ÉPILOGUE BT DÉDICACE A UN AMI
plus ou moins que les autres. Mais cela m’étonnerait, parce qu’elles sont toutes des produits d’un même esprit et d’un même temps. Il y a beaucoup de choses dans le volume complet que je t’offre maintenant pour la troisième fois, que je sentirais, considérerais et exposerais autrement. Beaucoup de choses ont perdu le mérite de l’à-propos. Mais je le donne tel qu’il est et pour ce qu’il est. Il faut juger les écrits d’après leur date; c’est toujours une excellente maxime. Si en ce moment je trouvais l’occasion d’employer Ja même forme d’écrire, je croirais être obligé à donner quelque chose de plus intéressant et de plus spirituel, et surtout qui atteste une plus profonde connaissance des hommes et une contemplation plus féconde de la vie. Si j’y étais impuissant, je devrais dire que j’ai vécu une douzaine d’années inutilement.
Mon digne ami, depuis que je t’ai dédié pour la première et la deuxième fois la plus grande de partie ces morceaux insignifiants, il s’est fait passablement de vide en nous et hors de nous. La vie est maintenant pour nous une chose claire ; nous pouvons bien dire qu’elle nous est connue, et nous , sommes fixés de différentes manières sur ce qu’elle a de sérieux et sur nous-mêmes. Il s’est éveillé des inquiétudes en nous, et il s’est fait sombre là-haut. Des larmes ont coulé dont notre joyeuse jeunesse, malgré toute la vivacité de son imagination, n’avait pas d’idée. Heureux si nous avons appris à connaitre des joies et aussi des consolations dont la force et le bonheur n’avaient pas rempli nos jeunes cœurs !
Ce sont elles : et les mêmes que notre joyeuse jeunesse nous a données, elle les a à sa disposition et elle les donne à qui en a besoin. Remercions Celui qui nous a donné un cœur