POSE
S’il est impossible pour la photographie ordinaire de formuler une appréciation sur le temps de pose, il l’est encore davantage pour la photomicrographie, où les causes qui la régissent sont tellement multiples et complexes; il est soumis au diamètre des lentilles, à la distance de l’écran, à la nature de l’objet, à la surface de réflexion, au condensateur,
et aux moyens correctifs et homogénéifiants de la lumière. La pose est donc variable depuis l’instanlanéitô jusqu’à plusieurs minutes, selon l’intensité de l’éclairage; seul l’opérateur peut avec sa propre expérience et la pratique, être juge de la question.
11 se gardera bien de tomber dans l’un ou l’autre excès; ils seraient funestes. Si l’on pose trop, l’épreuve sera voilée ou elle prendra un ton solarisé, qui empêchera que les oppositions soient bien gardées, conditions essentielles pour produire une belle photographie ; si l’on ne dispose que d’une faible lumière, comme c’est le cas avec les objectifs très-forts, ou avec la lumière diffuse, on posera plus longtemps, sans toutefois laisser la couche sensible s’altérer, ou l’on emploiera un procédé sec. Mais on ne doit pas présumer qu’avec une lumière très-peu intense, donnant à peine une image formée, on puisse arriver, en exagérant l’exposition, à obtenir une épreuve passable ; les détails ne ressortiraient pas et elle serait défectueuse.
Il arrive qu’en opérant avec un ciel clair, mais parsemé de nuages légers, ils passent devant le so-
leil au moment même de la pose; la glace au collodion humide ne peut attendre qu’un temps limité ; si le nuage est trop fort, elle est perdue; en regardant la direction du vent, on prévoira les éclaircies, et l’on veillera au moment propice pour exposer la glace ; c’est pourquoi on ne travaillera, autant que possible, que par un temps sûr.
Dans quelques circonstances spéciales très-rares, on peut être obligé d’obtenir des épreuves instantanées, comme des animalcules vivants et des phénomènes vitaux en voie de formation; pour avoir une lumière intense, on n’emploiera que de faibles grossissements ; la difficulté matérielle la plus importante réside dans l’emploi d’un obturateur agissant rapidement sans produire la moindre vibration de l’appareil optique ; le carton que nous avons proposé pour intercepter la lumière convient à cause de son indépendance complète du système; avec quelque peu d'habitude dans la main, on arrivera à s’en servir comme d’un obturateur instantané.
Le temps de pose se mesure généralement mentalement, mais si l’on veut avoir une indication
précise, on emploiera une montre à secondes, ou un métronome, ou un pendule composé d’une balle de plomb au bout d’un fil.