‹ La Chambre de commerce de Marseille et l'Exposition coloniale de 1906Chapitre 24 sur 89 · X. — Pavillon des anciennes colonies · texte numérisé non relu

X. — Pavillon des anciennes colonies

Le Pavillon des anciennes Colonies, œuvre de M. Huot, architecte, était situé à l’extrémité sud-est du parc du Rouet; il contenait une exposition fort intéressante des produits de nos colonies de Y Inde française, de la Réunion , de la Martinique et de la Guadeloupe.

Inde française ( Commissaire : M. Gustave Gravier). — En entrant par la porte de gauche du pavillon, le visiteur se trouvait dans la salle consacrée à YInde française, où les pro-

duits utiles du sol et de l’industrie alternaient avec des objets d’art d’une grande valeur. Grains et légumes, épices, sucre, graines oléagineuses, bois et fibres, nattes, matières tinctoriales, étoffes, guinées, tapis, témoignaient de la prospérité économique de nos établissements de l’Inde. La section artistique était constituée par des statuettes en terre cuite, des vases en bronze, des amphores, des bijoux et des bibelots d’argent fin ciselé, et surtout par une magnifique bibliothèque tournante en bois de fer, véritable merveille de travail oriental, avec ses angles ornés de danseuses aux attitudes hiératiques, ses panneaux ouvrés et sa porte en bronze.

Réunion ( Commissaire : M. Gaffarel ; commissaireadjoint : M. de Duranty). — L’exposition de la Réunion comprenait d’abord une grande carte de l’île en bois de camphrier, avec encadrement en bois de natte indiquant les travaux du Laboratoire bactériologique de Saint Denis — puis des échantillons de bois (manguier, merle, bibasse, jamrossa), de feuilles et de racines, des pois, haricots, arachides, thés, cafés, de la vanille givrée, des conserves de tortue et de pamplemousses — enfin des vins de framboise, de bibasse et de combava, qui, placés sur des gradins au milieu de la salle, complétaient l’exposition des produits alimentaires.

Le Cabinet des Médailles de Marseille avait fait mouler sur la demande du Commissaire, toutes lés médailles jadis frappées pour Vile Bourbon (aujourd’hui la Réunion) : on pouvait contempler, en outre, dans cette salle les envois du Jardin botanique, du Crédit foncier colonial et du Musée de Saint-Denis, et les broderies et ouvrages manuels des élèves des écoles de la Réunion. Enfin une paillette en pailles de diverses natures offrait un curieux modèle des habitations indigènes de l’île.

Martinique ( Commissaire : M. Payan). — Dans une vaste vitrine, la Martinique exposait une collection de scories, laves, cendres et pierres ponces recueillies sur les flancs de la Montagne Pelée , vestiges de la terrible éruption qui, par le nombre immense de ses victimes et l’étendue de ses ravages, fut la plus grande catastrophe des temps modernes.

Sur un gradin, des graines, rhums, vins de liqueur, cannes, tabacs, bois de campêche, etc., représentaient les productions de l’île. Aux murs, des photographies de la Montagne Pelée au moment de l’éruption, des vues de Saint-Pierre et de Fort-de-France et une carte de la Martinique.

Guadeloupe (Commissaire : M. Guesde). — Dans la même salle que la Martinique, la Guadeloupe exposait divers échantillons de bois, fibres, café, rhum, cacao, coton, tabac, manioc, campêche, vanille, canne à sucre et ananas. Le sol de la Guadeloupe est, on le sait, très fertile et propice à des essais variés.

La note artistique était donnée dans le pavillon des anciennes colonies par M. Colmet-Daage qui l’avait orné d’une remarquable frise intérieure et de deux grands panneaux décoratifs.

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