomment expliquer cette action? s'agit-il d'antiseptiques qui empêchent le développement des microbes infectieux ? s'agit-il d'une action directe sur le bulbe, action antagoniste de celles que peuvent exercer les ptomaïnes microbiques? Il est difficile de le dire, et les hypothèses à cet égard sont loin d'avoir autant d'intérêt que les expériences auxquelles il faudrait avoir recours et qu'il faudrait multiplier. Les découvertes de la microbiologie ont bouleversé la pathogénie des fièvres, une voie féconde a été ouverte, et d'ici à peu d'années, on pourra se dispenser des hypothèses et ne considérer que les faits.
Mon but ici étant seulement de vous donner la classification des hyperthermies ou des hypothermies, je passe sous silence tout ce que l'on pourrait dire sur les périodes de début, d'état, de terminaison des fièvres ; sur les formes de la défervescence et sur tous les détails, d'intérêt clinique, aussi bien que d'intérêt scientifique, qui sont, dans les livres de pathologie , représentés sous la forme de graphiques essentiellement instructifs (1).
L'infection microbique produit chez les animaux les mêmes effets que chez l'homme, et il y a des fièvres infectieuses chez eux comme chez nous. Les moutons, les chevaux, les lapins sont capables d'avoir la fièvre, et leur température fébrile est plus élevée que leur température normale.
Toutefois, chez eux, l'ascension est relativement moindre. En effet, la température du mouton étant à l'état normal de 40°, c'està-dire de 3° au-dessus de celle de l'homme, jamais dans la fièvre sa température ne peut monter de 4°, comme elle monte communément chez l'homme. Les températures de 41°, dans nos affections fébriles, sont relativement communes ; tandis que presque
(1) Quelquefois l'ascension de la température fébrile est d'une rapidité extrême ; de telle sorte qu'il est difficile de supposer qu'il s'agit seulement d'une hyperproduction, et qu'il n'y a pas simultanément diminution dans le rayonnement périphérique. Ainsi, d'après M. Ducastel {Thèse d'agrégation, 1878, p. 103), M. Lieberraeister a vu la température monter de 2o,97 en S2 minutes, et, dans un autre cas, de 2o,6 en 56 minutes. M. Barensprung- aurait vu la température monter en une heure de S^jG, et M. Michael en une heure de 3o,3.
Notez aussi la puissance des agents infectieux, même minimes, à faire de la chaleur ; une petite écorchure enflammée suffit à faire monter la température de 2° et plus ; tandis qu'un individu bien portant, exposé aux chaleurs excessives d'un climat tropical, n'aura qu'une élévation de quelques dixièmes de degré tout au plus.
jamais le charbon, la rage et les autres affections infectieuses ne peuvent élever à M° la température des lapins et des moutons (1).
Chez le chien on observe aussi Fhyperthermie fébrile infectieuse ; mais elle est, en général, peu marquée, par suite de la grande résistance des chiens aux affections microbiques.
Je donnerai quelques exemples de Finfluence des agents infectieux sur la température des animaux. En voici un qui est emprunté à Vulpian et qui se rapporte à un chien :
A 2 heures . . . . T = 39o,2; on fait une injection de liquide putride.
A 3 heures .... T = 40», 4 A 4 heures .... T = 41°, 4 Le lendemain. . . T = 39o,4 Le surlendemain. T = 39°, 2
Voici une autre observation prise sur un chien, où nous avons observé une défervescence analogue à celle qu'on voit chez rhomme :
14 février T = 39», 4. Injection de sang de cheval putréfié :
^ l'animal vomit et paraît assez ma-
lade.
15 — .... T = 400,7. Animal encore assez malade.
16 — .... T = 380,6. Guérison complète.
Voici un troisième cas, qui montre que chez le chien des suppurations énormes s'accompagnent souvent de peu de fièvre ; mais que, malgré le peu d'intensité des phénomènes, on retrouve Ibs mêmes symptômes d'hyperthermie et de défervescence que chez l'homme.
24 avril T = 38o,85
25 — T = 380,40. Injection sous la peau du dos de 5 cen-
timètres cubes de sang putréfié.
27 — T = 39o,2."i. Il y a sous la peau un énorme abcès
avec vaste décollement et productioi»
de gaz.
(1) Dans un intéressant mémoire M. Hogyes, mesurant la température de lapins inoculés de la ra^e. (Annales de l'inslilul l'asleur, tome IF, 1888, p. l.'{.'{ a observé un maximum thermique de 41'',4. Après avoir injecté à uti lapin certains microl)es pathogènes, j'ai observé 410,9. llarement chez le lapin la lièvre dépasse 42".
28 avril T = 38°, 25. L'abcès est énorme; les phénomènes
généraux sont nuls. Incision qui donne issue à une grande quantité de pus fétide mêlé à des gaz.
30 — .... T = 380,45. La guérison est presque complète.
Donnons encore un autre cas analogue sur un chien :
29 février .... T = 38o,8. Injection de quelques gouttes de per-
chlorure de fer dans l'abdomen.
l»"^ mars T = 39o,6. Ulcération qui probablement va de la
surface cutanée au péritoine.
3 — .... T = 40o,4. Large plaie ulcéreuse. 7 — .... T = 390,5
11 — .... T = 390,9. Amélioration manifeste. 13 — .... T = 390,0 15 — .... T = 390,5. Guérison.
