‹ La chambre ardenteChapitre 16 sur 23 · III. Jlmt0 H Parlement îie Part0 contre le0 fntljérîen · texte numérisé non relu

III. Jlmt0 H Parlement îie Part0 contre le0 fntljérîen

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17 novembre 1548. — 177. — Le Parlement ayant assigné pour « l'hébergement des pauvres » la salle où le Mystère de la Passion avait coutume d'être représenté par la confrérie de la Passion, celle-ci requiert la permission de le faire jouer, comme autre' fois, dans une autre salle qu'elle a recouvré. La Cour interdit la représentation de ce mj'^stère ainsi que celle de tout autre Mystère sacré, et ne permet plus que les profanes, s'ils sont honnêtes (2).

19 novembre. — 178. — Le gardien du couvent des Cordeliers (3), mandé par Lizet, pour rendre

(i) Ces arrêts et ceux du Document n° IV ont été simplement résumés comme ceux qui précèdent le Registre des Luthériens.

(2) Reg. du Conseil Xi^^ 1564, à la date. C'est l'hôpital de la Trinité que la confrérie de la Passion avait dû quitter, et c'est dans une portion de l'Hôtel de Bourgogne, rue Mauconseil, qu'elle s'était transportée et qu'elle loua à des comédiens en suite de cet arrêt. Cf Félibien, Histoire de Paris, t. II, p. 1023.

(3) Ce couvent était situé en face de l'École de Médecine, dans la rue de ce nom. Le musée Dupuytren en occupe l'ancien réfectoire, qui est seul resté debout.

compte de ce qu'il a fait de Hugonis, Martigny et Gucrin, qui lui avaient été renvoyés pour qu'il leur fit leur procès, répond qu'après avoir examiné les procédures faites par le prieur des Chartreux et maîtres Maillart et Picard Juges délégués par la Cour, et les avoir conférées avec celles des vicaires du couvent des Cordeliers, il a réuni les treize pères du conseil de ce couvent, lesquels ont absous les deux premiers inculpés en les privant pendant un an du droit de prêcher et de lire en public, — la prison qu'ils tenaient depuis 14 mois ayant été considérée comme une punition suffisante; Guérin s'est « absenté pour raison de quelque faute que l'on dit qu'il a faicte en ung sermon ». — Hugonis restera consigné au couvent jusqu'à l'arrivée du Général de l'ordre, annoncée de Lisbonne et attendue vers la micarême (0.

(1) Reg. du Conseil Xi» 1564, et Preuves des liberté j de VÉglise gallicane (lôSi), t. II, p. 771. — On voit, X^a 1552^ déjà à la date du 12 avril 1548, que le père gardien, sommé de représenter frère Jehan Guérin, s'en excuse en alléguant qu'il s'est enfui. — Le 20 août 1648 le Parlement s'était plaint que Jehan Hugonis, religieux cordelier, eût eu permission de prêcher malgré sa défense — et avait décidé que le procès commencé contre lui par le vicaire du provincial de l'ordre de Saint-François serait parfait par le gardien des Cordeliers, assisté des prieurs des Chartreux, des Célestins, de Saint-Germain-des-Prés et des conseillers cidevant commis; s'il était absous, il ne devait pas être élargi et la prédication devait lui être interdite (X»» i563, à la date, et Preuves des liberté^ de l'Église gallicane [î65i] t. II, p. 728). — Le 28 septembre (Ibid.) le prieur avait reçu l'ordre de hâter le procès, et les conseillers Christophle de

22 novembre. — 179. — L'inquisiteur et l'official de l'évêque de Noyon (0 avaient fait emprisonner trois prévenus d'erreurs luthériennes, savoir Adrien Censier (^), son valet (3), et le sergent royal de la prévôté, Loys Bachelier (4). Or, comme il n'y avait à Noyon ni bailli, ni sénéchal, et que le prévôt royal n'avait qualité que pour enquérir, informer et prendre au corps, le procureur général du roi requiert le Parlement de remédier à cet état de choses en commettant le prévôt royal pour procéder en lieu et place du bailli, et en ordonnant aux commissaires commis au régime et gouvernement du temporel de l'évêque de Noyon de fournir 120 livres parisis pour les frais du procès. La Cour accède à la requête du procureur et charge, en outre, le prévôt de prendre un greffier «non suspect» (5) et d'informer secrètement contre Laurens de Normandie, lieutenant général au siège de

Marie et Jehan Cochin avaient été joints à ceux, — au nombre de deux sans doute, — qui avaient déjà précédemment été désignés. — On redemandait aussi frère Guérin.

(i) L'évêque de Noyon était Jean III de Hangest.

(2) Adrien Censier parvint à s'échapper, puisqu'il figure parmi les ajournés dans un arrêt du 7 septembre i532 contre Laurent de Normandie.

(3) Un serviteur du prévôt royal figure dans une liste des suspects d'hérésie à Noyon en i56i (A. Lefranc, La jeunesse de Calvin, p. 217).

(4) Un Anthoine Bachelier figure parmi les ajournés du même arrêt de i552.

(5) Ce passage semble indiquer que Louis Bachelier était en même temps greffier du prévôt royal.

Noyon, « que l'on dict cstre de présent à Genefve (0 et autres ses complices. . . et procéder à l'cncontrc de ceulx qu'il trouvera chargez par information»... (2)

26 novembre. — 180. — Vu les informations prises à la requête de Pierre Le Cousteux, contre maître Jehan Rapitssart, prêtre, à la Conciergerie pour hérésie, et la requête de ce dernier demandant main-levée du séquestre mis sur ses biens lorsqu'on n'avait pu l'appréhender, — la Cour le rend à l'évêque d'Angers (3), pour que ce dernier lui parfasse son procès sur le délit commun, en présence du sénéchal d'Anjou, à la réserve du cas privilégié^ accorde la main-levée demandée et baille au prisonnier « le chemin pour prison», à la charge de se rendre en l'état o\i il est par devant cet évêque (4).

3 décembre. — 181. — Loys Brouillard et Mathurin Johannet, en prison à Tours, pour erreurs^ par le bailli de Touraine, — élargis avec admonition.

— — 182. • — «Un carme condamné, pour hérésie, en perpétuelle prison », s'était évadé des cachots de l'archevêché de Tours (5J. L'archevêque est sommé

(i) Il y était, en effet, depuis le milieu de l'année 1548. (Voy. A. Lefranc, op. cit., p. 140 ss.)

(2^ On trouvera cet arrêt intégralement transcrit et commenté dans notre Bull. hist. et litt. 1888, p. 462.

(3) L'évêque d'Angers était Gabriel Bouvery.

(4) A partir de cette date nos extraits sont tous tirés du Registre criminel, X^^ 106, aux Archives nationales.

(5) Serait-ce René Garnier, dont il a été question plus haut, dans le Document n° I, sous la date du 23 décembre 1547? — L'archevêque de Tours était Georges, cardinal d'Armagnac.

de consigner 200 livres pour faire leur procès à six individus qu'on a saisis et soupçonnés d'avoir favorisé cette évasion. Le procureur général du roi se plaint « que de présent les hérésies pullulent par la négligence des prélatz ou de leurs vicaires qui ne font leur debvoir de eulx enquérir de la vie de leurs subjectz et diocésains et de fournir aux fraiz nécessaires pour l'instruction des procèz de ceulx qui sont trouvez estre malsentans de la foy catholicque ».

5 décembre. — 183. — Jehan Birauldeau, Nicolas Vaussy {?) et Denis Souriceau, accusés d'hérésie, sont renvoyés, pour que leur procès soit parfait, au sénéchal de Poitou.

10 décembre. — 184. — Sainctin Lyvef,s^cv2imentaire, condamné à être brûlé place Maubert à Paris et en effigie «au grand marché du dit lieu » (0. Retentum : s'il se repent, il sera étranglé, sinon il aura la langue coupée et sera brûlé vif.

11 décembre. — 185. — Loys Pille i^), de Meaux, prisonnier accusé d'hérésie. — Supplément d'information à prendre à Meaux.

— — 186. — Gîiillaume Faitze, condamné à

(i) Le grand-marché dont il est ici question, est celui de Meaux. Voy. Crespin, éd. de Toulouse (i885) I, 527, où ce martyr est appelé Nivet et où l'on voit pourquoi il ne périt pas avec les 14 et ne fut exécuté à Meaux qu'en effigie. Il avait été arrêté à la «foire de Saint-Martin». — Cf. Histoire ecclcsiast. I, 88, qui le présente comme une victime de la Chambre ardente.

(2) Voy. le no igS.

faire amende honorable à Étampes (0, voir son livre brûlé, puis à être banni du ro3'auine à perpétuité.

13 décembre. — 187. — lùsticnue Rochela, dit Jarroitsse, accusé d'hérésie et d'homicide, condamné à être renvoyé devant le bailli de Forestz pour que celui-ci le fasse mener des prisons de Pommyers '2) devant l'église paroissiale de Saint- Julien, oii il sera étranglé, puis brûlé.

