Ari)Ouin-1)umazet, Voyage en France, 21' série, p
3. Boutiot, Étudet de géographie ancienne appliquées au département de VÀuhe, In-S”, Troyes, 1864 ;
LlîS PAYS DE LA CHAMPAGNE
peut être reconstituée à peu près exactement, ont laissé des traces nombreuses dans la nomenclature géographique de la région champenoise : ainsi le pagus Porcensis (Poncien : Château-Porcien, Novionl^orcien), le pagus Dulcomensis ou Dolmensis (Dormois : Cernay-en- Dormois, B'ontaine-en-Dorniois, la rivière Dormoise), \e pagus Pertensis (Perthois : Perthes, Aulnois-en-Pefthois, Savonnières-en-Perthois, Juvigny-en-Pcrthois). Cette persistance remarquable ne s’expliquerait-elle pas par une conformité singulière avec les divisions naturelles du sol, et ne doit-on pas identifier les pays géographiques avec les anciens pagi ? Cette identification a été faite par un certain nombre d’historiens et de topographes (‘), et elle a été adoptée plus récemment par les géologues. Quelle en est l’exactitude en Champagne ? Nous constatons tout d’abord que le pagus Porcensis, un des plus considérables du diocèse de Reims par l’étendue, dont le nom a passé au comté féodal de Porcien, qui fut démembré au xiii® siècle au profit du comté de Rethel (•) et érigé au xvi" siècle en principauté, ne coïncide, au nord de la vallée d’Aisne, avec aucune division spéciale du sol
Le Dormois, qui s’étendait à travers l’Argonne jusqu’à la vallée de la ]\leuse (Doulcon), a été érigé abusivement en pays géographique
Le pagus Pertensis (archidiaconé châlonnais de Perthoisl s’étendait bien au delà des plaines de la Marne, en aval de Saint-Dizier, où il avait pris naissance (village de Perthes) et ne présente qu’une analogie de termes avec le Perthois que les géologues ont défini (^) et dont le nom subsiste dans le vocabulaire populaire, c’est-à-dire cet immense bassin où les vallées du Barrois et du Vallage viennent s’épanouir en une plaine d’alluvions sous lesquelles plongent les assises du gault et des sables verts, en amont de Vitry-le-François.
Vaudin, ïitiide sur le pays sénouais (JSullet. de la Soc. de/i te. de l’Yonne, t. XXXV, 18U); Lonoson, Le» payi dit diocèse de lieim» (Uibliotb. des hautes études, fasc. XI) et Alla» de la France, 2' livr., texte, p. 107 sqq. ; Maxe-Veklt, Étude sur les pagi du liarrois au X' siècle {Mém. de la Soc. des lettre» de Itar-le-Unc, année 1876) ; Abbé Eug. Martin, )li»toire dei diocitet de Toul,Xancy et Saint-üié, t. I, p. lit sqq. ; t. Il, p. 307, iu-l», Nancy, 1900-1901.
1. (JuÉHAUD, Provinces et pays do Franco (Annuaire de la Soc. d’hist. de France, 1837, t. I, p. 58- 59) ; CnÉBL-EL, Pictionnaire de» institution», t. H, p. 960 (au mot pays) ; Alfred JanoBS, Géographie de Grégoire do Tours (Traduct. Guizot, t. II, p. 295); Boctiot et Socaru, Dict. topogr. de l’Aube, p. XI, et lluLTioT, Hi»toire de Troye», t. I, p. 17, 158, 251.
2. Sur le Porcien au Moyen .\ge, cf. P. Collinet, La Population de la sergenterie de Porcien vers l’an 1300 (Itevue d'Ardenne et d’Argonne, sept. 1901, p. 191).
3. Le Porcien serait, d’après M. de Lapparent (Le parisien, p. 213), le pays où dominent les marnes Inroniennes reposant sur les argiles infracrétacées, une sorte de préface de la Thlérache. Mais cette douomination ainsi entendue est inconnue des habitants du pays, auxquels les expressions bien plus siguilicatives de valla'ge, terres de Picar.lie sont seules familières.
1. Arddlts-Dumazet, Voyage en France, 21' série, p. 307, 316-317, 321.