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Lonokuk, La Gaule au eixUme aUele, p. 73, note

LA RACE CHAMPENOISE

l’occupation de Reims par les Francs dès 496. Ces Francs, comme leurs congénères germains , étaient des hommes de haute taille , franchement dolichocéphales, aux yeux et aux cheveux clairs (‘). Les noms de villages empruntés à la langue des Francs sont, il est vrai, en nombre fort restreint; dans la Marne, Longnon a relevé les

noise (fara : famille), Hans (forme altérée de ham, village, qu’on retrouve dans hameau), Oyes (augia, forme latine de atc, prairie), Heiliz (forme française d’un nom de lieu germanique de l’ordre fol’cstier) pj. En revanche, un assez grand nombre de noms propres de personne d’origine germanique se sont combinés, à l’époque mérovingienne, avec le suffixe latin acus, les mots curtis ou villa, pour désigner des noms de lieux (^). Mais leur nombre, relativement restreint, ne permet pas d’évaluer, même approximativement, l’importance numérique de la population franque fixée sur le sol de la Champagne (^) ; et, en général, nous devons nous garder de croire que la fréquence de ces noms d’origine barbare soit absolument l’indice de l’afHuence des populations d’origine germanique dans notre pays; cette fréquence prouve seulement, semble-t-il, que les conquérants francs, qui ont dû constituer une aristocratie de grands propriétaires, ont imposé souvent leurs noms à leurs domaines dont le plus grand nombre ont donné naissance à des villages. Quoi qu’il en soit, l’intrusion de cet élément germanique nouveau au milieu des plus anciennes populations ne doit pas être considérée comme une quantité négligeable.

En résumé, les données de toute sorte nous permettant de déterminer les éléments ethniques de la population champenoise sont trop incomplètes et trop disparates pour qu’il nous soit possible de reconstituer, avec une rigoureuse exactitude, la succession des différentes races qui se sont superposées et mélangées dans des proportions vraisemblablement inégales sur le territoire de la Champagne ; nous constatons seulement que la population champenoise est loin d’être caractérisée par la prédominance d’un type spécial et homogène. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement : la Champagne, par sa situa-

1. I^AONKAL’, Kthnoîogie de la France (/î«/ïeL de la Soc, d^anthropoL, i. II, 18C1, p, ÎÎ69, 373-371).

2. Cf. introduction au IHct. topogr, de la Marne. I)n dialecte des IJurgoiides, on ne relève aucune trace en Champagne ; d^ailleura, il n'existe aucune preuve que la domination bourguignonne so soit étendue sur les cités d'Auxerre, de Troyes et de Chàlons (Loxonon, La Qanle au sixième siècle, p. 75).

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