La Seine, p. 64, 26iî
2. Hklgkaxi>, La Seine, p. 65. Le débit miiiimuin do.s sources profondes et des cours d’eau, à U fin de la saison chaude, dépend donc essentiellemont de l’état des nappes au début de l’hivoi* précédent et des pluies de cet hiver. C’est ainsi que le service h ydrométrique peut formuler, au commencement du mois de mai de chaque année, un j prévision pour le débit des principales sources de la V''a.iue pour le deuxième semestre suivant ; il suffit de sc référer à la hauteur des pluies tombées, soit à Sens, soit à Troyes, pendant la saison froide.
Cf. Edmond Maillet, Sur la prévisiou dos débits miuima des sources de la Vanne {C. H. de VAcad. deê ac., t. (TX.WIV, 190.3, p. 1103-1105).
3. L’Yonne sort de rétang de Belle-Perche (Morvan) à l’aitîtude de 726 métrés, à 16 kilomètres do (diâteau-Chiuon. La hauteur moyenne annuelle dos pluies e.st de : 1 691 inillimétres aux Settons (allitu.îe 595 mètres); 1530 nidlimétres au Haut-Eoliu (902 mètres) pour la période 1859-lHu8; I 191 niîlli-
LA CHAMPAGNK
(les terrains imperméables de l’infracrétacé (superficie 1 240 kilom. carrés), le Serain et l’Armançon grossi de l’Armance qui apportent à l’Yonne le tribut considérable de leurs eaux, ne sont pas moins torrentiels que la rivière principale ('). Leurs crues qui sont généralement simultanées arrivent dans TYonne plusieurs heures avant celles du fleuve dont elles déterminent les niveaux subitement élevés, en aval de Laroche (■). Les ruisseaux de la Puisaye et du Gàtinais (Kavillon, Tholon, ru de Saint-Vrainj n’ont qu’un débit médiocre et irrégulier, peu capable d’influencer le régime de l’Yonne. Quant à la Yanne qui draine les sous-sols crayeux du pays d’Othe, et dont plusieurs soui’ccs ont été captées pour l’alimentation de Paris, son débit assez faible et ses crues lentes ne font que soutenir les niveaux de l’Yonne dans son cours inférieur. Il en résulte que les hautes eaux du fleuve, en aval de Laroche, restent subordonnées à celles des cinq rivières ])rincipal3s du cours supérieur : l’Yonne, la Cure, le Cousin, le Serain et l’Armançon. Les crues annoncées à Sens sont évaluées par le service hydrométrique à l’aide des observations faites sur l’Yonne à Clamecy, sur le Cousin à Avallon, sur l’Armançon à Aisy (®). En aval du confluent de l’Annançon, à Joigny, les eaux de l’Yonne peuvent s’élever en temps de crue à plus de 4 mètres audessus du zéro do l’échelle. Le débit de l’Yonne qui, entre Auxerre et Laroche, n’est que de 13 mètres cubes à l’étiage et de 300 à 500 mètres cubes au moment des hautes eaux, peut s’élever, entre Laroche et iMontereau, de 17 mètres cubes à 7 000 et même 11 000 mètres cubes (^). La traversée du terrain de craie sur une longueur d’environ 90 kilomètres (superficie drainée par l’Yonne dans le terrain de craie et les terrains tertiaires 4190 kilom. carrés) n’atténue donc pas sensiblement l’allure torrentielle que l’Yonne doit aux con-
môtres à Château-Chition (532 mùtrcs) pour la période 1881*1900. Les formations £r<^‘Ologiqnc^ de la haute Voune se r jpartis.sent aiusf : tcrr.iins i^ués et paléozoïques du Morvan, 1 G15 kilomètres carrés ; lias du Cork)i}{ny, 1910 kilomètres carrés; oolithe, SG60 kilomètres carrés; soit 3585 kilomètres carrés pour les terrains uottemeut imperméables, (’ortaincs assises de roolithe (marnes kimmcridgicnnes) étant demi'perménbles, la superficie des terrains perméables est inférieure à 3680 kilomètres carrés. Cf. la noimnclaturo détaillée des terrains traversés par l’Vonue dans le liapport du êervicede /a wavigation an conseil général de V Tonn?.. année 1899, 3^ partie, p. 72*73. Longueur du cours de la source à Auxerre, 220^‘o^500; didéreuce de niveau, 630 mètres; pente kilométrique, 2™, 85.