14 décembre. — 188. — Penthaléon Hébert, à la Conciergerie, appelant du bailli de Chartres, renvoyé par devers ce dernier pour que celui-ci le fasse mener des prisons de Longuy (3) devant le grand portail de l'église de Saint-Martin, où il fera amende honorable et aura la langue percée d'un fer chaud ; puis sera étranglé et brûlé au grand marché dudit lieu. A l'avenir le bailli de Chartres ne parfera pas les procès d'hérésie, mais les renverra par devers le plus prochain juge royal.

15 décembre. — 189. — Vu le procès fait à la poursuite de Régatien Feret et sa femme à l'encontre de Geneviève Gallois, femme de Guillaume Bonvallet, pour (( propos scandaleux », et l'information faite, par ordonnance de la chambre ordonnée au temps des vacations, par maître Nicole le Conte, avocat au bailliage de Meaux, par elle commis en cette partie,

(i) Élampes, Seine-et-Oise.

(2) Pommiers, Loire, ar. de Roanne, c. de Saint- Germain-Laval.

(3) Je n'ai pas retrouvé cette localité dans le pays chartrain.

sur la vie et mœurs de la prisonnière^ suivant Tarrêt du 23 octobre dernier, — la prisonnière est relâchée avec admonestation.

15 décembre. — 190. — Quentin Hullive, « rubennier »; demeurant au champ d'Albiac, natif de Houdan (0, condamné à faire amende honorable devant Notre-Dame et devant le portail de l'église Saint- Victor^ puis à être fustigé au carrefour du champ d'Albiac et à celui de la Croix des Carmes de cette ville de Paris, et enfin banni à perpétuité de la vicomte de Paris. Il payera, en outre, à Rivière, sa femme et Catherine leur fille 10 livres pour raison des « injures de fait ou de parolles contre elles commises».

18 décembre. — 191. — Jehan Vigeoie, prisonnier pour (( blaphême ». — Supplément d'information à prendre par le bailli de Montferrant, aux frais de l'évêque de Clermont, qui déposera 40 livres à cet effet. On se demandait si l'accusé n'était pas aliéné.

— — 192. — Loys Dufay, écuyer, seigneur de Maineourt (2), fait poursuivre Loys Grisy, demeurant en cette paroisse, pour propos scandaleux. Ce dernier sera pris où on pourra le trouver et emprisonné à Montfort-l'Amaury; si on ne peut l'atteindre, il sera ajourné à 3 briefs jours sous peine d'être convaincu — et seront ses biens inventoriés.

20 décembre. — 193. — Henry Bhffoîier dit

(i) Houdan^ Seine-et-Oise.

(2) Maineourt, Seine-et-Oise, ar. de Rambouillet, c. de Chevreuse.

Dcshayrcaulx, habitant d'Aubusson ('), à la Conciergerie par le sénéchal de la Marche à Guéret; vu le rapport du chirurgien de la Cour, il sera élargi avec admonestation et ce rapport communiqué au procureur général.

5 janvier 1549. — 194. — Florent Ditbuys{^), poursuivi pour blaphêmcs et propos scandaleux par le bailli de Bar-sur-Aube (>), dont il appelle, condamné à la question que lui baillera le prévôt de Paris.

9 janvier. — 195. — Maurice Vanier, poursuivi par le prévôt de Sourdun (4) et mis à la torture, condamné à être mené des prisons de ce lieu au grand Marché et là brûlé et ses biens confisqués. Retentum usuel.

22 janvier. — 196. — Messire Etienne Guériboust, prêtre, poursuivi par le prévôt de Paris, prisonnier pour hérésie^ est renvoyé devant l'évêque de Paris pour le délit commun, avec défense « de procéder à aulcune absolucion, condemnation ou élargissement» avant qu'il ait été «décidé et discuté du cas privilégié ; pour faire le dit procès sur le dit délit commun, le procureur général appelé», maîtres Antoine Leroy et Nicole Chevalier sont commis.

(i) Aubusson, Creuse.

(2) Voy. le no igg.

(3) Bar-sur-Aube, Aube.

(4) Sourdun, Seine-et-Marne, ar. de Provins, c. de Villiers-Saint-Georges.

23 janvier. — 197. — Jehan Astnqmt l'aîné et Jehan Astnqiiot^A le jeune, poursuivis par le bailli de Sens, condamnés à la question modérée et extraordinaire que leur baillera le prévôt de Paris. S'ils confessent (retentum) , ils seront brûlés.

— — 198. — Loys Pille {^), à la Conciergerie, par le bailli de Meaux, pour «propos, etc.», a été mis à la question, où il a nié, — élargi avec admonition.

24 janvier. — 199. — Florent Dubuys (3) a été mis à la question, — condamné à faire amende honorable devant l'église principale de Bar-sur-Aube, puis à entendre une prédication contre les erreurs luthériennes, et à cet effet renvoyé au bailli.

— — 200. — Antoine Vayer, à la Conciergerie par le sénéchal du Maine, a nié à la question, sera élargi après avoir assisté à une grand'messe suivie de prédication en son église paroissiale du Mans.

— — 201 . — Nicolas Bauldry, à la Conciergerie par le bailH de Sens pour blaphême^ etc., sera mis à la question et torture extraordinaire par le prévôt de Paris. Retentum : s'il confesse, il sera brûlé; sinon fera amende honorable et sera banni pour i an.

31 janvier. — 202. — Vu la question à laquelle ont été soumis Jehan Austrignot l'aîné et Jehan Austrignot le jeune {\), accusés de blaphême, etc., — et les

(1) Voy. le n» 202, où ils sont appelés Austrignot.

(2) Voy. le n» 1 85.

(3) Voy. le n» ig4.

(4) Voy. le no j 97.

défauts obtenus à l'encontre de Doits Ragnenier , Nicolas Coticl raillé, Pierre fils de petit Jehan Gouel et

Nicolas fils àc petit Jehan Giiiotet ('), etc Condamnés

avec Nicolas Bauldry à l'amende honorable devant la principale porte de la cathédrale de Sens et à assister à une prédication, puis Jehan Austrignot le jeune sera fustigé par 3 jours et banni à perpétuité du royaume, ses biens étant confisqués, et Nicolas Bauldry banni pour un an. Les défaillants sont déclarés atteints et convaincus, et Denis Raguenier sera brûlé s'il peut être pris, sinon en effigie, puis ses biens seront confisqués avec ceux des trois précédents. Les autres défaillants sont bannis à perpétuité, et le bailli devra faire tous ses efforts pour les atteindre.

I^^ février. — 203. •— Robert Cabot, à la Conciergerie par le bailli de Chartres, pour blaphême, etc., relâché avec admonition.

4 février. — 204. — Etienne Gannerelles (2), à la Conciergerie par le sénéchal de Bourbonnais, pour erreurs et incendie, condamné à faire amende honorable devant le grand portail de la principale église de Moulins, et pour l'incendie il sera fustigé par les carrefours de la ville, banni du royaume à perpétuité et ses biens confisqués.

6 février. — 205. — Nicolas Georges, à la Conciergerie par le bailli de Touraine, pour propos, etc.,

(i) Ce Nicolas Guiotet, natif de Neufville-sous-Gié, fui 10 ans plus tard brûlé, sans avoir voulu appeler de sa sentence; voy. Hist. ecclés. I, i33.

(2) Voy. le n" 83.

a nié en la présentation de la question, — élargi avec admonition.

9 février. — 206. — Pasquette Carton (0, à la Conciergerie par le bailli de Hesdin pour propos, etc., vu ses dénégations en la torture et question extraordinaire, est condamnée à faire amende honorable devant la porte de l'église principale de Hesdin, puis à être fustigée par trois jours et bannie du royaume à perpétuité, ses biens étant confisqués.

— — 207. — Jean de Therouenne, conseiller, commis par la Cour pour informer et procéder contre les hérétiques d'Amiens, «mesmement» au sujet du bris d'une image de la Vierge, en a examiné plusieurs, mais pour aller plus outre et étendre ses opérations, il lui faut « provision de deniers ». Le procureur général du roi représente que^ comme ces « crimes w procèdent de la non-résidence de l'évêque d'Amiens C^), ce dernier devrait fournir 200 livres et le lieutenant et bailli d'Amiens devraient donner aide et comfort à Therouenne. La Cour déclare que l'évêque avancera 100 livres parisis^ sauf à se récupérer sur les biens des hérétiques; si dans 8 jours il ne s'exécute pas, il y sera contraint par saisie de son temporel.

II février. — 208. — Maître Loys Damboys , accusé d'erreurs, etc., en avait appelé de l'official de Tours à celui « de la primace de l'archevêque de

(i) Voy. les nos 26 et 1-2.

(2) L'évêque d'Amiens était François III de Pisseieu, frère de la duchesse d'Étampes et de la dame de Canny.

Lyon » (0, lequel avait donné sentence interlocutoire; il est renvoyé à 6 semaines et les régisseurs de ses biens consigneront 60 livres pour la suite du procès.

13 février. — 209. — Aniome et Guillaume Charhomictz , à la Conciergerie par le sénéchal d'Auvergne, pour blaphcme et hérésie, feront amende honorable devant la principale porte de l'église paroissiale de Riom, y assisteront à genoux, etc., à une prédication et seront fustigés par les carrefours de Riom et d'Issoire à jours de marché — renvoyés à cet eftet par devers le sénéchal ou son lieutenant, «autre que de Combes» auquel la Cour enjoint de faire à l'avenir plus grande diligence contre les accusés d'hérésie. En outre, le sénéchal doit arrêter Jehan de Partout, tisserant du lieu d'Autong* (2) et un nommé Charles, aussi tisserant, serviteur de Pierre Ferrieres, demeurant à Villeneufve (5), et instruire leur procès jusqu'à sentence définitive ou de torture exclusivement.

