LES PRÉPARATIONS DES MJ JETS MICROSCOPIQUES
natures de sujets ; on crée ainsi à sa portée les matériaux d’étude et les phénomènes de la vitalité s’accomplissent sous les regards du micrographe, dans un petit espace, aussi bien que dans la vaste étendue des eaux. Un aquarium demande à être placé à l’air exté-
Fig. 68. — JAqunriunilpourll't'Iaili' des animaux et végétaux aquatique-.
rieur et au soleil, dans un endroit exempt de poussière, l’eau évaporée à être remplacée, et une constante sollicitude avec une attention soutenue des métamorphoses qui s’y passent constamment.
L’examen des cryptogames microscopiques réclame des soins particuliers, non pas pour y procéder par simple vision, mais surtout pour se rendre compte des divers degrés d’avancement et des périodes de leur germination. Le docteur Maddox (Microscopical Journal, janvier 1870) recommande de se servir de cellules en forme d’U, à plat sur un porte objet, dont
l une plus petite que l’autre est placée intérieurement en sens inverse ; un couvre-ohjet est appliqué sur ces parois peu épaisses. L’air est ainsi admis librement, quoique indirectement. Une étude sérieuse implique une culture suivie et de plusieurs spécimens à la fois, en tenant compte de la température, de l’humidité et des conditions générales dans lesquelles sont abandonnés ces spécimens.
Fig. 69. — Spiroggra (Conférées) avec cndocliroruc réparti de différentes
maniérés.
La micrographie infinitésimale qui s’attache aux atomes atmosphériques a beaucoup exercé la sagacité des expérimentateurs sans avoir été rémunératrice. L’étude de la matière organique, très-problématique d’ailleurs, a vivement agité l’arène scientifique. Le procédé le plus simple pour recueillir des particules aériennes consiste à remplir le tuyau d’un soufflet, de ouate de coton pas trop serrée ; l’air qui le traverse sera filtré et débarrassé des matières flottantes. C’est
LES PRÉPARATIONS DES SUJETS MICROSCOPIQUES. 177 le filtre de Schrœder, employé par Tyndall. S’ils n’étaient pas arrêtés, les corpuscules chassés seraient immédiatement remplacés par d’autres. L’infiucnce électrique qui fait tourbillonner ces atomes les rend souvent impossibles à fixer, même sur une matière agglutinative ou humide. On observe dans l’eau, en se servant de combinaisons optiques puissantes, ou à sec si l’on craint l'introduction de germes étrangers. Leur éloignement a toujours constitué une des principales difficultés pour la sécurité des résultats; dans quelques expériences on a eu recours au vide, afin d’évincer tout contact perturbateur.
Dans ces études accidentelles, le secours de la photographie ne devient réellement profitable que si les corpuscules qu’elle est appelée à représenter ont une forme qui ne soit pas trop indécise; autrement elle donnerait lieu à une fausse interprétation, déjà trop favorisée par la manière indéterminée dont se présente le sujet.
Si l’on veut observer la cristallisation de la glace ou de la neige, on est contraint de se livrera cette étude, en se tenant dans une température ambiante convenable à la production des phénomènes. La neige se reçoit sur un drap noir porté sur la platine du microscope aussitôt sa chute. La température de — 3° est lajdus avantageuse pour la formation des cristaux.
Ces quelques indications sommaires des méthodes
suivies par l’expérimentation démontrent, que dans la dextérité manuelle seule, ne réside pas tout le talent du micrographe ; mais que l’esprit d’observation a une large part dans la réussite des investigations.
Fig. 70. — Zoopliyte : Æquorea vitrina.
LES TESTS-OBJETS
UTILITÉ DES TESTS-OBJETS
Quand on veut attribuera un instrument sa juste valeur, on le vérifie sur un type gradué, une sorte d’étalon pris pour unité de comparaison. Pour juger du degré de perfection d’un objectif de microscope, on examine attentivement un objet d’une texture fine et délicate, qui lui fasse subir une épreuve de pénétration et de netteté ; test (épreuve) -objet.
Les tests ne s’adressent généralement qu’aux objectifs puissants, car, pour les autres, leur fabrication^ic
180 LA CHAMBRE NOIRE ET LE MICROSCOPE, présente pas des difficultés aussi grandes. On choisit des sujets microscopiques naturels ou artificiels trèsparfaits dans leur infinie petitesse, qui permettent, par la manière plus ou moins heureuse dont les plus petits détails sont interprétés, de reconnaître la qualité relative de l’objectif. Les plus subtils demandent de la part de celui qui les étudie une grande habitude d’observation, autant dans la manœuvre du microscope, autant que dans l’appréciation visuelle.
Cet exercice convient particulièrement à la photomicrographie ; elle donne un moyen catégorique, à ces études expérimentales, de confirmer les différences les plus légères entre les tests de toute nature. C’est la sanction portée par la lumière. En même temps que l’on paye un juste tribut de vérité au constructeur, c’est aussi une preuve d’habileté pour celui qui conduit à bonne (in une opération aussi délicate. Elle exige en tous points un rigoureux soin dans les opérations. Si on reconnaît par un simple coup d’œil avec l’instrument un test bien résolu, il est nécessaire pour savoir le faire paraître en photographie avec avantage, de combiner avec perspicacité l’éclairage et l’intensité du développement du négatif, avec les moyens qui tendent «à en rehausser les points sur lesquels est attirée l’attention. La résolution des tests est un cas particulier de la photomicrographie, elle est aussi le but intéressant et utile de ceux qui pratiquant avec suc-
LES TESTS-OBJETS
cès, veulent définir la limite de puissance et de rectitude des objectifs supérieurs ; l’essai préalable sur un test reconnu généralement bon, est une bonne précaution avant de s’en rendre possesseur définitif. Ceci ne doit pas être considéré uniquement comme sujet accidentel d’expérimentation photomicrographique , ni d’une vaine utilité pour l’art micrographique en général, ni non plus comme un simple travail attrayant pour un amateur habile ; en servant à prouver l’habileté des artistes qui les fabriquent, ils suscitent une émulation profitable, forcent les opticiens à faire de plus grands efforts dans l’amélioration de leur taille de lentilles. Il résulte de là qu’avec les progrès modernes, on est arrivé à atteindre des améliorations supérieures, permettant aux savants d’étudier plus profondément les perfections de la nature infiniment petite, et de faire d’importantes découvertes, en y pénétrant plus intimement avec les instruments d’investigation puissante ; souvent la solution des effets physiologiques de haute importance en dépend.