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CONSIDÉRATIONS PHOTOGRAPHIQUES SUR LA LUMIÈRE

La lumière joue le rôle le plus important dans la formation de l’image photographique. Déjà, dans la photographie ordinaire, elle demande une connaissance particulière des effets qu’elle produit suivant les circonstances dans lesquelles elle agit ; à plus forte raison, elle exerce une influence très-sensible dans l'exactitude des résultats microscopiques, d’autant plus qu’elle n’est pas employée directement, mais réfléchie, ce qui apporte certaines modifications dans son état.

La lumière qui nous procure la perception des objets extérieurs n’est pas simple. En étalant un faisceau lumineux par son passage à travers un prisme de verre, scs éléments se trouvent séparés et disposés en éventail; c’est le spectre. 11 est composé de sept rayons ayant chacun une couleur différente : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge ; ces sept couleurs se fondent plus ou moins les unes dans les autres, en sorte qu’il existe une infiniléde nuances intermédiaires. Pour prouver le mélange des sept couleurs du spectre reproduit par la lumière blanche, on reçoit un rayon de soleil passant à travers un prisme qui décompose, et ensuite sur un second prisme identiquement semblable, mais ayant le sommet tourné du côté opposé au premier ; il recompose le rayon solaire. On reçoit encore le rayon de soleil passant par un prisme sur un miroir concave ou sur sept miroirs; ces rayons venant converger au foyer donnent la lumière blanche.

L’impressionnement des surfaces sensibilisées par l’iodure d’argent se fait sous les rayons violets, commençant à la raie F de Frauenhofer, atteignant son maximum en II , et allant ensuite en s’affaiblissant jusqu’aux limites des rayons ultra-violets. Au delà. du rouge existent des radiations de chaleur obscures ; au delà du violet, elles sont susceptibles d’exercer une action chimique : ainsi le spectre est divisé en partie calorique et partie chimique. En photographie, le?

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rayons caloriques sont nuisibles, surtout quand, ayant

besoin d’intensité, on condense une grande quantité de lumière solaire sur un seul point ; ces rayons calo-

0t LA CHAMBRE NOIRE ET LE MICROSCOPE.

riques ne produisent aucun effet, mais ils concourent par une vertu spéciale à augmenter l’action des rayons actiniques, car, abstractivement, l’agent réellement photographique n’est pas précisément la lumière, mais la vibration actinique qui arrive accompagnée de lumière et de chaleur.

D’après M. Desains, les mêmes lois s’appliquent à la propagation de la chaleur et à celle de la lumière. Un faisceau de rayons lumineux horizontaux traverse une lame de verre sur laquelle sont tracées des lignes verticales extrêmement rapprochées les unes des autres (deux cent cinquante traits dans une largeur d’un millimètre). Ce faisceau est divisé parla lame en plusieurs faisceaux distincts qui s’étalent en éventail dans un plan horizontal, et l’on voit, sur un écran que rencontrent les faisceaux, des alternatives de lumière et d’obscurité. Avec la lumière violetteles intervalles obscurs sont moins grands qu’avec la lumière rouge. Tel est le phénomène de diffraction découvert par Frauenhofer. En faisant tomber sur le réseau de la chaleur obscure, provenant d’un faisceau solaire qui a traversé une solution d’iode dans le sulfure de carbone, il a observé des intervalles obscurs donnés par la lumière rouge Le violet est plus réfrangible que le rouge ; le rouge est plus réfrangible que la chaleur obscure ; par conséquent, la grandeur des intervalles privés de rayons varie en sens inverse de la réfrangibilité.

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La lumière solaire, cause première des réactions chimiques qui s’accomplissent, convient naturellement mieux aux opérations de photomicrographie, par son intensité supérieure et ses qualités, que la lumière diffuse. Cependant, selon le docteur Reichard, elle donnerait plus de douceur de ton aux épreuves ; mais pour les sujets relatifs aux sciences naturelles, cette qualité est souvent de peu de valeur ; la précision, une grande ^netteté donnant une traduction exacte, sont seules désirables. De plus, dans les fortes amplifications, la lumière diffuse, même condensée, serait insuffisante; elle ne peut donc être considérée que comme uniquement expérimentale ou exceptionnellement usuelle. Il est préférable d’avoir directement recours à la lumière solaire, car, en disposant à son gré d’une source lnmineuse abondante, on a toute facilité possible pour la corriger, l’atténuer, la modifier suivant les exigences de la circonstance.

Dans les climats septentrionaux, le soleil ne reste à l'horizon suffisamment que pendant la belle saison ; s’il fait quelques rares apparitions en hiver, il perce une atmosphère brumeuse, et déplus il est trop bas pour se prêter pendant une longue durée aux besoins de la photographie. Son peu de constance implique nécessairement sous notre latitude la cessation des travaux d’octobre en avril. Pendant l’hiver, il n’y a pas cependant lieu de rester inactif ; on préparera les sujets

microscopiques qui doivent être reproduits au retour du beau temps ; on les photographie plus rapidement qu’on les prépare ou qu’on les étudie.

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