— — 210. — Le procureur général du Roy se plaint de n'avoir pu saisir Lancelot du Monceau (4), accusé de plusieurs crimes et délits et maléfices « mesmement de blaphemes et erreurs luthériennes »,

(i) L'archevêque de Lyon était Hippolyte d'Esté, cardinal de Ferrare.

(2) Cette localité doit être en Auvergne, mais je ne l'y ai pas retrouvée.

(3) Sans doute La Villeneuve, Puy-du-Dôme, ar. d'Issoire, c. de Saint-Germain-de-Lembron.

(4) Voy. les n"' 54, io3, i3g, 2/6 et 28g,

qui se retire «es maisons et seigneuries de Navere '0 et de Thignonville assis es pays de la Beaulce et foretz d'Orléans, qui sont maisons fortes ». Comme aucun sergent n'ose aller faire exécution es dites maisons, le procureur requiert une commission pour le prévôt des maréchaux et ses archers. La Cour désigne le prévôt, maître Claude Genton ; si Lancelot résiste, on saisira les seigneuries. En attendant, les régisseurs de ses biens rendront compte de leur administration.

l8 février. — 211. — Pierre Auvouyer, Thibault et Jacques Maroiz (2), à la Conciergerie , par maître Gautier Rasseteau, conservateur des privilèges royaux de l'université de Poitiers, pour erreurs. La Cour demande un supplément d'information et, à cet effet, donne commission au procureur du Roi^ pour maître PYançois Doyneau, lieutenant général au siège de Poitiers, le sénéchal de Fontenay-le-Comte,les lieutenants civil et particulier de ce lieu et de Saint-Maixent, pour le premier requis d'entre eux. Et quant aux frais, le receveur ordinaire de la Rochelle consignera 80 livres. En attendant, les inculpés sont consignés à Paris et faubourgs.

21 février. — 212. — Colleson Henry on , Aumesson Colleson , sa femme, et Etienne Thierret, à la Conciergerie, par le bailli de Vitry ou son lieutenant à Sainte-Menehoud, pour erreurs, le premier ayant nié à la torture, sont condamnés: Henryon, à faire amende honorable devant la porte de la grande église

(i) Navéi^i), Oise, c. d'Attichy.

(2) Voy. les n°s :,>/, io5^ iii, -2^5 et 2gi.

de Sainte-Mcnehoud, avoir ses biens confisques et être banni du royaume à perpétuité. Sa femme Aumesson assistera à l'amende honorable et Thierret à une grande messe dans l'église de sa paroisse.

21 février. — 213. — Augustin Cour tin ^t Gttillemette Hacqucti^), sa femme, à la Conciergerie par le bailli d'Amiens, pour blaphême, etc., cette dernière aj-ant nié à la question, condamnés à faire amende honorable en leur église paroissiale.

— — 214. — Pierre Lebesche , Pierre Leconte, Anibroise Lcgaii et Jehan Triibeau, à la Conciergerie par maître Jean de Therouenne (Amiens), pour blaphême, etc. Nicolas Lebesche et sa femme, « maistres et conducteurs » des dessus dits seront pris au corps pour leur faire leur procès, ensemble à François Fevin , par le même conseiller jusqu'à sentence définitive ou de torture exclusivement.

22 février. — 215. — Ambroise Pachot , à la Conciergerie par le juge des biens et chapitre de Sens « au lieu de Véron » [^), — le procès sera communiqué au procureur du Roi pour le regard des blaphèmes.

23 février. — 216. — Henry le Roy, à la Conciergerie, par le bailli de Vitry ou son lieutenant à Sainte-Menehoud, pour erreurs, sera relâché avec admonition.

— — 217. — Jacques Chevallier (3), prisonnier

(i) Voy. le no g5.

(2) Véroyi, Yonne, ar. et c. de Sens.

(3) Voy. les n"^ 256 et 25j.

à Amiens, par le bailli, pour erreurs; ses livres seront soumis à la Faculté de théologie de Paris.

25 février. — 218. — Nicolas Celiers, sayetier, au beftroi d'AmienS; par le bailli du lieu, pour hérésie, élargi avec défense d'avoir en sa possession «aulcuns livres réprouvez».

— — 219. — André Poignard ^^). Gabriel Galors, Claude de Bauge et Jacques Bourdel deman den son renvoi au bailli de Chartres en joignant à son procès les informations que les suppliants ont fait faire « par ordonnance de la dite Court sur plusieurs cas mauvais et desvoyans de la saincte foy catholique», à rencontre dudit Poignart. — Accordé.

— — 220. — Jacques Chassin et Jehan Degrez, à la Conciergerie par le bailli d'Amiens, ont nié les blaphêmes, etc., à la torture et question extraordinaire à laquelle ils ont été soumis. Jehan Degrez fera amende honorable devant le grand portail de la cathédrale d'Amiens, sera fustigé par 3 jours, banni à perpétuité et ses biens confisqués. Jacques Chassin assistera à une grand'messe à la cathédrale.

26 février. — 221. — Jehan Frère dit Fremyet {^), à la Conciergerie par le bailli d'Amiens pour blaphêmes, etc. — Vu un arrêt interlocutoire du dernier jour de juin — assistera à une grand'messe à la cathédrale d'Amiens, puis fera amende honorable devant le grand portail et entendra une prédication.

(i) Voy. les no^ 228 et 354, (2) Voy. le no 7J.

27 février. — 222. — Jclmn Donc dit Seiirnoimnc, autrement Bourguignon, à la Conciergerie par le prévôt d'Orléans, à la requête du procureur général et de Martin Aubcrt, pour crime d'hérésie pour lequel il avait été condamné à la fustigation à Orléans et à 40 1. p. envers Aubert, invoque sa qualité de clerc. On lui donne un délai d'un mois pour recouvrer ses lettres de cléricature,

28 février. — 223. — Frère Adam Veaui^), dominicaiu; avait été, par arrêt de la Cour, du 22 avril 1547, avant Pâques, renvoyé avec son procès à l'évêque de Chartres (2), pour être jugé jusqu'à sentence de dégradation si besoin, et Antoine Lecoq, conseiller, avait été commis pour assister l'official. — Il revient avec la sentence de ce dernier (pour le délit commun) devant la Cour, laquelle, «avant que procéder au jugement pour le regard du cas privilégié », ordonne qu'il soit conduit, sous bonne et sûre garde, es prisons de Saint-Éloy à Paris» (3).

5 mars. — 224. — - « La Court, oy maistre Jacques Viarti-\), officiai d'Orléans, pour ce mandé en icelle, sur certaine balle en laquelle ont esté trouvez plusieurs livres réprouvez, qui a esté trouvée en la ville d'Orléans près la Croix-Morin. A enjoinct et enjoinct

(i) Voy. les n^s iji et 263.

(2) L'évêque de Chartres était Louis II Gaillard d'Espichellière.

(3) L'église Saint-Éloi était dans la Cité, en face la Sainte- Chapelle.

(4) Voy. les nos 5^ jq, log et 277.

à Pierre Richer, huissier en icelle, de faire commandement à maistre Verart, greffier de l'officialité d'Orléans, d'apporter ou d'envoyer par devers la dicte Court incontinent et sans délay, le procès-verbal ou la coppie d'iceluy duement collationnée à l'original; de la prise et saisie qui a esté faicte de la dicte balle et du contenu des livres trouvez en icelle, pour, iceluy veu, estre par la dicte Court, sur ce ordonné ce qu'il appartiendra par raison. »

Tavel. Bourgoing.

6 mars. — 225. — Jehan Bluteau dit Dosches, et Perret te Bouillon, Marin Triconnel, Jean Le Roy l'aîné , Jean Chappel , Michelle Regnauld, veuve de Jacques Noyrat, et Jean le Roy le jeune, et autres, à la Conciergerie par le bailly de Vitry ou son lieutenant à Sainte-Menehould, pour crime d'hérésie, conventicules et assemblées illicites — condamnés : Jean Bluteau et Perrette Bouillon à être menés dans un tombereau, des prisons de Sainte-Menehould au grand marché de la ville et illec soulevés à deux potences et brûlés, Bluteau ayant été préalablement mis à la torture, pour faire connaître ses complices « et qui estoit es leçons du molin Dosches». Marin Triconnel, Jean le Roy l'aîné et Jean Chappel feront amende honorable devant l'église de Sainte-Menehould, assisteront à une prédication et à l'exécution de Bluteau et Perrette Bouillon, puis Chappel sera fustigé et Marin Triconnel banni du royaume pour trois ans. Quant à Jean le Roy le jeune et Michelle Regnault, veuve de Jacques Noyrat, la Cour demande un supplément d'informations et des témoins dans un délai d'un mois. —

Retcntimi: Si, en la torture, Bluteau charge Jean le Roy l'aîné, Jean Chappel et Marin Triconnel, on surseoira à la sentence donnée contre eux et complétera leur dossier. Si Bluteau ne charge pas Jean le Roy jeune et Michelle Regnault, le bailli pourra les élargir. Enfin si Bluteau et Perrette Bouillon ne persistent pas dans leurs erreurs, ils seront préalablement étranglés, sinon, la langue leur sera, aussi préalablement, coupée.

