‹ La ChampagneChapitre 147 sur 166 · Ue Lapparent, Ua»»in pari»ien, p · texte numérisé non relu

Ue Lapparent, Ua»»in pari»ien, p

LA. CH.AMPAGNE

Los limites historiques d’autres ont été rectifiées et adaptées par les géologues à de prétendues divisions naturelles du sol : c’est ainsi qu’ont été conservées les dénominations de SénoilRis et de Rémois ('), qui n’ont plus cours parmi les populations rurales et qui ont été cependant appliquées à des pays dont les contours restent indéterminés.

En second lieu, nous remarquons que les noms du plus grand nombre de ces pagi ont complètement disparu de la toponymie locale : tels le pays de Voncq (p. Vongensis), le Chalonge ou Châlonnais (p. Catalaunicus), le pays de Vertus (p. Virtudensis), le pays de Changy (p. Camsincensis), VArcesais (p. Arciacensis), le pays de Qiieudes (p. Cupedensis ou Covedensis), le Tricassin (p. Tricassinus), le Briennois (p. Breonensis), le Pruvinois (p. Pruvinensis). L’dsleno/s {p. Stndunensis), devenu un comté féodal dont les détenteurs furent qualifiés successivement de « comtes de Stadeneis » et de « comtes de Dampierre-en-Estenois » (^), n’a pas laissé d’autres traces. Le nom du Morvois {pagus Mauripensis) était encore porté au xiiL siècle par le mont Morvois, colline boisée qui domine le bourg de Pont-sur-Seine ; on écrivait encore Ponz-en-Morvois en 1245 (*) ; nous voyons Pont-sur- Seine figurer sur des cartes du xvi' siècle sous le nom de « Pontmoiro » ou « Pontmoyvo » Pour justifier le maintien de cette dénomination de Morvois, on est allé jusqu’à lui attribuer un sens géographique basé sur une étymologie au moins douteuse: le 5[orvois serait le pays des marais de la Seine et du confluent de l’Aube, depuis iMéry-sur- Seine et Conflans jusqu’à Nogent-sur-Seine (^).

Cette disparition progressive de la plupai’t des dénominations de pagi et la survivance toute conventionnelle de quelques-unes d’entre elles attestent le caractère artificiel de ces anciennes circonscriptions dont les populations n’ont pas retenu les noms. 11 importe d’ailleurs de ne pas oublier que les pagi n’ont pas conservé des limites fixes, que leurs contours ont été soumis aux vicissitudes des conventions poli-

1. De Dapparext, loe. rit., p. 6*>, 08, ^57, 500; 210, 272. Un défltiilion du Séuouais : vaste plateau

séparé eu deux par la vallée de K Vanuo » (Quaxtin, topogr. de l'^oniie, introd., p. xv, et Ley- MKUiE, .S'trtttsL (jêofog. de V Yonne, p. 85-80, l53, 513) ne concorde pas avec les limites de rancien pogne eenonicne ^ elle sc superpose, sans raison, à la dénomination populaire de pays d’Othe, et sa valeur géographique est contestable.

Page 1