SCENE XL
CHAYIGîSY, LE COMTE.
CHAVIGNY , à lui-même. Une mère!...
{Avec réflexion et abattement. ) Un enfant!. . . trois mois ?
LE COMTE, à lui-même... Un fils ! un fils !. . . {Avec fatuité.) Beau comme le jour... (5e jwsant.) Beau comme... [Etouffant un éclat de rire, et regardant Chavigny. ) Pauvre petit duc!
CHAVIGNY, à lui-même. Et cette femme que je n'avais pas revue, celte femme dont je ne sais pas même le nom, et qui repousse avec audace tous les souvenirs que je lui rappelle... elle ose encore me faire demander...
LE COMTE , à lui-même. Je ne sais si ma conscience me permet. . .
CHAVIGNY, résolument. Oh! non... non...
c'est impossible!... je ne le veux pas!
LE COMTE, gaiement. Ah! bah!... je vais jurer d'être son protecteur... son appui... Oui... je peux faire ce serment-là !
CHAVIGNY. Allons!... n'hésitons pas... je refuserai... poliment... je prierai cette dame de choisir une autre personne... et... [Sa7is le vouloir il a marché vers le Duc , et se trouve auprès de lui. Tous deux recommencent à se saluer avec le même embarras, puis Chavigny romi^t enfin le silence.) Deux mots, s'il vous plaît, monsieur le comte.
LE COMTE. A vos Ordres, monsieur le duc !
CHAVIGNY. Par vous j'ai été bien malheureux!... par vous, j'ai perdu la femme que j'aimais... la seule que je pouvais aimer... Mais je n'ai rien à dire... aucun reproche à vous faire... vous êtes son mari.
LE COMTE , à part. Son mari ! il y tient !
CHAVIGNY. Je vais quitter pour toujours cette demeure... où je voudrais n'être jamais entré... Je vous laisse avec ces dames... {Mouvement du Comte; le Duc reprend vivement.) J'y suis résolu!... je neveux plus
voir ni l'une ni l'autre oh! ni l'une ni
l'autre! Seulement, vous m'obligerez,
monsieur, puisque vous restez, vous... de paraître à ma place dans une cérémonie.-
LE COMTE, étonné. Une cérémonie?
CHAVIGNY. Il s'agit d'un baptêoic.
LE COMTE, plus étoYiné. Un baptême?
CHAVIGNY. Où l'on veut que je sois le parrain.
LE COMTE. Le paiTaiu?.., ah ! bah!... [À