D’Aubois, îoe. cit., p. XViii
5. Kxemplcs : Duro-^ortornm (nom primitif de Reims); Dnro-catnvellanni (non primitif de Châlous) ; Ebnro-hriga (Avrolles,-Yonne), Kin4o-frri#7a (Vendeuvre, Aube), etc. Ilueuîl (Aube, Bnxolainm) ; Marcuil (Marne, Maroialum) ; Xanteuil (Marne, Suntoialum), etc. Cf. les listes dressées par dLVrbois {Les Premiers habitants de VEnrope, t. Il, passim, et Recherches snr Vorigine de la propriété foncière et des noms de lieux habités, Paris, in-S", 1890) et par M. IjOXOKox (/7ct’»e celtique, t. XIII, p- 361-367, et Dict. topogr, de la Marne, ititroduction).
dans la nomenclature des localités champenoises ( ') ; si les noms à finales en ay, ey, y, is, ix, ye, etc., ceux qui sont formés d’un gentilice ou d’un cognomen d’origine latine et des suffixes acus ou iacus, o-onis, aria-arias, etum, etc., ou qui proviennent de la combinaison de mots empruntés au vocabulaire latin, sont particulièrement fréquents en Champagne (•), il ne s’ensuit pas que la colonisation romaine ait eu pour effet de modifier sensiblement les éléments ethniques primordiaux de la population. La Champagne, comme tous les pays du nord de la France, a été transformée beaucoup plus par la civilisation romaine, dont les principaux foyers étaient à Sens et à Reims, que par le sang romain .
Les infiltrations réitérées et les invasions des barbares germains ont exercé dans ce sens une influence autrement profonde. L’infiltration des barbares germains, de même race que les Celtes et les Belges, commencée en Gaule dès les premiers siècles de la domination romaine, et transformée depuis le iv® siècle en une véritable invasion, paraît avoir largement contribué à la prédominance de la dolichocéphalie, des hautes tailles et du type clair dans la région champenoise. La présence et le séjour prolongé de plusieurs groupes de colons d’origine germanique sur le sol de la Champagne sont révélés par la toponymie locale. La Notitia dignitatum mentionne l’existence, aux environs de Reims, d’une station de Germains désignés sous le nom de Loeti gentiles ; une.ancienne voie, qui longe la montagne de Reims sur un parcours d’une dizaine de lieues, est signalée au IX* siècle par l’archevêque Iliucmar sous le nom significatif de « Chemin de barbarie », et le long de cette route, les noms des villages de Gueux (Gothi), Sermiers (Sarmatœ) ont perpétué le souvenir de cantonnements germaniques. Plusieurs localités de la Marne ont conservé le nom de peuplades barbares, comme Allemanche {Alamannica), Allemant (Alamanni), Aumenancourt { Alavmnnorum cortis), Sermaize (Sarmatia), Bourgogne ( Burgundia) , Villers-Franqueux ( Villai'e Franco rum[']) dans l’Aube, Montgueux {Mons Gothorum ?). Tous ces noms indiquent la présence de soldats auxiliaires et de colons d’origine étrangère. L’invasion franque, succédant à des infiltrations germaniques antérieures, s’étendit rapidement à toute la Champagne ; en 495 Troyes obéissait déjà à Clovis {‘), et Grégoire de Tours atteste
1. Cf. Fcsteij DR CouLAKOBS, L*AUen et U domaine ruralt p. 222*223.
2. Cf. les listes dressées par M. Lohuxon dans sou introduction au Dict. topogr, du département de la Maine,