LA LUMIÈRE
Le rayon de soleil n’est pas simple, il est composé de sept rayons de lumière ayant chacun une couleur différente, qui forment le spectre solaire : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge; ces sept couleurs se fondent plus ou moins les unes dans les autres, en sorte qu’il existe une infinité de nuances intermédiaires. Au delà du rouge, existent des radiations de chaleur obscure ; au delà du violet, elles sont susceptibles d’exercer une action chimique ; le spectre est ainsi divisé en partie calorique et partie chimique. En photographie, les rayons caloriques sont nuisibles, surtout quand, ayant besoin de beaucoup d’intensité, on condense le soleil sur un point; l’impressionnement des surfaces sensibilisées par l’iodure d’argent sous les rayons violets, commence à la raie F du spectre de
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Frauenhofer, atteint son maximum en H, et va en s’affaiblissant jusqu’aux limites des rayons ultraviolets.
En considérant le microscope comme instrument photographique, on comprend qu’il est nécessaire de recourir à une grande intensité lumineuse, qu’on n’obtient que par condensation avec des lentilles ; il provient de là des complications de phénomènes lumineux insaisissables, en relation avec la nature du sujet et les objectifs employés, et qui cependant se traduisent sur l’épreuve, tantôt caractérisé quement, tantôt jetant des perturbations, et donnent une fausse image sans qu’on ait soupçon de la loi qui les régit.
Le soleil est la première cause des effets lumineux et des réactions chimiques qui s’accomplissent; c’est la lumière solaire qui convient le mieux aux opérations par son intensité naturelle et ses qualités. Dans les climats septentrionaux , il ne se montre suffisamment que pendant la belle saison; s’il fait quelques rares apparitions en hiver, il perce une atmosphère brumeuse et est trop incliné sur l’horizon; pendant ce temps on préparera les
sujets microscopiques qui devront être reproduits au retour du beau temps.
Certains auteurs disent préférer la lumière diffuse au soleil ; le docteur Reichard trouve qu’elle donne une plus grande douceur de ton aux épreuves ; pour les sujets relatifs aux sciences naturelles, il n’est pas utile de produire un effet artistique ; une grande netteté, une traduction exacte, sont seuls désirables. Lorsqu'on emploie des objectifs forts, la lumière diffuse, même condensée, serait insuffisante, elle ne se borne qu’à quelques cas spéciaux. Il est préférable d’avoir recours à l'intensité du soleil, tous les photographes reconnaissent que c’est la vraie lumière pratique; car, disposant d’une source lumineuse abondante, on la corrige, on la modifie et on l’atténue selon les exigences.
La lumière artificielle peut, dans certaines conditions, remplacer celle du soleil, comme dans les projections microscopiques à la lanterne ; mais en photomicrographie son emploi se justifie tout au plus dans les applications purement expérimentales. Outre la production dispendieuse des lumières artificielles, elles obligent à un agencement compliqué
et gênant. La lumière électrique a l’avantage d’une grande intensité et sa composition se rapproche de celle du soleil, mais elle présente une certaine irrégularité actinique quand les charbons s’usent, et de plus, elle produit un foyer chimique. Celle du magnésium , obtenue maintenant à meilleur compte, serait très-bonne si le point d’ignition pouvait être constant. La lumière de Drummond , modifiée par le gaz oxhydrique, est plus pratique que les précédentes, et est douée d’un pouvoir éclairant très-bon pour les démonstrations expérimentales.