THÉÂTRE INDO-CHINOIS
Citons encore le superbe plan en relief exposé par la Compagnie des Docks et Entrepôts de Marseille et représentant avec une saisissante exactitude les immeubles, hangars et bassins compris dans le périmètre de sa concession.
tout autour et au delà du grand hall, les diverses sections de l’alimentation, des cuirs et peaux, vêtements, ameublements, habitations, voyage, bijouterie, pharmacie, droguerie, produits chimiques, papeterie, imprimerie, outillage, matériel d’exportation, etc... se pressaient comme en ordre de bataille, alignant à l’envi stands et pavillons, et l’infinie variété de leurs produits attestait éloquemment que le génie commercial de l’antique Phocée, loin de dégénérer au cours de ses nombreuses transformations, n’avait fait que s’accroître et s’amplifier de toutes les ressources nouvelles que la science moderne mettait à sa disposition.
Deux expositions, d’un caractère bien différent, méritent enfin une mention spéciale, à cause de leur importance respective et de la perfection de détails et d’organisation qui les distinguaient.
La première, située à gauche de la salle des Fêtes, était cette merveilleuse Exposition d’art provençal organisée par les soins de M. Louis Milhau, adjoint au maire et de M. Philippe Auquier, conservateur du Musée des Beaux- Arts, et où le talent de nos artistes et la complaisance de nos amateurs avaient accumulé des chefs-d œuvre de toutes sortes : tableaux, aquarelles, dessins, pastels, gravures, statues, meubles anciens et modernes, bijoux, orfèvrerie, cristaux, faïences de Marseille et de Moustiers .
A droite de la salle des Fêtes, c’était la remarquable section des corps gras , qui occupait une position symétrique de celle de l’Art Provençal. On trouvait là, groupés dans un ordre et une représentation synthétique parfaite, tous les appareils et produits ayant servi ou servant à 1 industrie de la matière grasse, source principale et traditionnelle de la
richesse de noire cité. La récolte des olives, l’importation des graines oléagineuses, les huileries, les savonneries, les stéarineries, la fabrication des glycérines et autres dérivés, sont en effet pour Marseille ce qu’est la soierie pour Lyon et l’industrie textile pour la région du Nord. Cette section, dressée suivant les plans de M. Milliau, directeur du Laboratoire officiel, était présidée par M Léonce Usslaub, assisté de MM. Emilien Rocca, membre de la Chambre, Victor Régis, président du Syndicat des Fabricants d’huiles, Adolphe Gouin, président du Syndicat des Fabricants de savon, Emile Lombard, membre de la Chambre de Commerce, président du Syndicat des produits chimiques, Gaillard, président du Syndicat des Négociants en huiles d’olive et Rastit, industriel. Elle offrait aux visiteurs une histoire détaillée de la matière grasse à travers les âges, dans la Science, l’Industrie et le Commerce, avec reproductions en miniature d’appareils et d’usines, plans en relief, maquettes, etc. . . Nous citerons particulièrement sous ce rapport la curieuse reproduction d’une savonnerie au xvme siècle et le moulin à huile tunisien exposé par M. Revoil. De leur côté, nos fabricants avaient exposé dans des salles annexes de nombreux échantillons de leurs produits.
Mentionnons enfin, en terminant, les deux annexes situées derrière le Grand Palais et affectées à l’industrie mécanique et aux transports ; on y trouvait des machines de toutes sortes, moteurs à gaz pauvre, moteurs hydrauliques, presses à fourrage, pétrisseuses mécaniques, machines pour moulins, machines à découper, tuyaux, pompes, pièces de fonderie, alambics, filtres, appareils frigorifiques, roues, bois de charronnage, véhicules coloniaux, etc... Bref tout le matériel agricole et industriel usité aux Colonies.