LA LUMIÈRE ARTIFICIELLE
Les rayons solaires peuvent, dans certaines conditions, être remplacés par une lumière artificielle; son emploi ne se justifie que dans les expériences, parce que son usage est compliqué, gênant, et que sa production est toujours dispendieuse; au lieu que celle du soleil, excellente par elle même, n’a aucun de ces inconvénients.
La lumière du pétrole , quoique beaucoup Irop faible, peut encore, pour les plus faibles grossissements, servir accidentellement à la photographie.
La lumière électrique a pour générateur une pile d’environ 50 éléments Bunsen, dont les acides ont besoin d’être à leur densité normale (environ 56°). Elle se produit avec un régulateur (système Serrin ou Foucault) qui, par un mécanisme automatique, rapproche les charbons au fur et à mesure de la combustion, sans écarter le point d’ignition du centre optique dans lequel est placé le réflecteur. Pour la photographie, la lumière électrique fournit un bon éclairage, peu différent de celui du soleil ; cependant,
ÉCLAIRAGE
on ne doit pas négliger l'interposition de la cuve de la solution de sulfate de cuivre, ni le verre dépoli, non-seulement pour exclure les rayons non actiniques, mais pour éviter la chaleur très-intense qui est dégagée. M. le D r Woodward met ses qualités au
I ig. 29. — Appareil pour la photographie à la lumière arlilit iellc.
même rang que celles du soleil , et il lui attribue l’avantage d’être plus maniable et plus rapide à l’impression. D’autre part, on lui reproche la scintillation résultant d’imperfections du régulateur ou d’impureté des charbons ; quelques opérateurs lui attribuent un foyer chimique.
La lumière du magnésium serait excellente dans les opérations photographiques et distancerait celle de l’électricité si ce métal pouvait être brûlé d’une façon bien constante et que la fabrication le laissât à meilleur
compte. Il faut de 60 à 80 grammes pour un travail de deux heures consécutives. On le brûle en fils ou en rubans dans une lampe composée d'un réflecteur et d’un mouvement d’horlogerie ; comme la fumée intense qui se dégage serait intolérable dans l’atmosphère du laboratoire, on la dirige extérieurement au moyen d’un tube, ou encore on la reçoit intérieurement dans une cheminée faite d’une toile légère enroulée sur un fil de cuivre en spirale, qui aboutit dans un sac de mousseline où le produit de la combustion se condense en oxyde ; le courant d’air s’établit par les interstices du tissu. L’interférence est peu sensible à cause de l’homogénéité naturelle de la lumière ; ceci exclut les procédés usuels relatés précédemment pour l’obtenir. (M. Woodward.)