LES RECHERCHES EXPÉRIMENTALES
Dans la forme précédente, sous laquelle les prépations ont été envisagées, on voit qu’elles sont conditionnées dans le but de conserver un sujet d’étude, toujours prêt à l’observation ; elles composent ainsi des collections d’une réelle valeur technique. On ne
LES PRÉPARATIONS DES SUJETS MICROSCOPIQUES. 171 s’imaginera pas cependant qu’il est indispensable de posséder dans tout son ensemble le talent, souvent difficile à acquérir, de monter convenablement les objets de collection ; il ne constitue qu’une partie relative de la science micrograpliiquc. Les éludes avec des préparations temporaires et rapidement faites, demandent que le soin mis ailleurs dans l’exécution matérielle soit négligé, au profit d’une attention soutenue dans le travail intellectuel, pour imprimer une judicieuse direction aux expériences.
La façon dont on opère et la nature des matériaux livrés à l’investigation, ne permettent pas fréquemment de les fixer d’une manière définitive. Pourvu qu’on ait le temps de saisir le caractère d’un fait, c’est souvent tout ce qui est nécessaire. Alors la photographie vient utilement en aideau micrographe, en conservant lcstracesdesobjelsfugitifs, par une constatation exacte ; elle remplace une préparation de collection. On reconnaîtra néanmoins qu’en dehors de l’utilité purement technique, pour laquelle on s’attache seulement à une image vraie, les épreuves présentent un aspect peu attrayant. Rien ne l’est moins en effet qu’une teinte uniformément mate, sur laquelle on distingue sans reliefs d’ombres, des formations cellulaires, des ferments, des proto-organismes, des corpuscules informes, des bactéridies et différentes phases de la manière germinative. Pour un observateur qui en fait un
objet spécial d’expériences, il y a pourtant un vit intérêt à en conserver un souvenir figuré.
Signalons succinctement les points principaux sur lesquels portent en général les recherches expérimentales.
Fig. CO. — Différentes formes de Sarcodes , d'après des épreuves photo graphiques décalquées.
Les tissus animaux et végétaux, après dissection dans un liquide ou à l’air, ou coupés au microtome, se placent sous le compresseur , instrument à pression graduée, qui sert de couvre-objet provisoire. On peut ainsi en prendre à la rigueur une photographie, quand il y a des caractères distinctifs suffisants pour lui donner quelque valeur.
Quand on veut examiner les organismes en suspension dans un liquide , on le laisse déposer dans un verre à expérience dont le fond est conique ; puis,
LES PRÉPARATIONS DES SUJETS MICROSCOPIQUES. 175 après avoir décanté la portion clarifiée, on obtient un résidu, où l’on puise une goutte avec l’extrémité d’une petite baguette, pour le mettre sur le porte-objet, et l’on recouvre d’une lamelle de verre mince. Le filtrage remplace ce moyen dans certaines circonstances; cependant, dans une expérience délicate, le grain et la matière du papier sont nuisibles. Avec une pipette fine, on retire bien aussi les matières tombées au fond du vase.
Les phénomènes qui ont besoin d’être constamment dans Y humidité pour s’accomplir, s’observent dans une chambre humide de Recklinghausen ; elle consiste, en une peau imperméable, ou du caoutchouc en se raccordant d’une part à une cellule en verre annulaire, et de l’autre, à l’objectif du microscope, où elle est serrée par un fil ; comme il serait sujet à se détériorer, on ne le laissera pas longtemps exposé à l’humidité. On remplace quelquefois cet appareil en mettant en relation la cellule contenant le liquide avec un verre également rempli, au moyen d’un simple fil de coton, dont la capillarité compense la quantité perdue par évaporation.
Dans les expériences où un corps a besoin d’être chauffé , il est facile de ^organiser de sorte que le porte-objet repose sur une plaque de bronze perforée au milieu, pour laisser passer la lumière; si elle est assez large et qu’elle déborde la platine, on place à côté une
m LA CHAMBRE NOIRE ET LE MICROSCOPE, lampe à alcool, communiquant sa chaleur au porte-objet par l' intermédiaire du métal, ce qui prévient une dilatation qui ferait éclater le verre. M. Schultze a inventé un appareil, un porte-objet spécial ; une plaque de cuivre en forme d’U, percée pour les besoins de l’éclairage, porte au milieu un petit thermomètre oblique ; de chaque côté les bras font saillie, afin de permettre de placer dessous deux petites lampes à alcool. La cuvette du thermomètre est enfermée dans une petite boite en cuivre centrale, et la tige monte sur une plaque métallique graduée.
Pour étudier les transformations et le monde si curieux des infiniment petits qui peuplent les eaux
Fig. 07. — Flacon pour la rocolte (Us infusoires.
douces et salées, tels que les infusoires, les confervcs, les diatomées, on fait usage iTaquaria. Au retour des excursions de récolte, on en verse le produit dans des vases opaques ou transparents, divisant les différentes