‹ La Chambre de commerce de Marseille et l'Exposition coloniale de 1906Chapitre 27 sur 89 · XIII. — Dioramas de Provence · texte numérisé non relu

XIII. — Dioramas de Provence

Mas de Santo-Estello

Nous ne pouvons mieux terminer celte rapide description de l’Exposition coloniale de 1906 que par une visite au Mas de Santo-Estello , gracieux pavillon qui s’élevait à l’entrée du Parc, à droite de l’Allée centrale venant du Rond-Point, au milieu des parterres de fleurs et des bassins qui avoisinaient l’Algérie. Le plan de ce bâtiment dû à l’initiative du Syndicat de Provence avait été confié à un architecte de goût, M. Sénés, tandis que l’artiste peintre Gall en décorait les murs sous l’inspiration de M. Izouard, un fidèle et fervent Provençal.

Tout autour de la façade du Mas, qui évoquait un treillard de vignes grimpantes chargées de grappes mûres, on remarquait d’artistiques cartouches portant les noms des villes de Provence et de ceux de leurs enfants qui s’illustrèrent dans les lettres, les sciences et les arts. L’intérieur était la fidèle reproduction d’une ferme du terroir, par les fenêtres de laquelle le regard du visiteur embrassait successivement les vues de sept villes ou sites provençaux.

En commençant par la gauche, voici l 'entrée du port de Marseille, brossée par Alphonse Moutte . Au premier plan le pont transbordeur, au fond la Santé, le clocher de Saint- Laurent, le vieux fort Saint-Jean, et enfin dans le lointain une échappée sur la mer.

Ensuite l’antique Cité des Baux, par Décanis , le peintre du grand soleil ; les ruines se dressent au sommet de la colline, dans une atmosphère surchauffée, tandis que par delà les thyms, les genêts et les roches blanches comme la route, la vallée de Maussane paraît trembler dans une luminosité bleue.

A la fenêtre suivante, c’était la place du marché d'Aix, vue de la halle aux blés. L’évocateur délicat qu’est José Silbert

en avait rendu la vie et le mouvement avec une fidélité saisissante.

En face de la porte d’entrée du Mas, voici Arles , la ville des félibres, vue de la Tour Sarrasine. A droite, l’Hôtel de Ville, puis le cloître célèbre de Saint - Trophime, et enfin, à gauche au fond le Théâtre Antique ; Arles lumineuse se dressait en panorama dans le lointain. Le pinceau de Valère Bernard avait jeté sur cet ensemble harmonieux la note d’art antique qui se dégage de l’admirable ville.

Faisant suite à ce panneau, se trouvait une vue de la Sainte-Baume, due à l’excellent peintre provençal Montenard. Au-dessus des brumes matinales, la grotte fameuse s’apercevait dans un clair rayon de soleil.

Charles Vivès-Apy, au talent si original, avait donné un coin des Martigues, la Venise provençale aux étangs pareils à des lagunes, à l’heure où le soleil couchant pare ses eaux mélancoliques d’une magie de couleurs.

Enfin, la dernière fenêtre s’ouvrait sur un paysage bien connu d’Avignon, le vieux pont de Saint-Bénézech à l’arche brisée se détachant sur un lointain brumeux, tandis que le Rhône roule ses eaux boueuses. L’originalité de la touche faisait sentir le talent si personnel de Casile.

En s’éloignant de ces dioramas dotés chacun d’un cadre des plus pittoresques, on trouvait rassemblée sous le péristyle une curieuse collection d’affiches et de brochures des syndicats d’initiative des diverses régions de la France. La gracieuse Artésienne qui en faisait les honneurs symbolisait à merveille le charme de cette Provence à la gloire de laquelle avait été édifié le pittoresque et pimpant Mas de Santo- Estello.

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