M. Pisenti, dans un travail récent, a donné de la fièvre chez les animaux des exemples très remarquables.
Il a vu la température monter en une heure, par le fait de l'injection putride, de 38°, 5 à 40°,2, pour atteindre, une heure après, '
Quelquefois aussi l'injection des liquides putrides amène un abaissement de température, ainsi que l'avait déjà noté Bergmann, et comme l'a aussi constaté M. Wood dans son excellent travail sur la fièvre.
Nous avons constaté aussi de l'abaissement dans l'expérience suivante, faite sur un chien.
A 2^^ 30"* T == 380,5. Injection dans la veine saphène de
sang de cheval putréfié.
A 2^^ 25°^ T = 360,6. L'animal meurt dans la nuit.
A un autre chien, dont la température est de 39o,4, une injection de sang putréfié, pratiquée à une heure, fait baisser la température à 38", en deux heures et demie ; il meurt le lendemain.
Les agents infectieux peuvent donc, dans certains cas, au moins chez les chiens, produire de l'hypothermie au lieu de l'hyperthermie.
Quant à la fièvre chez les oiseaux et chez les animaux à sang froid, on ne possède que peu de données à cet égard. D'après M. Lassar, il semble qu'il n'y ait chez eux aucun phénomène d'hyperthermie.
§ VI. — Froid extérieur.
Etablissons maintenant pour les abaissements anormaux de température une classification en quelque sorte parallèle à celle que nous venons de donner pour les élévations.
Nous avons relevé, autant que cela nous a été possible, tous les cas où la température observée a été inférieure à 32°.
La première cause qui fait baisser la température, c'est Finfluence du froid extérieur.
FliOIt) EXTÉRIEUR
TEMPÉRATURE
OBSERVATIONS
AUTEURS
TERMINAISON
3io,2
Bain IVoid
Weiland.
Id.
Id.
Bourneville.
Glaser.
Currie.
Id.
Peter.
Reinke.
Diday.
Guérison.
Id.
Id.
Mort.
Guérison.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id
(1) La température pendant le réchauffement a monté de 1» par demi-heure.
A cet égard les faits sont positifs et tout à fait remarquables. Un individu en bonne santé, suffisamment couvert, bien nourri i'I faisant do l'exercice, peut supporter des températures extérieures très basses. Avec des fourrures épaisses, l'homme peut vivre par un froid extrême. — On a constaté en Sibérie des froids de — m".
On peut donc dire que le froid à lui seul ne suffit pas pour abaisser notre tempéralui-e au-dessous de la normale ; il faut des conditions adjuvantes, et, défait, la condition à peu près constante di! presque tous les cas de mort par lu froid, c'est l'innnobilité, le sommeil, et, avant tout, le sommeil de l'ivresse.
Les observations h cet égard sont tout à fait probantes, et la plupart des cas de grande hypotliej-mie par It; froid constatés dans la science se rapportent à des ivrognes qui se sont endormis dans la j-ue et qui ont été surpris ainsi pai- le froid.
Il y a alors coïncidence de trois causes qui se réunissent pour contribuer à l'abaissement thermique : l'intoxication alcoolique, l'immobilité du sommeil et le froid extérieur.
La température organique la plus basse après laquelle l'homme ait pu survivre est une température de 24", d'après Reinke.
On peut supposer que, chez l'homme, comme chez les animaux, la vie peut être rappelée, même quand la température est descendue au-dessous de 24". Dans des expériences faites avec M. Rondeau, sur des lapins refroidis, j'ai pu, ainsi que l'avaient d'ailleurs antérieurement établi M. Horvath et d'autres savants, montrer que les lapins survivent parfois à un abaissement allant à 18". Nous avons même pu faire, par la respiration artificielle, survivre un lapin dont la température rectale s'était abaissée à 15".
Il m'a paru que, chez les chiens, par suite d'une résistance moindre du muscle cardiaque à l'action délétère du froid , le minimum de la température était de 20" à 21", soit de 3" de plus que chez les lapins.
En somme , au point de vue des applications médicales, un fait très évident ressort de ces expériences, c'est qu'il ne faut pas désespérer de la vie d'un individu très refroidi ; et, si le cœur bat encore, quel que soit l'abaissement thermique, il faut essayer de ramener la chaleur et pratiquer la respiration artificielle.
§ VII. — Maladies du système nerveux
La seconde cause des hypothermies, ce sont les traumatismes, maladies, épuisements du système nerveux central. Si Fexcitation du bulbe produit de la chaleur, en revanche la paralysie des centres nerveux entraîne une diminution des échanges et un abaissement thermique relativement considérable.
D'abord, pour les traumatismes, les expériences classiques de Claude Rernard ont montré que la section de la moelle épinière abaisse énormément la température centrale, ce qui tient peutêtre à une déperdition plus grande coïncidant avec une production moindre ; mais peut-être seulement à une moindre production de calorique.
Quoi qu'il en soit — et nous n'entrons pas ici dans la recherche de la cause même — la température baisse quand la moelle a été coupée au-dessous de la région cervicale. Et, chez l'homme, on a constaté quelques cas analogues, quoiqu'en petit nombre..
Les maladies du système nerveux cérébral abaissent aussi la
température; uiais ces cas sont assez rares, comme Tindique le tableau suivant où nous rapportons toutes les températures constatées, de nous connues, inférieures à 32°.
On comparera avec profit ce tableau à celui des hyper thermies consécutives aux affections nerveuses ; et il se dégagera en toute évidence cette loi que le système nerveux, excité, produit de la chaleur et, déprimé, entraîne de l'hypothermie.