‹ La Chambre noire et le microscope. Photomicrographie pratiqueChapitre 25 sur 27 · TESTS-OBJETS · texte numérisé non relu

TESTS-OBJETS

La photom icrographie offre des difficultés matérielles inhérentes à certaines natures de sujets dans les grossissements moyens, mais son véritable triomphe pour l’opérateur et pour l’opticien qui a fabriqué de

bonnes lentilles, réside dans la résolution des testsobjets; reculer la limite des forts grossissements a été le but vers lequel tendent ceux qui pratiquent la photomicrographie.

On donne le nom de test à des sujets microscopiques naturels ou artificiels très-parfaits dans leur infinie petitesse, qui permettent, par la manière plus ou moins heureuse dont les détails subtils sont interprétés, de juger du degré relatif de perfection de l’objectif, dans sa pénétration, son ouverture, sa netteté, sans nuire à la puissance ; en même temps c’est une preuve d’habileté pour celui qui conduit à bonne fin cette opération délicate. Aussi c’est une bonne précaution d’essayer un objectif puissant, par la résolution de tests , avant de s'en rendre définitivement possesseur.

Ils ne doivent pas être considérés purement comme sujets d’expérimentation photomicrographiques, et d’une vaine utilité technique ou positive; en servant à prouver le degré de fini et d’habileté des artistes qui les fabriquent, ils suscitent une émulation profitable, permettant d’atteindre le superlatif de l’art micrographique et de faire d’importantes

découvertes en perfectionnant les instruments d’investigation puissante.

Le tests naturels en usage étaient empruntés aux organes de certains insectes , les plumules d’ailes de papillon, des épidermes, etc. On a maintenant communément recours aux diatomées, dont la précision géométrique des formes est alliée à l’extrême subtilité. On choisit de préférence celles dont les cellules sont les plus régulières, et dont la valve présente des caractères de finesse remarquable dans leurs stries ou leurs ponctuations. Telles sont les Naviculës, les Discoïdes , les Grammatophora , les Surirella, etc., sur lesquelles s’est exercée la pbotomicrograpbic expérimentale. On recherchera les préparations excellentes, en choisissant dans un grand nombre et en examinant dans les meilleures quelles sont celles qui s’y prêtent le mieux par leur degré de perfection.

En usant du pouvoir amplifiant le plus possible pour résoudre des tests, on ne perdra pas de vue que le principe essentiel est de ne compromettre nullement la pureté de l’épreuve; on ira jusqu’au point où l’objectif le permettra, mais sans le dépas-

ser. On se rappellera aussi que, clans les essais de ce genre, les phénomènes lumineux viennent beaucoup compliquer les véritables formes et traduisent faussement les détails naturels en produisant de singuliers effets. Avec un objectif fort et une grande distance de l’écran récepteur de l’image, l’interférence et la diffraction deviennent très-sen-

Fig. 11. — Interprétation du Vleurosigma angulatum employé comme test-objet pliotomicrographique, et indication des effets qui résultent de l'interférence (traduits par la gravure).

sibles, surtout dans les préparations au baume, sans qu’on en ait conscience. Elles sont beaucoup plus sensibles quand on se sert d’un verre dépoli comme écran, que d’un papier tendu. Ainsi, pour le Pleurosigma angulatum, test très-difficile et qui a

beaucoup été étudié, l’incidence des rayons lumineux produit des lignes de. stries qui se croisent, ou avec plus d’amplification des ponctuations mal définies, et dont les divers expérimentateurs ont donné bien des solutions diverses ; par un examen attentif avec un bon objectif à correction et immersion, on sera convaincu que cette dialomée est réellement couverte de protubérances, dont l’aspect se moditie selon les jeux et ondulations de lumière.

Citons parmi les résolutions de tests les plus re marquables par la photographie, le P. angulatum de M. Woodward, obtenu avec agrandissement, au grossissement de 19,500 diamètres , donnant sur l’épreuve positive môme des illusions optiques indéterminées, selon la direction des rayons visuels. La même dialomée a été photographiée par le docteur Maddox au grossissement de 3,000 diamètres. Elle a été aussi résolue par M.Lakerbaüer; les protubérances s’y traduisent par des cercles avec point central ; l’épreuve amplifiée tirée sur verre pour stéréoscopes rend leur relief évident.

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