CONDITIONS D’ÉCLAIRAGE ET RÉFLEXION DE LA LUMIERE
Quand on reçoit sur le verre dépoli delà chambre noire un faisceau de lumière solaire réfléchi par le miroir, on voit qu’il a une teinte jaunêtre terne qui se traduit sur le négatif par une altération des tons du sujet, un manque de netteté et une perturbation générale dans l’ensemble. Il est absolument nécessaire de modifier l’éclairage tel qu’il est ainsi produit. La lumière qui s’ajoute à la lumière ne détermine pas un éclairage plus intense, car dans cer'
taines conditions elle engendre de l’obscurité; si ces rayons se rencontrent de manière à détruire les vitesses de leurs vibrations réciproques, il se produit une interférence , d’autant plus sensible que le grossissement est plus fort.
Afin de corriger la lumière, on la fait passer par un milieu modificateur, avant qu’elle traverse l’objectif. M. Woodwardet ensuite M. Moitissier ont indiqué une cuve de lames de verre parallèles écartées d’environ un ou deux centimètres ; contenant une solution de sulfate de cuivre à 5 pour 100 le liquide la monochromatise, il élimine los rayons inactifs , donne une radiation brillante (violette) , quoiqu’il laisse encore passer quelques rayons caloriques qui sont néanmoins peu nuisibles. Une solution d’alun donne un champ incolore et élimine aussi les rayons caloriques.
Dans certaines dispositions d’appareil, comme dans celle du microscope inclinant adapté à la chambre noire, où il est incommode d’interposer une cuve à liquide monochromatisant, entre le miroir réflecteur et l’objectif, surtout si les rayons solaires tombent suivant une certaine manière, on
pourra le rem placer par un verre bien cobalt très-pur , placé dans la pièce mobile de la coulisse. On élude ainsi en partie l’interposition de la cuve, en transigeant un peu avec la théorie de la lumière , mais nous pouvons affirmer, par suite d’un long usage, que le verre bleu cobalt donne dans la pratique de bons résultats, et que l’interférence qu’il peut produire n’est sensible que dans quelquescirconstances des forts grossissements.
• Le prisme a été préconisé par M. le comte Caslracane, entre les mains de qui il a donné de bons résultats ; mais au point de vue pratique, il est inférieur, comme étant moins commode à manier que le miroir, et causant ensuite une forte déperdition de lumièfe. S’il est possible de faire disparaitre le premier inconvénient par un mécanisme approprié, le second ne sera pas évité. Le prisme doit être en flinl placé à une courte distance du condensateur achromatique, qui permette une dispersion suffisante pour donner le rayon violet ; mais la cuve à sulfate de cuivre donne encore moins d'interférence à cause de la petite quantité de rayons qui sont transmis. Le docteur Maddox, qui a étudié avec un
soin spécial l'éclairage pour la pliotomicrographie, se sert tantôt du miroir, tantôt d'un prisme d’Abraliam condensateur achromatique dont une face est convexe ; il la place à une distance telle du sujet que les rayons se croisent avant d’y parvenir, afin d’éviter la chaleur intense produite parle faisceau lumineux, qui serait dangereux pour la préparation et pourrait décoller les lentilles. Rarement il l’emploie seul, maiskien avec une lentille condensatrice achromatique placée sous la platine de l’instrument.
Le miroir se manie aisément, se trouve à tous les microscopes, et n’a qu’une faible déperdition d’intensité lumineuse d’environ un tiers ou un quart de la totalité ; il est nécessaire qu’il soit plan d’un côté et concave de l’autre, afin de varier les effets lumineux : avec un objectif faible le côté plîm sera le meilleur ; avec un objectif moyen ou fort, le côté concave permettra de produire un faisceau lumineux concentré proportionnellement au diamètre des lentilles, qui seront couvertes pour produire sur le verre dépoli ou écran un cercle •complet, si le miroir est bien disposé et si le microscope est bien placé dans l’axe de la chambre noire.
En amenant un point lumineux vif sur la lentille frontale, passant par la préparation, on arrive généralement à donner une intensité suffisamment énergique pour impressionner la surface sensible à une assez grande distance, môme en faisant usage de lentilles très-petites. Celte méthode, simple par elle-même, réussit bien pour le travail ordinaire, mais elle exige une certaine habitude pour placer le miroir ; les rayons réfléchis ne sont pas rigoureusement centrés et l’intensité peut laisser à désirer par suite de rhomogénéification ; on a recours alors à la condensation, qui est surtout utile avec l’emploi des objectifs forts.
En faisant passer les rayons solaires à travers la cuve de sulfate de cuivre ou le verre bleu cobalt, on ne détruit pas certains effets secondaires résultant delà direction ; il faut que l’appareil éclaireur se prèle à donner à volonté un faisceau lumineux régulièrement réfléchi. On emploie, pour satisfaire celte condition, un condensateur formé de lentilles convergentes à foyer combiné. En règle générale, la lumière fournie est proportionnelle au diamètre des lentilles. Parmi les différents essais faits par
M. le docteur Maddox, citons : le condensateur achromatique de Sollilt, qui donne un champ très-large exempt d’aberration ; il consiste en deux lentilles achromatiques ayant la surface plane tournée vers l’objet; une lentille de Coddington, d’un angle d’ouverture d’environ 15°; deux lentilles piano-convexes superposées ; un doublet achromatiques de 22° d’ouverture. Pour simplifier, on peut employer un objectif du microscope d’un numéro inférieur à celui dont on se sert pour former l’image. M. Moitessier divise en quatre systèmes l’appareil éclaireur : convergent, divergent, parallèle avec croisement des rayons et parallèle sans croisement ; il a adopté deux lentilles, l'une de 5 à 6 centimètres de diamètre, et l’autre de 25 à 50 centimètres de foyer, et l'autre de distance focale très-petite , mobiles sur des coulisses à l’extrémité desquelles est situé le réflecteur.
La réflexion directe sur l’objectif par le miroir ou sur un condensateur demande de l'activité dans les opérations photographique ; le soleil se déplace rapidement. Ceci est d'autant plus sensible que le grossissement est peu accentué. On sera ainsi con-
stamment obligé de veiller el de vérifier si la projection sur le verre dépoli est régulière, afin de la corriger avant de mettre la glace sensibilisé.
Pour réfléchir les rayons solaires dans une direction toujours identique, on emploi Vhéliostat , appareil portant un miroir mû par un mouvement d’horlogeric qui imprime un déplacement à ce miroir d’accord avec celui du soleil. Il s’applique en photomicrographie plus spécialement aux opérations de cabinet noir qu’au microscope, adapté à la chambre noire ; dans le premier cas, on le place extérieurement sur une tablette cl on le règle pour le travail de la journée, sans qu’on ait plus ensuite à s’an occuper.