MISE AU FOYER
Ayant définitivement choisi l’endroit de la préparation qui est le plus propre à être reproduit, on procède à la mise au foyer, bien entendu avant que la glace ait été sensibilisée. C’est une opération assez subtile, qui réclame du soin et de la. précision, pour ne pas mettre au point dans l’intérieur ou derrière, mais bien sur la surface même. Considérons trois plans principaux imaginaires : le premier passant au niveau de la surface supposée plane ; le second situé à l’intérieur du sujet translucide, et le troisième placé derrière, étant le plus éloigné de l’objectif. Le choix doit inévitablement se porter sur le premier, seul capable de fournir une bonne image.
Quand il s’agira de préparations délicates pour lesquelles on fait usage d’un objectif à court foyer, il y aura toute nécessité de se servir d’un instrument muni d’une vis micrométrique très-line ; le mouvement du tube à frottement doux employé seul est insulfisant. Ensuite, en manœuvrant la vis de la main droite, la tête cachée sous le voile et regardant le verre
PROCÉDÉS OPÉRATOIRES PHOTOGRAPHIQUES. 93 dépoli, on prendra des précautions pour ne pas exercer une compression inattenlive sur le verre de recouvrement de la préparation ; s’il se brisait, elle serait perdue, ou s’il résistait, la lentille frontale de l’objectif pourrait être détériorée, elle serait rayée par le frottement du verre. Dans certains instruments, une disposition de ressort à boudin permet à l’objectif de remonter automatiquement en cas de compression. S’il était à correction et à immersion, il faudrait préalablement l’avoir corrigé avec l’oculaire sur la préparation même et déposer la goutte d’eau avant de mettre au foyer.
Il s’agit de trouver sur le sujet préparé l’endroit le plus convenable ; ceci est quelquefois incommode avec de forts grossissements. On a inventé, particulièrc-
Fig. 37. — Porle-objet avec échelle graduée pour trouver un point déterminé d’une préparation.
ment en Angleterre, d’ingénieux accessoires indicateurs, dont l’emploi ne vaut pas l’habitude et la sécurité de la main, car, avec un peu de patience, fùt-ce
9i LA CHAMBRE NOIRE ET LE MICROSCOPE,
avec un très-fort grossissement, on arrive à choisir rapidement le point avantageux.
L’image sera régulièrement mise en cadre, occupant autant que possible la complète surface de la glace. Il est désirable que le soleil soit du côté gauche quand on emploie le microscope adapté à la chambre noire, afin que l’éclairage ne soit pas gêné par la main droite, qui règle la préparation et la mise au point ; en passant devant le miroir, elle produirait inévitablement un arrêt dans la transmission des rayons solaires. On aura les yeux très-près de l’écran récepteur. Une vue myope s’en accommode, mais si elle n’est pas perçante, on emploie une loupe d’horloger, un oculaire fort, ou la loupe dont les photographes se servent communément, qui se place contre le verre dépoli pour vérifier la netteté de l’image. Sur un écran fait avec du papier tendu, on n’aurait pas l’avantage de se servir de la loupe, elle empêcherait la projection d’avoir lieu. On ne mettra pas au foyer au point central, la surface de netteté serait trop limitée à cet endroit ; on tâtonnera une zone annulaire mixte entre le centre et la périphérie.
Avec un grossissement faible et l’admission abondante de la lumière, la clarté trop vive est à éviter ; elle fatiguerait l’organe visuel, même après passage dans un milieu qui la modifie. Étant pendant quelque temps à la recherche d une bonne mise au point, il
PROCÉDÉS OPÉRATOIRES PHOTOGRAPHIQUES. 95 serait dangereux de le faire avec une intensité inconsidérée, et cela surtout quand on est obligé d’être dans les alternatives de clarté et d’obscurité successives
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Fig. 38. — Réseau quadrillé figuratif de la manière de mettre au foyer C centre, — A, A' cercle net, — Z, V zone où la netteté commence à disparaître, — T, T' zone annulaire sur laquelle doit s’arrêter la mise au foyer compensée.
que commandent les manipulations photographiques.
Une fois que tout est arrêté, on interpose sur le trajet des rayons lumineux une feuille de carton, qui empêche un échauffemcnl prolongé et inutile pendant qu’on est retenu par les opérations de la sensibilisation. Lorsqu’on apporte* la glace préparée, la feuille de carton sert encore à régler l’admission et la suppression de la lumière à volonté, sans occasionner aucun dérangement ni vibration dans l’ensemble de l’appareil. Les opérations demandent à être exécutées
rapidement, afin de n’ètre pas surpris par le mouvement du soleil, sans toutefois confondre l’agilité avec la précipitation intempestive.