III. — Section Indo-Chinoise
Au nord-ouest du Grand Palais, dans l’angle compris entre le chemin de Sainte -Marguerite et le boulevard Rabatau, s’étendait le vaste emplacement(35.000 mètres carrés) réservé aux Palais d'Extrême-Orient . Le Palais de Tlndo-Chine en formait le centre, avec le Tonkin, la Cocbinchine et l’Annam à son aile droite, le Cambodge et le Laos à son aile gauche.
Pour couvrir les frais de sa participation, le Gouvernement général de l’Indo-Chine avait établi un budget spécial d un million cinq cent mille francs ; il avait ensuite créé une organisation administrative complète, à la tète de laquelle se trouvait M. Baille, commissaire général de la section, secondé par cinq autres commissaires qui se partageaient les subdivisions : M. Outrey, pour la Cocbinchine; M. Hauser, poui le Tonkin ; M. Baudoin, pour le Cambodge ; M. Casse-Bai the, pour l’Annam et M Raquez pour le Laos. Nous devons ajoulei qu’un fonctionnaire colonial des plus distingués, M. lien r i
. Brenier, directeur-adjoint de l’agriculture, des forêts et du commerce de l’Indo-Chine, ancien directeur de la Mission Lyonnaise en Chine, avait été détaché tout spécialement pour être le collaborateur de M. Baille dans l’exposition des services généraux de l’Indo-Chine. Les constructions et travaux avaient été confiés à deux architectes distingués, MM. Vildieu et Lagisquet, qui réussirent à donner l’illusion parfaite de cette civilisation si différente de la nôtre, avec ses édifices d’un style bizarre et tourmenté, ses pavillons ajourés, ses peintures éclatantes, ses génies et ses dragons.
Trois ponts jetés sur des bassins marquaient l’entrée principale de la section Indo-Chinoise. Le pont du milieu, de style cambodgien, gardé à chaque extrémité par des lions khmers, était dit « Pont des Najas », à cause de ses parapets formés par des corps de serpents ; les ponts qui le flanquaient de droite et de gauche appartenaient tous les deux au style annamite, moins théâtral que le cambodgien, mais aussi imposant avec ses lignes droites et sévères.
On traversait ensuite des jardins dessinés à la mode indigène, avant d’atteindre le Palais Central de l’Indo-Chine qui se trouvait dans l’axe même de la grande esplanade. Ce palais, orné d’un Bouddah sortant d’une fleur de lotus, et de frises élégantes inspirées des ruines d’Angkor, renfermait dans ses murs la synthèse des productions naturelles ou industrielles de notre empire d’Extrême-Orient. Riz, grains, bois, essences diverses, instruments aratoires, bambous, panneaux sculptés et laqués, paravents, éventails, incrustations, meubles, lits, coffrets, cercueils, modèles de jonques et d’habitations, soieries, porcelaines, bronzes, statues, gongs, tambours, armes, soit en tout 4.000 échantillons appartenant aux collections les plus variées, avaient été réunis pour le plaisir des yeux et l’instruction des visiteurs. La partie administrative n’avait pas été oubliée, et c’était justice, car on ne louera jamais assez les efforts faits par M. Beau, gouverneur général de l’Indo-Ghine, et avant lui par M. üoumer, pour outiller et