7 mars. — 226. — Simon Serpieri^), à la Conciergerie, pour blaphcmes, etc. — On tiendra compte des informations faites à la requête du procureur général du Roi, par les conseillers Antoine Lecoq et Pierre Hotman, commis à cet effet.

8 mars. — 227. — Jean Bourgeois dit Hector, appelé Y enfant sans soucy {^), natif de Rouen , à la Conciergerie par le bailli de Noyon, pour blaphêmes — sera conduit en un tombereau, de la Conciergerie au cimetière Saint-Jean de cette ville de Paris, où il sera soulevé à une potence qui y sera dressée et autour de laquelle sera fait un feu dans lequel il sera ars et brûlé, et ses biens confisqués, après avoir été préalablement mis à la torture et question extraordinaire pour faire connaître ses complices. Retentum : étranglé s'il ne persévère, langue coupée, sinon; a été prononcé et exécuté le même jour.

— — 228. — André PoignartM, au petit Châtelet par Gabriel Galloys, Claude Bauge et Jacques

(i) Voy. les n°s 2'-^ 4 et 346.

(2) Voy. aussi le n" 243.

(3) Voy. les no^ 2/9 et 3^4.

Bourdel; vu l'arrêt du 7 février, requiert d'être mené à Chartres pour que le bailli lui fasse son procès pour crime d'hérésie, La Cour ordonne à ses parties d'exécuter cet arrêt dans les trois jours, faute de quoi il sera exécuté à leurs frais sauf le droit pour eux, de se récupérer éventuellement sur les biens de l'inculpé.

9 mars. — 229. — Vu les informations faites du 18 décembre 1547 au 14 janvier 1548 par le bailli de Bray (0 contre maître Jean de Bynart , prêtre de ce lieu — ce dernier sera pris au corps et mené aux prisons archiépiscopales de Sens, où l'archevêque commettra un bon personnage pour lui faire son procès sur le crime d'hérésie, avec le bailli de Sens, que la Cour commet pour le délit commun, après quoi il sera transféré à la Conciergerie pour le cas privilégié.

— — 230. — Pierre Le Maçon, à la Conciergerie par le sénéchal du Maine, pour blaphêmes sacramentaires, etc., sera mené dans un tombereau depuis les prisons de la Ferté-Bernard (^), au grand marché de ce lieu, puis soulevé à une potence, brûlé et ses biens confisqués. — Retentum ordinaire.

1 1 mars. — 231 . — Maître Jean Rivière, prêtre, à la Conciergerie par le prévôt de Paris, pour blaphêmes, — l'évêque de Chartres baillera vicariat à Nicole Hennequin et François Denier, conseillers, pour l'instruction et perfection du procès sur le délit commun, à la charge du cas privilégié, pour lequel assisteront maître Jacques le Roux, Antoine Lecoq

(0 Bray -sur-Seine, Seine-et-Marne, ar. de Provins. (2) La Ferté-Bernard, Sarthe, ar, de Maniers.

et Pierre Hotinan , aussi conseillers — défense de l'élargir, et dans la huitaine l'évoque de Chartres consignera 60 livres parisis pour les frais.

II mars. — 232. — Biaise Fntctier i^), seigneur du Croissant i-\ à la Conciergerie pourblaphêmes, etc. La Cour demande un supplément d'informations qu*on prendra auprès d'un nommé Declite, autrefois serviteur du prisonnier et maintenant celui de Jean Ango^ vicomte d'Arqués, et y demeurant, et auprès de Charlemaine, à la Tête -Dieu près les Halles de Paris, témoins désignés par maître Jean de la Chambre, pédagogue , demeurant en cette ville près la porte Saint-Victor.

— 233. — Maître Thibault Brosses (}), cha-

noine à Saint-Martin de Tours, ayant « obtenu lettres patentes du Roi, par lesquelles luy auroit esté quicté, remys, pardonné et aboly les condemnations de amende honorable, prouffictable et bannissement et autres condemnations contenues en l'arrest contre luy donné par les commissaires ordonnez par le Roy pour la Visitation et jugement des procès faits à rencontre des hérétiques », se plaint que malgré ces lettres, en vertu d'un arrêt de la Cour, du mois de janvier dernier, il aurait été constitué prisonnier à Tours — et requiert sa mise en liberté. La Cour ordonne au bailli de Touraine de l'envoj'er sous bonne et sûre garde à la Conciergerie.

(i) Voy. le 11° 255.

(2) Le Croissant, Manche, c. de Saint-Paix r

(3) Voy. les n°^ qi, i3i et 242.

11 mars. — 234. — Simon Serpieri^), à la Conciergerie par le sénéchal de Poitou^ sera, dans le délai d'un mois, confronté à ses témoins par maître René Dausseure, assesseur au siège de Poitiers, pour ce commis et auquel sera remis le procès.

— — 235. — Jean Le Fevrei^), à la Conciergerie par le prévôt de Paris, pour blaphêmes et crime d'hérésie, — a confessé en la torture et question. Il sera sursis au jugement jusqu'à ce qu'un nommé Brioude ait pu être appréhendé et interrogé.

12 mars. — 236. — Mathurin Morchouasne , à la Conciergerie par le sénéchal du Maine, pour blaphêmes, etc., fera amende honorable devant le grand portail de la cathédrale du Mans, puis assistera à une prédication, après quoi il sera banni du royaume pour un an.

14 mars. — 237. — Jeanne Foiiroitge dite Loserio et Isabelle Despinassel i^) •, à la Conciergerie par le bailli des montagnes d'Auvergne, pour blaphêmes . sacramentaires. Cette dernière aura la question modérée et l'autre sera mise à la torture et question extraordinaire, que leur baillera le prévôt de Paris.

— 238. — Pierre Portier, à la Conciergerie, par maître Gaultier Rasseteau, pour deux dépositions contradictoires, la première devant maître Antoine Symonneau, la 2^ devant Rasseteau, contre Pierre

(i) Voy. les no* 226 et ?46.

(2) Voy. le n» 366.

(3) Voy. le no 25o\

Aitvouycr, T/iibaitt et Jacques Maroys i^), consignes à Paris pour hérésie — sera fustigé sous la custode des prisons de la Conciergerie et banni pour un an de l'Ile de Ré sur peine de la hard. Prononcé et exécuté le mciiic jour, au prisonnier, pour ce actainct en la chambre de la question.

14 mars. — 239.— Antoine de RoillyK^), éleu d'Amiens, prisonnier à Lamarge ('3), requiert que — attendu que le bailli d'Amiens lui avait fait son procès pour crime d'hérésie, lequel vu par la Cour celle-ci lui avait accordé main-levée de ses biens et l'avait mis en la maison d'un sergent d'Amiens il y a environ trois ans, depuis lequel temps il a vécu catholiquement, ce qui n'a pas empêché ses ennemis capitaux, (t soubz coulleur de quelque rescript ou mandement d'informer contre les accusez d'hérésie, et pour le priver de ses biens et office », de le faire constituer prisonnier, où il est « debtenu en grande calamité et misère», et de lui saisir derechef ses biens — il lui soit accordé main-levée, élargissement et restitution de son office, avec permission d'ajourner ses accusateurs. Le procureur général du Roi ayant vu l'inventaire des biens et le service d'emprisonnement du supphant et con-

'i) Voy. lei n"s 21, io5, iii, 211 et 2g i.

(2) Le vrai nom de cet officier public est Antoine de Rély, famille considérable d'Amiens, dont le nom se rencontre à chaque page des registres de l'échevinage de cette ville. Voy. aussi le no 252.

(3) Le greffier du Parlement a entendu Lamarge au lieu de la Barge, qui était la prison du chapitre à Amiens et qui, si je ne me trompe, y existe encore et y sert encore comme lieu de détention.

senti à la main-levée^ mais demandé à voir le procès^ la Cour partage l'opinion du procureur et demande que le procès soit apporté au greffe dans la quinzaine après la signification de l'arrêt.

15 mars. — 240. — Jean Thomas, à la Conciergerie, par le prévôt de Paris, pour crime d'hérésie ; l'inculpé nommera, dans le délai de trois jours, ses témoins à décharge, qui seront interrogés dans la huitaine.

16 mars. — 241. — Jean Pretaire^^), à la Conciergerie par le bailli de Meaux — se dit prêtre, avoir pris ses ordres à Rouen et que le certificat est en la possession de son père. La Cour lui donne un délai d'un mois pour le faire venir et ce pendant le livre trouvé en sa possession sera montré à la Faculté de théologie de Paris.

— — 242. — Maître Thibaut Brosses i^), chanoine de Tours, s'est évadé des mains de Michel Compaing, sergent royal en la sénéchaussée d'Auvergne, qui devait le mener aux prisons de Clermont-Ferrant, selon l'arrêt contre lui donné quand il était au petit Châtelet, par le registre de la geôle duquel « appert ledit Compaing avoir pris la charge de la conduite du dit Brosses ». Compaing est ajourné à comparaître pour répondre au procureur général du Roi — et s'il ne comparaît {retentwn), il sera pris au corps et ses biens saisis.

