Cf. i>E Lappauext, Leçone de Géographie physique, p
HYDROGRAPHIE
d’intensité, le réseau ramifié des cours d'eau et rigoles dessinant sur la caite un veiitable clievelu. Dans le terrain de craie, au contraire, le réseau fluvial est soumis à une sorte de rétrécissement; les rivières sont très espacées, parce que chacune d’elles, formée dans les thalwegs les plus profonds, exige la concentration préalable par cheminement souterrain des pluies abreuvant une grande su])erficie.
Nous avons signalé également le contraste qui existe entre le caractère torrentiel des rivières de la Champagne Humide et l’allure tranquille des petits cours d’eau du terrain de craie. Cette opposition de régime n’exclut pas une analogie dans le processus des crues et des décrues de toutes les rivières champenoises. Belgrand a fait ressortir la simultanéité des crues dans tout le réseau hydrographique du bassin de la Seine (‘) ; la seule différence est que la durée des crues et des décrues est inégale, suivant la nature du sol abreuvé. C’est que les conditions d’alimentation sont les mêmes pour toutes les rivières champenoises, le bassin de la Seine étant soumis aux mêmes influences atmosphériques, en ce qui concerne la j)luie. Les fortes crues se produisent normalement pendant les mois de la saison froide, les pluies d’été, bien que plus abondantes, ne profitant pas aux rivières j)ar suite de l’intensité de l’évaporation pendant la saison chaude (^).
Il nous reste, pour compléter cette étude hydrographique, à évaluer l’influence très inégale exercée sur les grands cours d’eau du bassin de la Seine, l’Yonne, la Seine, l’Aube, la Marne et l’Aisne parleur traversée de la formation crétacée chamj)enoise, et à déterminer dans quelle mesure elle affecte leur régime initial.
Lorsque l’Yonne pénètre en aval d’Auxerre dans la zone infracrétacée qu’elle traverse jusqu’à Laroche sur un parcours d’environ 27 kilomètres, elle a déjà un régime torrentiel fortement accusé qu’elle doit à l’altitude relativement considérable de ses sources dans le Morvan granitique (le massif le plus arrosé de tout le bassin de la Seine), à la pente rapide de son lit et à la nature imperméable des terrains qu elle draine dans son cours supérieur (’). Dans sa traversée