LOCAL ET INSTALLATION
Le local destiné aux différentes opérations doit être choisi selon remplacement dont on a la libre disposition, et en concordance avec les travaux qui sont à exécuter ; il sera naturellement moindre pour l’étudiant simple expérimentateur, que quand on a l’intention de se livrer à des recherches importantes et suivies. 11 est difficile de formuler une règle à cet égard; c’est à chacun à pourvoir à ses propres besoins dans les termes qu’il comprend. En se renfermant dans le strict nécessaire, il est aisé de s’organiser à peu de frais.
Il faut au besoin pourvoir soi-même à son installa-
tion, savoir travailler manuellement, manier les outils de l’ouvrier, pour établir ce qui sert à ses propres expériences, car on rend ainsi beaucoup mieux sa pensée, telle qu’on l’a conçue ; les outils servent à la traduction des besoins matériels, comme la plume traduit le travail intellectuel. La plupart des savants qui ont fait des expériences célèbres ont été les fabricants de leurs instruments : Tyndall, Amici, Foucault, Donati, etc.
Quoiqu'il soit avantageux de pouvoir disposer librement d’un local vaste et commode, on n’a nullement besoin d’un atelier spécial comme pour la photographie ordinaire On n'a pas à rechercher une combinaison spéciale d’éclairage , dans 1 intention de ménager des effets de modelé sur un relief: il suffit d’un endroit visité, pendant une partie notable de la journée, par un rayon de soleil. On peut simplement s’installer devant une fenêtre d’appartement exposée en plein midi, sur une terrasse ou une place extérieure quelconque, dans le plus petit endroit situé à cette exposition ; il est peu de personnes qui n’aient pas à leur disposition un emplacement où parvienne un rayoti de soleil. Comme il est urgent que les rayons lumineux aient un angle d’incidence direct sur l’appareil réflecteur, il est inadmissible qu’ils passent préalablement à travers les vitres d’une fenêtre, qui les affaibliraient et les intervertiraient. De plus, le défaut de
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propreté constitue une défectuosité très-forte dans la transmission. Si l’on travaille en plein air dans un jardin, les reflets verts du feuillage sont à éviter; si c’est dans une cour, on veillera à la réfraction des murs blanchis.
Les minutieuses opérations de ce genre de travail réclament une parfaite stabilité environnante. La moindre vibration pendant la pose serait préjudiciable à la netteté de l’image ; une secousse, même inappréciable, serait nuisible. Aussi, dans les villes, on s’éloignera des rues où la circulation active des voitures sur le pavé cause une trépidation constante, ainsi que de tout sujet qui serait capable d’en fournir les moindres indices ; un pas lourd sur le plancher pendant l’exposition est à prévenir.
Le laboratoire , ou la pièce affectée spécialement aux manipulations chimiques de la photographie, rentre dans la catégorie générale ; il est agencé selon la localité et les convenances de chacun. Cette pièce, si l’exposition, l’espace le comportent, peut tout à la fois servir de laboratoire, de cabinet obscur pour la sensibilisation, en même temps qu’on adaptera à la fenêtre un microscope solaire photographique. Cette triple destination économise l’emplacement; elle est basée. sur l’admission réglée de la lumière, par les agencements qui sont apportés dans la disposition de la fenêtre. Si l’on installe l’appareil d’une manière
mobile extérieurement, ou dans un local quelconque, il est nécessaire que ce soit dans le voisinage immédiat du laboratoire, pour ne pas perdre inutilement du temps dans le trajet sans cesse répété. A défaut de
Fig. 5. — Appareil pholomitTograpbiipie monté dans un cabinet obscur servant de laboratoire.
laboratoire ou de cabinet obscur, on pourrait encore «à la rigueur opérer avec la tente ou laboratoire en plein air pour la photographie en campagne, qui serait également applicable aux travaux pittoresques ; ou bien encore se servir uniquement du procédé sec, eu préparant les glaces le soir, pour s’en servir le jour suivant.
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On se trouvera plus commodément au rez-de-chaussée ; le laboratoire doit être abondamment pourvu d’eau pure, arrivant sur un large évier, où se font tous les lavages ; la partie principale de la pièce sera occupée
Fig. 6. — Laboratoire portatif pour le collodion humide en'plein air.
(Ap lias l’appareil fermé pour le transport.)
par une grande table destinée au travail manipulatoire, pour lequel on la conservera toujours libre ; le long des murs, des planches seront disposées pour recevoir les flacons, la verrerie et les ustensiles de toute nature ; un buffet contiendra les produits chimiques, les menus objets et accessoires ; des clous fixés
Fig. 7. — Grand modèle de microscope anglais de M. Thomas Ross
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aux murs dans les places disponibles serviront à placer tout objet d’un usage direct. On évitera surtout l’encombrement en n’ayant rien d’inutile en service; l’ordre et la propreté seront constamment l’objet de l’attention ; c’est un des points capitaux de la photographie qui contribue beaucoup à assurer la réussite; aussi il est utile d’y veiller directement. Quand incme il ne serait pas possible de satisfaire aux exigences multiples que requiert tout laboratoire, avec une bonne organisation, on arrivera à opérer à l’aise, en y prenant ses habitudes.