— — 243. — Clément Lourdet dit Narcissus ,

(i) Voy. le n» 343.

(2) Voy. les n°' gi, i3i et 233.

Jean de la Garde dit En Cas, René Pomponne dit Leaiidct, Noël Lemailrc dit Tfoillus , Michel Boucher dit Priani, Anloine Value dit jflscanaïs, autrement appelé les enfans sans souci (0, à la Conciergerie par le prévôt royal de Noyon, pour propos scandaleux — condamnés à l'amende honorable devant le grand portail de Notre-Dame de Paris, déclarant qu'ils ont témérairement parlé de Dieu et des Saints « et qu'ils ont tenu en leur possession livres réprouvés )), assisteront à une prédication et les livres seront brûlés en leur présence. (Fait en parlement le 9 mars, prononcé et exécuté le 17. — )

18 mars. — 244. — Noël Maillart, à la Conciergerie par le bailli de Chartres, pour blaphémes, etc., assistera tête et pieds nus, etc., à une grand'messe suivie d'une prédication, puis fera amende honorable devant le grand portail de la cathédrale et le livre réprouvé et censuré trouvé en sa possession^ sera brûlé en sa présence. Il sera ensuite mené à Bresolles (2), où les mêmes cérémonies se reproduiront, moins celle de l'incendie du livre; enfin il est banni pour cinq ans et admonesté, entre autres, de ne faire « aucunes prédications publiques ni privées, ni avoir de livres prohibés, ni tenir aulcunes escolles, sur peine du feu. ))

20 mars. — 245. — « Sur la requête présentée en la Court de céans par le procureur général tendant à fin que inhibitions et défenses fussent faictesauxmar-

(i) Voy. aussi le no :j 27.

(2) BrejoUes, Eure-et-Loir, ar. de Dreux.

guilliers des paroisses de ceste ville de Paris de recevoir ou bailler permission à aulcuns de prescher es dictes parroisses sans congé ou permission des curez d'icelles ou de leurs commis ou supérieurs, et pareillement faire défenses aux dicts marguilliers de ne recevoir aulcun prédicateur à prescher qu'il ne soyt docteur ou licencié ou bachelier formé en théologie de Paris ou d'autre université ou ayant la charge parochial comme curez, vicaires et autres ayant dignité en religion réformée, non suspectz et desquelz ilz ayent certilfication de celuy ou ceulx à qui il appartient. Et aussi aux chefs des religions (i; et à leurs commis de n'envoyer ou bailler charge à leurs religieulx qui ne sont cappables et non suspectz ou autres approuvez tant en mœurs que en doctrine selon la relation de leurs supérieurs.

«Et si aulcuns y a qui soient chargez et suspectz, qu'ilz ayent à bailler les informations par devant l'ordinaire et inquisiteur de la foy pour en faire leur procès ainsi qu'ilz verront estre à faire par raison, assistez ung conseiller ou deulx de la Court pour bailler la main forte si besoing est. Aussi faire défenses à tous prédicateurs de ne prescher à Paris sinon es églises cathédralles, collégialles, couvents et parrochialles, avec inthimation aux juges, vicaires, marguilliers et administrateurs des autres églises que s'il est trouvé qu'ilz ayent introduict receu en leurs églises prédicateurs suspectz et qui ne soient ainsi certifiez estre 3'doines comme dict est; iceulx vicaires, marguilliers

(i) C'est-à-dire des congrégations religieuses ou conven' tuelles.

«m administrateurs contrevcnans, seront responsables des faultcs et inconvéniens qui en pourraient advenir et anicndables envers justice. Et oy sur ce le procureur général du Roy, et tout considéré;

(( La Court, pour obvier à plusieurs faultes et abbuz (jue l'on a commis et commect très souvent tant en ccste ville de Paris que ailleurs en plusieurs prédications faictes par gens ignorans, non expérimentez ou suspectz d'hérésie qui sont receuz indifféremment tant en ceste ville de Paris que ailleurs aux églises parrochialles et aultres et y ont presché et preschent bien souvent plusieurs propositions scandaleuses, blaphêmes perturbatives du repos et tranquilité de la républicque très crestienne contre l'honneur de Dieu, de nostre mère saincte Église catholicque et qu'il n'y est pourveu en plusieurs foyz et en beaucoup d'endroictz par ceulx qui en doivent avoir le soing et solicitude ainsi qu'il appartient; —

(I Par manière de provision et jusqu à ce que autrement et plus amplement y aura esté pourveu et sans entendre aulcunement desroger à l'auctorité des supérieurs eclésiastiques , — a ordonné et enjoinct très expressément à tous les marguilliers des églises parroichialles et autres administrateurs laiz desdites églises estre soigneulx et diligens à ce que aulcun ne presche èsdites églises qui ne soyt hommes de bonne et saincte vie et doctrine sincère vrayement catholicque, n'ayant aulcune suspition de blaphême héréticque —

« Et à ceste fin leur a défendu et défend sur peine de amende arbitraire à la discrétion de la dicte Court de recevoir doresnavant ou souffrir aulcun prescheur de

quelque estât et condition qu'il soyt^ religieulx ou séculier, qu'ilz n'ayent premièrement, quant aux dicts religieulx, la certiffication du gardien ou prieur de leur dict couvent et de deulx des plus anciens discretz d'iceulx , de leur bonne vie, doctrine, expérience et religieuse conversation des dicts prescheurs et qu'il n'y [a] en eulx aulcune suspition de blaphème héréticque contraire ou desrogante à la saincte doctrine catholicque. Et quant aux docteurs en théologie et bacheliers séculiers, qu'ils auront et bailleront aus dicts marguilliers semblable certiffication signée du doyen de la Faculté de théologie et de deux des plus anciens d'icelle, lesquelles certiffications les dicts marguilliers garderont devant eulx pour les exhiber à justice quant requis en seront, le tout sur peine d'amende arbitraire comme dit est, et de s'en prendre à eulx comme contempteurs et transgresseurs des ordonnances de la dicte Court — Et enjoint la dicte Court au procureur général du Roy de faire informer contre les transgresseurs de ceste présente ordonnance (0. d Lizet.

21 mars. — 246. — Matthieu Glcnard{'-), à la Conciergerie par maître Jean de Therouenne, pour blaphêmes sacramentaires — sera conduit dans un tombereau depuis les prisons de la ville d'Amiens jusqu'au grand marché, où il sera soulevé en une potence, brûlé et ses biens confisqués, après avoir été préalablement mis à la torture pour révéler ses adhérents. Retentutn ordinaire.

(i) Voy. ci-dessus p. CW.

(2) Voy. le n«> 2r>i.

21 mars. — 247. Jehan Dessarsi^), sayeteur, à la Conciergerie par le même, pour mêmes blaphêmcs sacramentaircs. Même sentence et même refentunt (Amiens).

— — 248. — Jeanne de BergtieSy]cur\Q?\\\Qy2i\.\ss\ à la Conciergerie par le même, pour hérésie, attendu son jeune âge, assistera à une messe en l'honneur de tous les saints et saintes de paradis en l'église de sa paroisse, puis sera fustigée sous la custode des prisons d'Amiens, et admonestée.

22 mars. — 249. — Pierre Beauquesne , demeurant en la maison du blanc bœuf à Amiens, à la Conciergerie par le même, pour blaphême, sera mis à la question pour savoir la vérité du blaphême sacramentaire. Retenhmi : s'il confesse il sera brûlé, sinon il fera amende honorable la corde au col, assistera à l'exécution des deux précédents et paiera 400 1. au Roi. — On voit plus loin, le même jour, que Pierre Beauquesne a nié en la question.

23 mars. — 250. — Geroult TrotoUot dit LediiCy Jeanne Fonronge dite Loserio et Isabelle Despinassel (^). à la Conciergerie par le baiUi des montagnes d'Auvergne — vu les dénégations de Fourouge et Despinassel en la torture, Tortollot {sic) et Fourouge feront amende honorable, le premier, la corde au col, devant le grand portail de la grande église d'Aurillac, puis assisteront à une prédication et seront bannis pour un an de l'Auvergne. Despinassel sera relâchée après

(i) Voy. Ibidem.

(2) Voy. le n° 237,

avoir assistée au prononcé de l'arrêt en l'auditoire d'Aurillac, où elle se présentera dans la quinzaine.

23 mars. — 251. — Nicolas Macquerel,2i\2. Zowciergerie par Jean de Therouenne (Amiens), pour blaphêmes, etc. Il sera sursis au jugement jusqu'à ce que la torture ait été baillée à Glenard et Dessars (0, pour voir si ces derniers le chargent en leurs dépositions; s'ils ne le chargent^ la Cour requerra un supplément d'informations contre lui. Retentunt: au cas le plus favorable , ne pourra être condamné à moins qu'à l'amende honorable et à la fustigation.

