MISE AU FOYER
Ayant définitivement choisi l’endroit de la préparation qui est le plus propre à la photographie, on procède à la mise au foyer; c’est une opération assez subtile, qui exige du soin et de la précision pour ne pas mettre au point en avant ou en arrière. Quand il s’agira de préparations délicates à reproduire avec un objectif à court foyer, on reconnaîtra toute la nécessité d’avoir un instrument muni d’une vis micrométrique très-fine. En la manœuvrant de la main droite, ayant la tète sous le voile, et regar-
dant le verre dépoli, on prendra les précautions nécessaires pour ne pas exercer une compression inatlentive sur le verre de recouvrement de la préparation ; s’il se brisait elle serait perdue, ou , s’il résistait, la lentille frontale de l’objectif pourrait être détériorée. Dans le cas où l’objectif serait à correction et immersion, comme c’est le cas général pour la plupart des objectifs à très-court foyer, il faudrait préalablement l’avoir corrigé avec l’oculaire sur la préparation, et déposer la goutte d’eau avant de mettre au foyer.
L’image sera régulièrement mise en cadre, les diaphragmes réglés ; il est désirable que le soleil vienne du côté gauche, quand on travaille avec le microscope adapté à la chambre noire, pour ne pas gêner l’éclairage, pendant que de la main droite, on dispose la préparation ; la main passant devant le miroir produirait inévitablement un arrêt dans la transmission des rayons solaires. On aura les yeux très près du verre dépoli en mettant au foyer , une vue myope s’en accommode, mais lorsque la vue n’est pas perçante, on emploie la loupe dont les photographes se servent communément, qui se pose
sur le verre dépoli pour vérifier la netteté de l’image ; on ne meltera pas au foyer, au point central, ce qui, pour une surface uniforme, donnerait une netteté plus limitée : on tâtonnera une zone annulaire mixte entre le centre et les bords.
La position du corps en mettant au foyer devient quelquefois gênante, par l’obligation où l’on est d’avoir la tête cachée sous le voile devant la chambre noire, et d’allonger en même temps le bras pour faire mouvoir la vis micrométrique. Il est difficile de remédier à cet inconvénient inhérent à la disposition d’appareil, qui est d’autant plus sensible que l’allongement de la chambre noire est prononcé ; on peut avoir recours à un aide qui termine la mise au foyer, suivant les indications de l’observateur. M. de Brébisson s’est servi d’un miroir incliné intérieurement au fond de la chambre. On a alors le corps penché sur le milieu de l’appareil, placé sur une table de hauteur convenable, la tête sous le voile et la main droite plus libre pour opérer. Mais mieux vaut encore une position un peu gênante qu’un système mécanique compliqué pour agir de
loin. En réglant la distance focale dans un cabi-
net noir, avec l’écran un peu éloigné, il est nécessaire d’avoir un agencement permettant de mettre au foyer près de l’écran, car, si l’on est un peu éloigné, on est sujet à des méprises.
Une fois que tout est complètement arrêté, on interpose sur le trajet des rayons lumineux un carton qui empêche le soleil d’échauffer la préparation et le miroir inutilement, pendant qu on prépare la glace sensible; lorsqu’on apporte celle-ci pour la substituer au verre dépoli, il sert à régler l’admission et la suppression de la lumière à volonté, sans occasionner aucun dérangement ou vibration dans l’ensemble de l’appareil.