POSE
S’il est impossible pour la photographie ordinaire de formuler une appréciation sur la durée du temps de pose, cette détermination est encore plus problématique pour la photomicrographie, où les causes qui la régissent sont multiples et complexes. Elle est soumise au diamètre des objectifs, car le champ est d’autant moins éclairé que la longueur focale est augmentée ; elle est encore relative à la distance de l’écran, à la nature de l’objet, à la surface de réflexion, au condensateur, aux moyens correctifs et homogénéifiants de la lumière. Elle peut donc être variable depuis l’instantanéité jusqu’à plusieurs minutes ; seul, l’opérateur, avec sa propre expérience et la pratique constante, est juge de cette question.
Il tiendra un juste milieu, se gardant bien de tomber dans un excès de trop ou de trop peu. Si l’on pose trop, l’épreuve sera voilée ou elle prendra un ton solarisé qui empêchera que les oppositions soient bien gardées, condition essentielle pour produire une belle photographie. Si l’on ne dispose que d’une faible lu-
PROCÉDÉS OPÉRATOIRES PHOTOGRAPHIQUES. U7 raière, comme c’est le cas avec les objectifs très-forts ou avec la lumière diffuse, on posera plus longtemps, sans toutefois laisser la couche sensible s’altérer ; avec le procédé humide, on ne dépassera pas trois minutes, à moins qu’on mette quelques gouttes de glycérine dans le bain d’argent, ce qui retarde le commencement de la dessiccation. En se servant du procédé sec, on aura tout le loisir désirable. Mais on ne présumera pas qu’avec un éclairage très-peu intense, donnant à peine une image formée, on puisse arriver, en exagérant l’exposition, à obtenir une épreuve passable ; les détails ne ressortiraient pas, l’image serait empâtée, car il est avéré qu'il y a toute importance que la . lumière pénètre la préparation intégralement. En sachant combiner la pose à la demande, en favorisant tel degré d’intensité, on contribuera beaucoup à modifier les défauts d’opacité ou de grande transparence.
11 arrive qu’en opérant par un ciel clair, mais parsemé de nuages légers, ils passent devant le soleil au moment même de la pose ; si la glace ne peut attendre qu’un temps limité, le nuage étant fort, elle est irrévocablement perdue, à moins qu’on ne la remette de suite au bain. En regardant la direction du vent, on prévoira les éclaircies autant que possible, et l’on veillera au moment propice pour exposer la glace; c’est pourquoi on ne se mettra à l’ouvrage que par un temps sûr. Si l’appareil entier ou l’héliostat seul
étaient extérieurement exposés au vent, on s’arrangerait pour éviter les vibrations.
Le temps de pose généralement se mesure mentalement ; un peu d’habitude est préférable à un moyen (pic l’on croit mathématique, parce qu’il résulte d’un instrument exact ; on est plus sujet à une fausse appréciation qu’avec l’habitude du jugement. Cependant, pour une indication précise, on emploierait une montre à secondes, ou un métronome, ou plus simplement un pendule composé d’une balle de plomb au bout d’un (il. Etant dans l’incertitude, on commencera par un temps très-court, puis on arrive graduellement à mieux apprécier. Le développement sera le guide que l’on consultera.