— — 252. — Maître Anthoine Direlyi^), esleu d'Amiens, et Guillaume de Sambus récusent Jean de Therouenne. Guillaume Sambus nommera dans les 24 heures après la prononciation de l'arrêt les témoins par lesquels il entend prouver les intimidations par lui proposées^ et maître François Bidaire, avocat au bailliage d'Amiens, les examinera et parfera le procès jusqu'à sentence définitive ou de torture exclusivement. Quant à Antoine Direly, la Cour ordonne à de Therouenne de passer outre. Et fait inhibitions de proposer cy après aucune récusation à rencontre dudit de Therouenne en l'instruction des procès de blaphêmes hérétiques à lui commise par la Cour, sur peine d'amende arbitraire. François Bidart {sic) fera les procès, s'il y a des causes de récusations que la Cour trouve valables. Et les biens de Direly seront de nouveau saisis malgré la main -levée antérieure-

(i) Voy. les n"* 24.6 et 1347.

(2) Voy. plus haut les notes du n" ^^U.

ment accordée. — Kt au surplus, la Cour, dûment avertie qu'en la ville et bailliage d'Amiens il y a plusieurs personnes mal sentantes de la foi, faisant plusieurs conventicules occultes damr.és et réprouves, a enjoint et enjoint audit de Therouenne de s'en informer secrètement et diligemment... et au bailli d'Amiens, ses lieutenants, avocat et procureur du Roi et tous autres officiers et sujets, de bailler audit Therouenne confort, aide, faveur et prisons... et leur défend de méfaire ou médire en la personne et biens d'icelui^ sur peine d'être réputés fauteurs de la doctrine luthérienne. Tous manans et habitans qui ont connaissance de> personnes et lieux où se font les conventicules privés, doivent les révéler dans trois jours après la publication de la présente ordonnance, sur peine d'être réputés fauteurs des blaphêmes et punis comme tels. Le procureur du Roi député par de Therouenne par ordonnance de la Cour, devra faire publier lettres monitoires en termes généraux pour admonester, sur peine d'excommuniement, tous ceux qui savent aucune chose de ce que dessus, de les venir révéler audit de Therouenne quatre jours après la publication du monitoire. La présente ordonnance sera lue en l'auditoire du bailliage d'Amiens, pour que nul ne puisse prétendre en ignorer.

Signé: Lizet. Lecoq.

23 mars. — 253. — Jean Bieude, à la Conciergerie par le bailli des montagnes d'Auvergne, fera amende honorable devant le grand portail de N.-D. d'Aurillae, assistera à une prédication exhortatoire pour l'extirpation des hérésies, à Tincendie des livres

trouvés en sa possession, puis sera fustigé par les carrefours d'Aurillac.

23 mars. — 254. — Etienne Bonteleu, à la Conciergerie, par Jean de Therouenne, pour blaphêmes, etc., fera amende honorable devant le grand portail de la cathédrale d'Amiens.

— — 255- — Biaise Fructier {^) , seigneur du Croissant, réclamé pour le Roi par son procureur, parce que le service commencé par l'inculpé pour le fait de la marine est interrompu. L'un des huissiers le mènera devers les commissaires du Roi, actuellement à Moulins, oii il finira son service, après quoi il sera renvoyé par devers la Cour, et parmi ses papiers ceux qui sont du ressort de la marine seront aussi remis à l'huissier.

26 mars. — 256. — «La Court, en voyant le procès faict par maistre Jehan de Therouenne, conseiller du Roy ou bailliage d'Amyens, commissaire par elle député en ceste partie, à l'encontre de Jacques Chevalier (2), colporteur de livres, prisonnier en la Conciergerie du Palais, auquel procès auroient esté trouvez certains livres suspectz (5) qui ont esté imprimez

(i) Voy. le no 223.

(2) Voy. les n°s 2/7 et 2 5'j.

(3) Voici la liste de ces livres, que l'arrêt mentionne très sommairement et que j'ai retrouvée dans le registre des délibérations de la Sorbonne (Arch. nat. MM. 248), laquelle les avait reçus du Parlement le i3 mars: Les Colloques d'Erasme, la Fontaine de vie, le Livre de vraye et parfaicte oraison, el Cinquante-deux psaumes, incerto aiitorc. Tous ces livres étaient prohibés et le méritaient au

en ccstc ville de Paris, aulcuns d'iceux par Jherosmc Gourniout marchant libraire de ceste dicte ville, intitulez les cinquante deux speaulmes (5/c) de David avec ung cahyer estant en la fin du dict livre intitulé les Commandcmens de Dieu, et les autres par JeJian Rueil aussi marchant libraire de ceste dite ville, intitulez familiariinn coloqiiioriun formule;

(( A ordonné et ordonne commandement estre faict aux dicts Gourmont et Rueil de comparoir en personne en la dicte Court pour respondre au procureur général du Roy aux fins et conclusions qu'il voudra contre luy prendre », et d'apporter à la dicte Court « tous les livres qu'ilz ont en leur possession de l'intitulation et qualité des autres cy dessus mentionnez, pour, ce faict, en estre ordonné comme de raison. »

Signé: Lizet. Lecoq R.

26 mars. — 257. — Qu2iTvt2i Jacques Chevalier i^), on lui interdit d'avoir des livres censurés par la Faculté, ceux qu'il avait seront brûlés en sa présence dans la prison, puis il sera élargi.

— — 258. — L'évêque d'Amiens ayant refusé de consigner les ico livres auxquels la Cour l'avait taxé pour les frais causés par les procès contre les hérétiques, les deniers provenant du scel dudit évê-

point de vue de la Faculté. La Fontaine de vie était un recueil de passages (en français) de la Bible, et le Livre de vraie et parfaite oraison renfermait la traduction de plusieurs traités de Luther (voy. Bull. XXXIIl [1888I, p. i53 et 5oo, et XXXVII [1889], P- loi-) (i) Voy. les n<>' 21 ~ et 256.

ché^ seront recoligez, saisis et arrêtés jusqu'à plein paiement des loo livres.

Signé: Lizet.

28 mars. — 259. — Guillaume Bousset , à la Conciergerie par le prévôt de Paris, vu aussi le procès contre Guillaume Morin, cordonnier, pour le même crime d'hérésie... Jean Belvel dit Janet, maître cordonnier demeurant rue de la Coutellerie sera oy et examiné ex officia dans la huitaine, ainsi que Claude Gaujard et Sanson Ducellier, compagnons cordonniers, serviteurs de Belvet — s'ils savent « aulcuns qui ayent veu le dict prisonnier hanter et fréquenter en la maison dudit Belvet, et qui est le clerc de la taverne du Molinet qu'ilz ont nommé par leurs deppositions ». — On demandera aussi à Etienne Symon praticien s'il a vu aucun des serviteurs du Moulinet qui ayent entendu dudit prisonnier les propos proférés en cette taverne — et le lieutenant criminel parfera le procès de Guillaume Morin.

29 mars. — 260. — Jehan Berthin , à la Conciergerie par le bailli de Sens, pour blaphêmes, etc. Élargi avec admonition de ne plus proférer... ni avoir de livres réprouvés.

— — 261. — Laurens le Normanti^), à la Conciergerie par le bailli et gouverneur de Vallois, pour blaphêmes, etc., — vu l'arrêt interlocutoire du 8 juin dernier — assistera à une grande messe, à genoux, etc., dans la principale éghse de Crespy (^), puis à une

(i) Voy. le no Sj.

(2) Crcpy en Valois, Oise, ar. de Senlis.

prédication et fera ensuite amende honorable devant le grand portail.

29 mars. — 262. — Pierre Wallet, à la Conciergerie par le bailli de Senlis, pour propos, etc. — élargi avec admonition.

I'''" avril. — 263. — Ytcyc AdamVeau('),^vî:irQ, religieux de l'ordre des frères prêcheurs, poursuivi par l'official de l'évêque de Chartres à Blois, assisté de maître Antoine Lecoq, conseiller à ce commis, prisonnier à Saint-Éloy (Paris — voy. 28 février). Les propositions erronnées... «non comprinses en l'abjuration faicte par le dict Veau », seront soumises à la Faculté de théologie ainsi que le procès et on attendra son jugement. Retentitm : L'archevêque de Sens, supérieur de l'évêque de Chartres, baillera vicariat à MM. Françoys Denyer et Nicole Hennequin, conseillers pour l'instruction, pour juger et décider de l'appellation interjetée par le sindic de la Faculté à la charge du cas privilégié et si ces vicaires ne donnent sentence aggravative de celle du juge ecclésiastique, « la Court ordonne que pour le regard du cas privilégié le dict Veau fera troys amendes honorables, des propositions non abjurées, c'est assavoir en ceste ville de Paris, en la ville de Bloys, et au Mans et que défenses seront faictes aux juges ecclésiastiques de l'élargir et oii il seroit par eulx élargy, que pour l'évidente suspition qu'il pourroit encore infecter les bons vrays catholicques », — il sera banni.

2 avril. — 264. — Georges Senault et Augustin

(i) Voy. les n"'^ i j i et 2 23,

Potier, à la Conciergerie par le bailli de Chaulniont en Bassigny; pour erreurs luthériennes, etc., condamnés à «faire faire ung image et représentation du dict sainct Fiacre, de la valleur et estimation de huict livres parisis, lequel sera mis et posé en lieu convenable de l'église parroichialle de Lecourt (0, et pour iceluy mectre et poser, sera faicte une procession au dict lieu de Lecourt, où assisteront les dicts prisonniers testes et piedz nudz et en chemises », et après ils entendront une prédication et feront amende honorable devant le grand portail, disant que... follement... ((ilz ont actempté à l'ymage et réputation du dict sainct Fiacre ».

