SCENE X. Les Mêmes , le duc de CHAVIGNY
CHAVIGNY, bas, au Comte. Non, monsieur, non... pour cela, je ne le souffrirai pas!...
LE COMTE. Comment?
la comtesse. Le duc !
LAURENCE, à part. Mon mari!
LE COMTE , à part. A qui en a-t-il donc ?
CHAVIGNY, haut. Oui, mesdames; c'est encore moi... car j'ai trouvé fermées toutes les issues du château. Et je venais m'en plaindre à vous. ., {A la Comtesse, en regardant Laurence.) Mais en vous revoyant, madame, je change de résolution. ... et je reste !
LAURENCE, à part, avec joie. Ah!
CHAVIGNY. Si vous le voulez bien.
LA COMTESSE. Monsieur!
LE COMTE , à part. Il reste , parce qu'il revoit ma femme !
CHAVIGNY, bas, au Comte. Vous m'avez enlevé ma pensionnaire, monsieur ; il est trop juste, malgré tout mon amour, que je respecte vos droits.
LE COMTE, souriant. Mes droits!
CHAVIGNY. Mais en revanche, j'exige que vous respectiez les miens.
LE COMTE, changeant de ton. Les vôtres !
CHAVIGNY, désignant la Comtesse. Cette dame. . .
LE COMTE. Hein?
CHAVIGNY. Mon inconnue dont je vous ai parlé il y a nn an... ma belle voyageuse de Saint-Germain.
LE COMTE, à part. Qu'est-ce qu'il dit?... Ma femme... (i la Comtesse.) Vous avez été à Saint-Germain, madame?
LA COMTESSE, souriaut. Pourquoi pas...
vous y étiez, vous...
CHAVIGNY, bas, en serrant la main du Comte. Sous aucun prétexte je ne souffrirai qu'on me l'enlève...
LE COMTE, à part. Ah! c'est trop fort!... il ne souffrira pas que je lui enlève ma femme.
Ici on entend un bruit de cloches à l'extérieur,
qui continue jusqu'à la fin de la scène, et l'or-
chcslrc exécute en sourdine l'air de Sonnez , cors et muselles, de la Dame blanche.
CHAVIGNY. Qu'est-ce que cela?
LE COMTE. Pourrai-je savoir, mesdames?
LAURENCE, à Chnviçjmj. Ces cloches nous annoncent que tous nos amis viennent d'arriver au château, et que l'instant e.^t venu de vous apprendre, monsieur le duc, le service que j'attends de votre courtoisie,
CHAVIGNY. Ah ! enfin !
LA COMTESSE. C'est madame qui va vous en instruire.
CHAVIGNY, regardant Laurence. Madame?...
LA COMTESSE , au Comte. Et de mon côté, monsieur le comte, je vais vous parler pour mon amie.
LE COMTE, étonné. Pour elle !
LES DEUX HOM.MES. Comment?... que signifie...
LES DEUX FEMMES. EcOUlCZ !
Laurence emmène Chavigny à droite, et Éléonore emmène le Comte à gauche.
LES DEUX FE.MMES, ensemble : Il s'agit d'un baptême.
LES DEUX HOMMES, de même. Un baptême!...
LA COMTESSE , ttu Comte. Oui , le duc de Chavigny a un héritier.
LE COMTE. Plaît-il ?
LAURENCE, à Chavigny. Mon amie a une fille... charmante!
LA COMTESSE, ttu Comtc. Un fils... beau comme le jour !
CHAVIGNY, à part. Une fille!...
LE COMTE, à part. Un fils?... Pauvre petit duc!
LA DUCHESSE, QU ComtC.
Air de la Dame blanche.
Et la faveur que de vous on réclame...