1. Le Serain a ses sources dans le lias imperméable et alimente deux de scs principaux affluents dans le Morvan granitique. L'Armançon qui fournit à lui seul près dos deux tiers dos eaux do la basse Vonne provient égalemeut du lias (pays de Corbigny) et décrit une grande courbe à travers la formation iiifracrétacéo.
2. ilBLOKAND, Ixi Seine, p. 3S1, 382, et Annales de-^ ponts et chaussées^ I8T3, semestre, p. 181.
3. Cf. Henri Lrmoinr rt Lkfkiii:re ük Focrct, Nouvelle élude sur l’annonce des crues d’inondation dai.8 le bassin de l’Voane (Neruîee hgdrométr. de la Seine, observations de l’année lt^3, résumé, p. 33 sqq.).
4. .l/anncl hydrologique du hat in de la Sein*, p. 106; Annales des ponts et chaussées, 1883, l'^r^em., p. :8ü.
bassin supérieur et moyen de U marne
BlflE
Terrains imperméables UnTracrétacé et Lias)
Echelle : 8 miflini. pour 10 kilo)n.
Niveaux de la Marne pendant la saison froide 1900-1901.
Novembre Décembre Janvier
5 10 l.j 21 LT) :!ü ô 10 15 20 25 ai 5 10 lé 20
Février
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HYDROGRAPHIE
ditions de son alimentation, à la pente de son lit(‘), à Tinfluence prépondérante des terrains imperméables de son bassin. A Sens, et même à Montereau, le niveau des fortes crues dépasse toujours la cote de submersion des rives, et les inondations ne sont pas rares (*).
Conformément à la loi générale qui régit les cours d’eau du bassin de la Seine, les crues de l’Yonne se produisent surtout pendant les mois de la saison froide, période pendant laquelle les pluies sont particulièrement fréquentes et abondantes dans le IMorvan (^).
Grâce à l’abondance de scs eaux, et malgré les variations souvent brusques de ses niveaux, l’Yonne a toujours été une voie navigable très fréquentée. Par l’Yonne, les bois du Morvan et de la forêt d’Othe, les vins et les matériaux de construction de la Bourgogne descendent encore aujourd’hui vers Paris. Au Moyen Age les pirates normands remontaient le fleuve jusqu’à Auxerre; les armées et le matériel de guerre empruntaient même fréquemment le cours de l’Yonne. Au xviP siècle, on voit des coches circuler régulièrement sur l’Yonne, pour le transport des voyageurs entre ^Vuxerre et Paris Ç). Dès le XVII' siècle nos rois s’étaient substitués aux seigneurs riverains pour réglementer la navigation. i\Iais, jusque vers 1840, aucun travail sérieux d’amélioration n’avait été entrepris pour supprimer, au profit de la navigation, les obstacles résultant de l’instabilité du niveau des eaux et des inégalités du fond de la rivière. Les premiers travaux commencèrent, sous Louis-Philippe, par la création des barrages mobiles avec dérivations. Puis, la création du réservoir de la Cure, aux Settons dans le Morvan (1854-1858), d’une superficie de 400 hectares avec une capacité de 24 millions de mètres cubes, permit d’atténuer les inconvénients des basses eaux ; la dérivation de Gurgy, longue de 5 kilomètres, abrégea la voie navigable de 9 499 mètres. Des consi-
1. Peate totale du lit, 682 mètres; altitude du plan des basses eaux : à Auxerre, 96'", 60 ; à I^aroche, 7. '“,94; ù Moutereau, 4fi’",03 (Ublokand, La Seine, p. 412-413). Cf. Atlas des voies navtffnl/les de la France, 2'* séiie, ü<“ fasc., p. 15 sqq et pl. XII (profil de l’Yonne entre Auxerre et Montereau).
2. A Sens (écluse de Saint-Bond), la montée des eaux d’une crue ordinaire (janv.-févr. 1893) atteignit l'“,76, la cote initiale étant 0'",20, la cote maxiiiia La 8ubmcrt»ioii des rivi s commence à la
cote 3"', 60, les niveaux des principales crues dépassent 4 mètres (4™, 35 en mars 1876 ; 4 '",39 en décembre 1882; 4"», 31 en février 1889). (Cf. Manuel htjdrol. dn ba.^sin de la Seine, p. 93, et Service hydrom. de la Seine, résumé des observ..t., auiiée 1892, p. 59; Champion, //ùf. des inondations en France, t. II, p. 177 8<iq.).