3 avril. • — 265. — Frère Z)e;^/5G///^//^U), prêtre, religieux profès du couvent des Augustins de Montoire, à la Conciergerie par Tofficial de l'évêque du Mans, assisté du conseiller Lecoq, pour blaphêmes, etc. Les propositions erronnées non comprises en l'abjuration de Gillette seront communiquées à la Faculté de théologie, ainsi que le procès.

— — 266. — Vue, le même jour, la sentence de la Faculté et l'appellation du sindic de cette dernière tanquam a ininimâ, l'archevêque de 1 ours, supérieur de l'évêque du Mans, baillera vicariat à François Denyer et Nicole Hennequin, conseillers, pour juger l'appellation, et la Cour défend l'élargissement de l'inculpé.

(i) Lécourl, Haute-Marne, ar. de Langres, c. de Neuillyl'Évêque.

(2) Voy. Document I (23 juin i?47^ et le n« 353.

3 avril. - 267. - Du inCnic jour, (( maistrc Deode 4ieBesze<^), prieur des prieures de Villeserve et Longjumeau (-), et autres», seront pris au corps partout où t)n les trouvera, et si l'on ne peut les appréhender, seront ajournés à comparaître, à trois briefs jours, sur peine de bannissement et de confiscation; en attendant leurs biens seront mis sous séquestre (3;.

4 avril. — 268. — Robert Coullecfe , à la Conciergerie pour blaphêmes, etc., par Jehan de Therouenne, vu ses dénégations en la torture, fera amende honorable devant le grand portail de la cathédrale d'Amiens, puis assistera à une prédication.

• — — 269. — Maître Jehan Prunier (-0, avocat à Montfort-l'Amaury, à la Conciergerie pour blaphêmes, par le bailli de cette ville. — Dans trois jours il nommera ses témoins à décharge contre Pierre Barber3'e, Jehan Prunier, Pierre Flesche, Jehan Prunier dit Beaujehan, Mathurin Collin, Thibault et Chauveau, Mathurin Buisson et maître Guillaume de Coustelle, — ils seront examinés dans la quinzaine, et l'inculpé donnera, en outre, ses raisons contre Robert Hitebracque, Noël Lesnier et Henri Brosson.

(i) II s'agit de Théodore de Bèze, qui était à Genève depuis le 23 octobre 1548.

(2) Longjumeau, Seine-et-Oise, ar. de Corbeil ; il paraît qu'au lieu de Villeserve il faut lire Villeselve, qui est dans l'Oise.

(3) Op. trouvera cet arrêt intégralement, avec les explications qu'il comporte, dans notre Bulletin historique et littéraire de 1888, p. 53 1.

(4I Voy. le n" 354.

4 avril. — 270. — Le procureur général fait constater le refus de Germain Gestault, l'un des fermiers de partie du temporel de l'archevêque de Tours, de consigner 200 livres suivant l'ordre de la Cour du 3 décembre. S'il ne les livre, elles seront prises sur ses biens — et, en outre, les deniers provenant du scel de l'archevêque seront saisis jusqu'à concurrence de 200 livres.

5 avril. — 271. — Maître Jehan Fresnayei^), barbier, à la Conciergerie parle sénéchal d'Auvergne, pour hérésie. Condamné à la question modérée pour savoir la vérité du blasphème sacramentaire. Retentum : s'il nie, il sera condamné à l'amende honorable, à écouter une prédication, et au bannissement.

— — 272. — Denis Saulvaige ç^t Norard Badins seront pris au corps partout où l'on pourra les trouver, et si l'on ne peut les appréhender, ils seront ajournés à trois briefs jours sur peine de bannissement et de confiscation, et en attendant, leurs biens seront mis sous séquestre (2).

— — 273. — Vu les informations faites à la requête du procureur général et de Jehan de la Chastre, écuyer, contre frère Loys de Crevant, abbé de Massay (3) et autres, accusés de blasphèmes.— Frère Jehan de la Berge sera pris au corps partout où il

(i) Voy. le no 286.

(2) Voy. cet arrêt in extenso dans notre Bulletin historique et littéraire de 1888, p. 53i. Il s'agit de complices de Théodore de Bèze. Il faut lire Conrad Badius.

(3) Massay, Cher, ar. de Bourges, c. de Vierzon.

pourra être trouve, et mené aux prisons épiscopalcs de Bourges; l'évcque déléguera un bon personnage ecclésiastique pour faire son procès à l'inculpé sur le délit commun, à la charge du cas privilégié, la Cour défend de l'élargir et commet François de l'Hospital lieutenant particulier à Bourges pour voir faire et parfaire le procès.

6 avril. — 274. — La Cour ordonne au procureur général d'obtenir et faire publier des monitoires, à Paris, dans les églises de Saint-Cosme, Saint-Etienne, Saint-Sulpice, Saint-Germain-des-Prés, et par affiche à Notre-Dame; puis à Longjumeau, Villeserve, e^, par affiche, à Saint-Aignan d'Orléans, aux fins d'apprendre quels sont ceux qui se sont retirés à Genève, ont cédé leurs bénéfices contre une indemnité pécuniaire, et avec qui ces marchés ont été conclus (0.

— — 275. — Vu les instructions faites à la requête des religieux de Massay contre Jehan de la Chastre, seigneur de Brillebault, à la Conciergerie — l'inculpé sera interrogé par deux conseillers pour ce commis.

8 avril. — 276. — Loys Jolipponi^), à la Conciergerie, par le bailli d'Étampes, pour blaphêmes sacramentaires — sera mené dans un tombereau depuis la Conciergerie à la place Maubert (Paris), où il sera

(i) On trouvera in extenso cette ordonnance, qui se rapporte évidemment à Théodore de Bèze, Denis Sauvage, Conrad Badius et leurs complices, dans notre Bulletin, i888, p. 532.

(2) Voy. le no 54.

soulevé à une potence autour de laquelle sera fait un feu dans lequel il sera brûlé. Et préalablement on le mettra à la torture pour qu'il nomme ses complices et ceux desquels il a appris lesdits blasphèmes. Retentum. S'il ne persévère, il sera préalablement étranglé, sinon brûlé vif après avoir eu la langue coupée. Et si,, en la torture ou autrement il charge Guillaume du Monceau i^), prieur de Sermoises C^), et Lancelot du Monceau {y), seigneur de Tignonville, il sera confronté et servira de confrontation pour Lancelot {sic). — Prononcé et exécuté le même jour.

8 avril. — 277. — Jacques ViartU), chanoine et officiai d'Orléans, requiert d'être élargi. Vu l'arrêt d'élargissement du6 avril 1545 avant Pâques (1546 n. st. ), il sera élargi jusqu'au lendemain de la Trinité prochaine, à charge de se représenter ce jour sur peine de perdition de cause et d'être convaincu des cas à lui imposés.

9 avril. — 278. — La Cour, avertie que dans les prisons de la Conciergerie du Palais plusieurs prisonniers profèrent plusieurs propos scandaleux, ordonne au premier huissier et à Robert Aubier, aussi huissier, de faire dans la huitaine une enquête secrète dans chacun des cachots.

10 avril. — 279. — Ambroyse Pétuis)^ dit Lan-

(1) Voy. Document I (23 mai 1547) et les no^ 20, jS, i3g et 28g.

(2) Sermoise, Nièvre, ar. et c. de Nevers.

(3) Voy, les n°s 54, io3, i3g, 210 et 28g.

(4) Voy. les n°^ 8, 10, lOQ et 224.

(3) Voy. \e no 288.

^nciioréc , à la Conciergerie, pour blaphêmes, par Jean de Theroiienne (Amiens), sera mis à la torture par le prévôt de Paris. Rcteiitiiin : S'il confesse, il sera brûle, sinon fera amende honorable, écoutera' une prédication et sera fustigé.

11 avril. — 280. — Jehan Bellay, à la Conciergerie pour erreurs luthériennes, par le bailli de Chartres; Roberte, femme de Fleurant, boucher, et Pierre Lefèvre seront ouis d'ici un mois par le bailli sur les faits de reproches allégués par le prisonnier, contre Jean Duboys, dit Guillot, charretier, témoin à charge, examiné.

— — 281. — La Court, avertie que en l'évêché et bailliage d'Auxerre, il y a plusieurs personnes commettant chaque jour des blaphêmes hérétiques au grand scandale et dommage de la république, ordonne à Robert Aubier, huissier, de s'y transporter e!: recueillir secrètement, à la requête du procureur, des informations, aux dépens de l'évêque d'Auxerre <0.

