‹ La chaleur animaleChapitre 39 sur 99 · MN\^UL\^ L V · texte numérisé non relu

MN\^UL\^ L V

Fig. 44. — Influence de l'asphyxie sur la polypnée.

Chien échauffé et polypnéique ; il est trachéotomisé. Pendant qu'il respire par la trachée, on lui oblitère la trachée en M, ligne 1, à gauche. Quoique la respiration soit tout à fait inefficace puisque l'air ne peut pas pénétrer, la polypnée continue avec le même rythme très fréquent. L'état d'apnée fait que la respiration inefficace se prolonge ainsi pendant une minute environ, soit un tour du cylindre. Mais, peu à peu, la respiration se ralentit, comme on voit à la ligne 2. Alors en G, on ouvre la trachée. Les respirations deviennent plus amples, puis faibles, en même temps que plus fréquentes, le rythme s'accélère et tend à revenir au type polypnéique comme il existe à la ligne 1. On voit à la droite de la ligne 2 revenir la rapidité des respirations, en même temps que le sang se sature d'oxygène.

Ce graphique démontre formellement que, dans la polypnée, il y a apnée, et que le stimulus respiratoire dans ce cas , n'est aucunement une altération chimique du sang, comme cela existe à l'état normal, dans la respiration régulière ; de plus, on voit qu'il y a impossibilité pour l'animal d'être polypnéique, quand il n'y a pas d'apnée.

D'ailleurs, expérimentalement, on peut juger de cette influence de la langue. Si l'on prend un chien échauffé et fortement chloralisé, avec un rythme, je suppose, de 100 par minute, dès qu'on.

lui retirera la langue au dehors, on verra le rythme sacc(^lérer, doubler presque, ce qui prouve bien l'influence toute mécanique de cette semi-occlusion de l'orifice glottique.

A plus forte raison, quand on met sur le trajet du'courant d'air inspiré ou expiré une soupape de Muller avec une pression d'eau ou^de mercure, le rythme devient lent, et très lent, quoique avant l'interposition de la soupape le rythme fût extrêmement fréquent.

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