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LE MICROSCOPE ADAPTÉ A LA CHAMBRE NOIRE

Aussi bien installé que soit un cabinet noir, il est indispensable qu’il satisfasse à des conditions multiples, qu’il est plus rationnel d’éviter en simplifiant et en réduisant les appareils. En adaptant un microscope au bout d’une chambre noire que tout photographe possède, on n’a besoin d’aucun agencement particulier, parce que chacun de ces deux instruments, quels qu’ils soient, sont aptes à la production d’une épreuve. La chambre sera à soufflet, avec environ un mètre de tirage; et de la dimension pour glace de 2 1 X 27 environ, qui est plus que suffisante. Le format des glaces du commerce, étant plus haut que large, convient mal pour recevoir une image qui est toujours inscrite dans un carré, puisqu’elle est circulaire, lorsqu’on utilise la totalité de la surface du champ de projection ; le rond est de plus caractéristique des épreuves microscopi-

DISPOSITION DES APPAREILS

ques. Afin de ne rien changer à la destination de la chambre noire, on aura un châssis ou une série de châssis intermédiaires carrés, rentrant les uns dans les autres, en même temps qu’ils concordent avec le châssis négatif qui sert à la photographie ordinaire. Les

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Fig. 18. — Microscope inclinant adapté à la chambre noire.

glaces, ou verres à collodion, seront par suite coupées spécialement en carrés suivant deux ou trois grandeurs. La surface sensible est ainsi plus proprement etplus régulièrement couverte, et on y trouve économie de produits chimiques. Avec certaines glaces, comme celles en usage pour le stéréoscope, on aurait avantage à se servir d’un châssis multiplicateur donnant deux épreuves ensemble.

A la face antérieure de la chambre noire, il existe généralement une feuillure destinée à recevoir les planchettes mobiles garnies des rondelles d’objectifs différents ; on fixera sur l’une d’elles , soit en la clouant, soit en la faisant tenir par simple compres-

Drap. Caoutchouc.

Fig. 19. — Raccords du tube du microscope avec la chambre noire.

sion, un cône en caoutchouc, pour opérer le raccordement du microscope avec la chambre noire. On pourrait aussi lui substituer un étui en drap noir épais, attaché à la planchette par une rondelle métallique qui l’y ferait adhérer, et dont l’ouverture se relierait au tube du microscope à l’aide d’une coulisse et d’un cordon.

Il est d’une absolue nécessité que ce raccordement soit fait par un intermédiaire simple, afin de se prêter à tout mouvement de flexibilité ; une simple ouverture dans la planchette laissant pénétrer le tube du microscope, établit une rigidité trop grande, car les deux instruments ont besoin d’être réunis l’un à l’autre, tout en conservant leur parfaite indépendance, afin

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d’éviter de se contrarier mutuellement. Le microscope est ainsi soustrait aux secousses inévitables imprimées à la chambre, en réglant la mise au point, et en retirant, même avec toute la précaution possible, le châssis qui contient la glace sensible, le plus petit choc apporterait une perturbation dans le rectitude de l’image.

Comme les chambres n’ont communément qu’un allongement insuffisant, on fixera sur une planchette du module des autres un cône métallique ou une pyramide en bois, dont l’extrémité tronquée recevra le raccord en caoutchouc ou en drap noir.

Fig 20. — Pyramide en bois avec son raccord en caoutchouc pour allonge de chambre noire.

A la place de chambre noire ordinaire, on pourrait substituer une simple boîte oblongue munie d’un châssis, mais alors la distance focale serait invariablement la même.

Quoique le microscope soit identiquement analogue â ceux avec lesquels se font les observations, il importe

de remplacer le tube ordinaire portant l’oculaire et l’objectif; il est impropre à cause de sa longueur qui empêche l’expansion du faisceau lumineux. On lui en substituera un autre aussi court que le mécanisme afférent le permettra ; l’intérieur sera noirci avec un enduit mat, ou mieux revêtu de velours noir très-fin, dans le but d’éviter les réflexions d’une surface polie.

On fait reposer la base, dont les constructeurs augmentent le poids naturel par une addition démêlai pour donner plus d’assiette, sur un socle d’une hauteur réglée une fois pour toutes, combinée de façon que l’axe optique soit exactement dans la prolongation de celui de la chambre. L’appareil pourrait ainsi être

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monté sur une table ordinaire bien fermement placée, mais il est à remarquer que la hauteur donnée généralement aux tables d’ameublement n’est pas en rapport avec la commodité de l’opérateur , et le peu de hauteur est une cause de gêne et de fatigue. La meilleure manière, selon nous, de le placer dans une position convenable pour travailler à son aise, est de le faire reposer sur une tablette de la largeur de la chambre, et d’une longueur d’environ l ra ,50, montée sur des pieds solides, ayant une inclinaison intérieure pour donner plus de fixité ; afin de compenser les inégalités qui sont fréquemment dans le plancher, il serait bon de les munir de vis à caler. Vers le milieu une tablette intermédiaire concourt à l’affermissement des pieds et devient aussi très-utile pour déposer les accessoires et menus objets pendant qu’on travaille , si l’on n’a pas d’autre table à sa portée. La hauteur sera réglée de façon qu’étant debout, on ait le centre du verre dépoli en face des yeux. Rester debout est peut-être un peu plus pénible que de faire les essais de mise au point assis sur le côté d’une table plus basse, cependant on y gagne notablement dans la dextérité de ses mouvements. Dans le cas où l’allongement total de la chambre dépasserait fortement la longueur de la tablette qui la supporte, on l’affermirait avec une presse en fer placée latéralement, pour éviter un mouvement de bascule que pourrait provoquer la

fi LA CHAMBRE NOIRE ET LE MICROSCOPE.

saillie de la queue de la chambre. Si la saillie était prononcée davantage, on mettrait un pied additionnel, ou un jambage incliné, ayant les pieds mêmes de la tablette pourpoint d’appui. Comme cette installation ne comporte pas l’usage d’une longueur focale aussi prononcée que dans le cabinet noir photographique, ces moyens secondaires seront amplement suffisants ; elle a le mérite de l’indépendance, donnant la facilité de se placer partout où l’on jouit d’un rayon de soleil. En n’abusant pas de l’allongement, on n’est pas gêné par l’obligation où l’on est d’avoir la tcte cachée sous le voile devant le verre dépoli, en mettant en même temps la main tendue pour faire mouvoir la vis micrométrique pendant le règlement de la mise au point. Au besoin, on aurait recours à un aide, qui

Fig. 22. — Glace inclinée placée à l'extrémité d'une chambre noire, pour faciliter la mise au forer & grande distance.

agirait selon les indications de l’observateur. Voulant annuler cet inconvénient, M. de Brébisson s’est servi

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d’un miroir intérieur placé au fond de la chambre. On a alors le corps penché sur le milieu de l’appareil, placé sur une table de hauteur appropriée, la tête cachée sous le voile, et la main droite plus libre pour tenir la vis. On a aussi imaginé des systèmes de tringles avec vis de rappel ; mais mieux vaut encore une position un peu gênante à laquelle on finit bientôt par s’habituer, que de recourir à un mécanisme destiné à agir de loin, et par cela même souvent défectueux , car la sensibilité d’une vis micrométrique s’accommode mal de ces moyens, dont la précision, malgré toute sa qualité, ne vaut pas l’action libre et directe de la main.

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