12 avril. — 282. — La Cour, avertie que au bailliage des montagnes d'Auvergne, même en la ville d'Aurillac et autres lieux circonvoisins, occultement plusieurs infectés de la blaphemie secte hérétique luthérienne , s'efforcent icelle secte semer et introduire, tenans propos... et retenans et lisans aucuns livres d'icelle doctrine pestiférée, — ordonne que des articles dressés par la Faculté de théologie de Paris, une copie dûment collationnée sera publiée tous les dimanches et fêtes aux prônes de la paroisse

(i) L'évêque d'Auxerre e'tait François II de Dinteville.

d'Aurillac et autres paroisses du bailliage , par les curés et vicaires ou autres bons personnages, et expliquée en langue vulgaire, sans dépasser le contenu de ces articles. Les luminiers, évêques de Clermont(0 et de Saint-Flour et leurs vicaires et officiaux et l'abbé d'Aurillac y ayant juridiction quasi épiscopale, seront admonestés d'y tenir la main. Les propositions hérétiques y sont interdites sous peine du feu et ceux qui en sauront quelque chose devront le révéler, les avocats et procureurs du bailliage et de celui de Saint- Martin de Valmarons devront s'enquérir sur peine de privation d'office et toutes affaires cessantes et en faire informer par les juges royaux tenus de faire les procès sur les mêmes peines; les uns et les autres rendront compte de 2 en 2 mois. Les habitants apporteront dans 3 jours les livres censurés au catalogue qu'on leur envoie et en dénonceront les détenteurs sur peine d'être tenus pour hérétiques. Les officiers royaux, avocats et procureurs devront faire publier partout des lettres monitoires pour la révélation des infectés, les curés devront recevoir ces révélations et les faire rédiger et signer; les luminiers devront le faire avec diligence sur peine de 400 livres d'amende et transmettre les papiers aux officiers royaux qui devront procéder jusqu'à jugement définitif ou de torture exclusivement. Les luminiers obtiendront, sur peine de 400 livres d'amende, à Pâques, des curés, un rôle des paroissiens en âge de communier, où les absens seront marqués, ainsi que ceux qui n'auront pu

(i) L'évêque de Clermont-Ferrand était Guillaume III du Prat.

venir, et ce rôle sera envoyé aux officiers royaux. Cette ordonnance sera publiée à son de trompe, à Aurillac, Saint-Flour, Saint-Martin deValmarons('), Salers(-), à jour de plaids, et à Mauriac. Enfin les évêques sont invités à faire faire des prédications par de bons et notables personnages.

Signé: Lizet. Bourgoing.

12 avril. — 283. — Pourlebailliage d'Auxerre, Gyen et autres lieux circonvoisins, mêmes plaintes et même ordonnance que la précédente, — les luminiers sont ici des marguilliers. Chacune de ces deux ordonnances se termine par une menace contre les évêques qui « contempneront la présente admonition, de user envers eulx de ce qui est permis au Roy nostre souverain seigneur et à sa Court de Parlement, contre les prelatz qui ne veulent obéyr aux saincts canons et decretz eclesiasticques ». — Cette dernière ordonnance n'est signée que par Lizet.

— — 284. — Vierre Fontaine, à la Conciergerie pour blaphêmes par le bailli de Meaux, a nié à la torture à laquelle il a été condamné le 3 janvier 1547 (1548 n. st.), — Il sera élargi.

— — 285. — Maître Guy Bellay, prêtre, à la Conciergerie par le prévôt de Paris, pour blaphêmes, etc. — rendu à Tévêque de Paris qui lui parfera son procès sur le délit commun, à la charge du cas privilégié s'il y a lieu — et admonesté.

(i) Saint-Marti)i-de-Valmeroux, Cantal, ar. de Mauriac. (2) Salers, Cantal, c. de Mauriac.

12 avril. — 286. — Maître Jehan Fresnaye('), barbier, à la Conciergerie pour propos, etc., par le sénéchal d'Auvergne — a nié en la torture. Il sera mené des prisons de Riom, tête et pieds nus et tenant une torche, etc., jusque devant le portail de l'église Saint- Amable, où il fera amende honorable, assistera à une prédication et sera ensuite banni à perpétuité de l'Auvergne. Admonition au sujet de livres prohibés.

— - — 287. — L'archevêque de Bourges '» consignera 400 livres aux mains de François de l'Hospital, lieutenant particulier à Bourges, pour les procès contre les hérétiques, sauf à se récupérer éventuellement sur les biens confisqués des condamnés.

13 avril. — 288. — Pierre Groscueur et Anibroyse Peiu (3) dit Languedorée, Pierre Lemort et Clément Le Rat, à la Conciergerie pour propos, par Jean de Therouenne; vu les dénégations de Petu en la torture — feront tous amende honorable, Pierre Groscueur ayant la corde au col, dev'ant le grand portail de la cathédrale d'Amiens, et écouteront une prédication, puis Pierre Petu sera fustigé.

— — 289. — Vu les trois défauts à trois briefs jours obtenus les 24 mars, 14 mai et 21 mai 1548, contre Lancelot du Monceau u), seigneur de Tignonville, et les témoins examinés en faisant le procès

(i) Voy. le no 27 /.

(2) Jacques Leroy.

(3) Voy. le n» -i-q.

(4) Voy. les n°5 5./, i o?> , i3f), 2 1 0 et 270.

à son frère Gidllaiiniei^), prieur de Sermoises; le dcfaillant est déclaré atteint et convaincu des erreurs luthériennes dont il était chargé, et condamné à l'amende honorable devant le grand portail de l'église de Tignonville, et au bannissement du royaume, à perpétuité, ses biens confisqués.

13 avril. — 290. — Vu la requête présentée le l6 novembre dernier à l'effet d'obtenir jugement et dommages et intérêts contre Maixant Poictevin et autres, par les prisonniers suivants : Jacques et Guillaume Prousteaulx, Marie Griffiere, femme de Jacques, Pierre Brethef, Jehan Lamberton, Mathurin Frappier dit Gand, Synioune la Morisseiuic dite la grant Simonne , Denis Blanc het, Jehan Bournaveau, Pierre Very, Françoys Chauvct , Jacques Dexniier, Jehan Boucquet, Jacques Gaillart, Marie HousmeaUy Gtullaume Pineau, André Duryvaull y Jehan Monot, Guillaume Geoffroy, Ligier Chendon, Catherine Chezendonne, femme de Guillaume Geoffroy^ JehanneMannie (?), veuve de Françoys Esfuelle, Catherine Raboys , femme de Pierre Bêche f , Georges Altran, Jacques Rousselle, Antoine Fouasseaii et Jehan Le Grand dit Desnon , prisonniers à Saint-Maixent, pour hérésie, par le sénéchal de Civray ou son lieutenant à Saint-Maixent — seront tous élargis, et Maixant Poictevin , messire Pierre Charles, prêtre, et Christophle Denichot, aussi prêtre, demeurans à Souvigné, Mcry Herbert, sergent féodal de l'abbaye de Saint-Maixent, messires Jehan Sarraut et Jehan Roul-

is) Voy. Document I (25 mai 1547) ^^ '^^ n^^ 20, 7 (S', li^q et 276'.

/eau^ciuss'i prêtres, demeurans à Souvigné, sont ajournés à comparaître. — Prononcé le môme jour.

15 avril. — 291. — Anthome Hardoum , mcss'w'Q: Robert Testart et Anthoine Macquaire^^), à la Conciergerie par Maître Gaultier Rasseteau, conservateur des privilèges royaulx de l'université de Poitiers, pour dépositions contradictoires dans le procès contre Pierre Avouier, Thibault et Jacques Maroys(^), — sont condamnés à l'amende honorable à l'auditoire de la ville de Poitiers; en outre Hardouin sera fustigé et Testart banni de l'île de Ré pour cinq ans. Fait le 8 et prononcé le 15.

29 avril. — 292. — Abdevelle Dufemple , à la Conciergerie pour blaphêmes, etc., par le prévôt de Paris, nommera dans trois jours les témoins qui doivent prouver le reproche par lui proposé à l'encontre de Claude Goubot, témoin à charge. En outre le nommé Monsieur Pignan, un appelé Chevalier et le frère de Jehanne Decamp, seront ouis et examinés; et aussi frère Michel Bagongnier, religieux profès de l'Ave Maria de Paris, sera enquis sur la vie du prisonnier et pour savoir s'il a été fait cordelier, le prisonnier devra, dans le délai de trois semaines, fournir ses lettres de prêtrise.

— — 293. — Nicolas Pataiges, à la Conciergerie pour blaphêmes, etc., par le prévôt de Paris; ses mère, sœur et femme seront examinés dans la huitaine.

(i) Voy. le no 21 .

(2) Voy. les nos 21, io5, iii, 211 et 238.

29 avril. — 294. — Vu le procès contre Pierre Rat, prévôt, fermier de Luzignan, à la Conciergerie: pour subornation de témoins au procès fait par le sénéchal du Poitou contre JeJiaii Bertraiid(^), naguère prisonnier à la Conciergerie pour hérésie, dont le chargeait la déposition de Médard et Mathurin Belins, témoins prétendus subornés par Pierre Rat. — Ce dernier sera mis à la torture modérée; s'il confesse, il est entendu qu'il sera condamné à mort; si au contraire il nie, les parties seront reçues en procès ordinaire.

Il y a ici une nouvelle lacune d'un semestre (mai à octobre 1549), sur laquelle j'ai appelé l'attention plus haut, page CVl. Cette lacune ne pouvant être comblée à moins de découvertes inespérées, j'ai pris le parti de numéroter, à la suite des arrêts qui précèdent, ceux de novembre 1549 à mars 1550, qui forment la lY^ et dernière série de ces Documents inédits.

[i) Voy. le no 14-.

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