‹ La chambre noire et le microscopeChapitre 10 sur 54 · CABINET NOIR PHOTOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

CABINET NOIR PHOTOGRAPHIQUE

Le cabinet noir est réservé, à cause de l’espace qui doit lui être consacré, aux opérations qui prennent une importance marquée, ou bien il est destiné aux micrographes qui désirent déployer un certain luxe expérimental. Quelquefois on se propose aussi de ménager l’emplacement en le faisant concorder avec les exigences matérielles du laboratoire ; le cabinet noir sert conjointement à la production de l’image, et aux manipulations photographiques exigeant de l’obscurité. (Voy. fig. 5, p. 18.)

L’ancien procédé, qui consiste à fixer un microscope solaire dans ie volet d’une fenêtre, semble défectueux sous plusieurs rapports ; sa manœuvre est incommode à cause de la position qu’il occupe, et il est sujet aux vibrations de la menuiserie légère dans laquelle il est encastré. De plus il ne répond qu’à la photographie; lui étant uniquement consacré, il est condamné à l’inaction une partie notable de l’année. Il est remplacé avantageusement sous tous les rapports par le microscope ordinaire d’observation placé dans la position horizontale, sur une tablette près de l’ouverture unique, par laquelle se fait la réflexion de la lumière.

L’installation dans un cabinet noir a pour côté favorable de donner la faculté de mettre l’écran récepteur à une distance éloignée de l’endroit où se forme l’image; limité dans de nombreuses circonstances, cet avantage, qu’il ne faut pas pousser à l’exagéra- * tion, se combine d’autre part avec celui de pouvoir opérer sur de grandes surfaces impressionnables beaucoup mieux qu’avec une chambre noire en forme de boîte. Mais la mise au point sur le bâti mobile porte-châssis demande une certaine complication de mécanisme pour pouvoir fonctionner commodément à plusieurs mètres du microscope.

Nous pouvons citer comme une des installations les plus convenables celle imaginée par M. le D r Woodvard, au Medical Army Muséum. La fenêtre, d’une pièce inaccessible à la lumière, exposée du côté du sud, est divisée en deux parties : d’un côté, un carreau jaune permet d’observer l’état du ciel et s’ouvre pour régler un héliostat situé sur une crédence extérieure; de l’autre, la partie inférieure est percée d’un petit orifice, par lequel se fait l'admission de la lumière réfléchie sur le microscope ordinaire d’observation placé horizontalement sur une tablette intérieure. En face, dans le plan optique, s’élève le bâti mobile porte-châssis, pouvant avancer et reculer sur des rails, à côté desquels est gravée une graduation indiquant par une simple lecture la distance entre

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l’objectif et le bâti. La mise au point peut se faire, soit sur un écran, soit sur un verre dépoli. Afin d’obvier à l’inconvénient de mettre au point à distance, avec la vis même de l’instrument (ce qui est gênant pour les myopes), une tige verticale fixée au bâti, à portée de la main, agit à tout endroit de la course sur une tringle horizontale à fleur de plancher, qui communique un mouvement rotatoire à une courroie en relation avec la vis de l’instrument. Cette manœuvre à distance est très-ingénieuse, mais elle entraîne dans des combinaisons d’un mécanisme compliqué ; l’éviter est la solution, sinon la plus concluante, du moins elle est plus logique.

Fig. 17. — Installation du microscope dans le cabinet noir, sur une table à coulisses, avec héliostal extérieur.

Cette disposition a reçu par M. le D r Maddox une heureuse modification, qui supprime le bâti-châssis dont l’importance est quelquefois encombrante ; une table munie de coulisses graduées, et d’une longueur d’environ 3 mètres et haute de 80 centimètres, re-

«;,oit le microscope monté sur une plate-forme mobile ; le châssis peut également glisser sans perdre sa perpendicularité aux rayons réfléchis extérieurement par un héliostat de son invention. L’appareil est ainsi moins divisé et doit à son aménagement une commodité résultant de l’indépendance des différents instruments que l’on a sous la main.

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