3. Aux Settons* prés de Monfsauuho (Morvan), la moyenne de quarante années (1859-1898) accuse une hauteur annuelle des pluies do 1 694 millimètres se répartis.sant ainsi : sfiisou froide, 88J millimètres ; saifou chaude, 805 inillimètros,
4. Sur la navigation de rVouue, cf. Cranoink, Mémoire sur la navigation de l’Yonne (Annales des ponts et chaussées, 1811, t. I, p. 3) ; Cambuzat, Navigation de l’Yonue (/d., année 1873, t. I, p. 177) ; Max t^UANTiN, Histoire de la rivière do l’Youne de la Soc. des sc. de Vyonne. t. XXXIX, aimée 1885, et t. IjI, année 1897); Rapport de l’ingénieur chargé du service do la navigation (Cousc»7 (générât de Seine-et’.Marne, année 1897, p. 289 s<iq.); Viühon, l*ltudes hiaioriques sur la navigation de la rivière de l’V'ouiie (Ajinales des ponts et chautsée^, 1851. 1" sein., p. 334 sqq.).
dérations budgétaires ayant fait échouer un projet de canal latéral en 1887, les travaux d’amélioration du chenal ont été poursuivis depuis 1890, et aujourd’hui les derniers obstacles à la navigation ont disparu : les péniches du nord et de l’est peuvent circuler librement sur l’Yonne, car depuis Auxerre jusqu’à IMontereau, la voie navigable longue de 107'‘"',900 ('), présente un mouillage minimum de 1"',G0 et 2 mètres entre Laroche et Montereau ; quarante-cinq ports sont échelonnés le long des rives du fleuve. L’Yonne navigable doit surtout son importance à son raccordement avec la Seine, avec le canal de lîourgogne qui débouche par la vallée de l’Armançon à Laroche, avec le canal de la haute Y'onne ou du Nivernais (d’Auxerre à Decize, sur la Loire, 177 kilom.). Les progrès de la navigation sont constants, surtout dans la section de Laroche à Montereau, alimentée par le canal de Bourgogne, et c’est le transit qui représente la majeure partie du trafle (•).
C’est qu’en effet l’Yonne, avec son système annexe de canaux, constitue entre Paids, Lyon et la Méditerranée une voie de transit (’) d’une importance exceptionnelle.
L’alhire de la Seine est toute différente de eelle de l’Yonne. Lorsqu’elle quitte les plateaux oolithiques de la Bourgogne pour entrer en Champagne près de Courtenot, en aval de Bar-sur-Seine, la Seine est une petite rivière aux eaux transparentes coulant sur un lit de graviers, dont le régime est remarquablement constant. Les plateaux oolithiques de la Bourgogne où elle a ses sources à une altitude inférieure à 500 mètres, et où s’alimentent ses premiers affluents l’Ource et la Laignes, s’ils sont assez bien abreuvés sont Assurés et per-
1. (i'Auxurre à Laroche; 8ô^'»,300 de Laroche à Montereau. La uavi^atiou emprunte le lit
de rVouuc, sauf entre Gurgy et Kaveuse, Joigny et 8aiut-Aubiu, Ooarlou et Port^Renard, où elle est établie eu dêrivatiou; la pente totale de est ra hetée par vingt-six écluses.
Mouvement de la navigation de l'Yonne.
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1“ d’Auxene à Laruefac.
2" do I.arucbe à Müiitoroau.
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Décomposition du tonnage on 1898 : trafic intérieur, 5 I5ô tonnes; arrivages, 73 7ôl tonnes; expéditions, 5 188 J tonnes; transit, 457013 tonnes. En 1901, le tonnage du transit effectif s'élevait à 98691 tonnes sur la voie du canal de Bourgogne.
3. De Paris à Lyon par la ligne de Bourgogne (Vonne et canal de Bourgogne), la distance est de 610 kiluiuùlrjs.
4. Hauteur annuelle dos pluies: à Saint-Seine, 87 1 millimétrés ; à Cbanccaux, 873 millimétrés ; ù
Mctves.