‹ La ChampagneChapitre 157 sur 166 · Revne de Pari$, t. V, 1898, p · texte numérisé non relu

Revne de Pari$, t. V, 1898, p

2. Dans son esquisse d'iiue division provinciale de la France, Lk Play rattachait les départements do la Marne, de l*Aube et do Scinc-et*Marne à une province dont Paris aurait été le chef-lieu ; l’Aisne et les Ardennes à la province de Lille ; TVoune et la Haute-Marne à celle de Dijon (La Réforme sociale en France, t. Ill, append., p. 577-579).

plus étroits avec les groupes industriels de la Picardie (Amiens, Saint-Quentin) ou du Nord (Fouriuies) qu’avec le groupe rémois. De même la partie septentrionale du département des Ardennes , en dépit des traditions historiques, constitue un groupe industriel (industries extractives, métallurgie, quincaillerie, lainages) parfaitement homogène, de chaque côté de la vallée de la Meuse, digne de former à lui seul une unité administrative indépendante avec Charleville pour centre, et à laquelle la dénomination d’Ardenne resterait encore très appropriée. Dans la Haute-Marne, l’arrondissement de Vassy, formé d’une partie du Der, du Perthois et du Vallage, et auquel le plateau du Valtiermont (Ancerville), dépendant de Bar-le- Duc, pourrait être rattaché, constitue, malgré sa diversité géologique, une petite région industrielle très cohérente (métallurgie, carrières), qu’on peut considérer comme une dépendance naturelle de la Champagne, Les arrondissements de Chaumont et de Langres, dont la situation est déjà plus excentrique, et qui n’ont d’ailleurs rien de champenois, pourraient plutôt, réunis à une portion des arrondissements de Neufehâteau, Gray, Vesoul et Dijon, former une région du plateau de Langres, intermédiaire entre les plateaux lorrains et la haute Bourgogne. Quant au département de l’Yonne, il n’appartient que partiellement à la Champagne : En exceptivit l’extrémité méridionale, partie intégrante du Morvan, toute la portion jurassique (Auxerre, Chablis, Tonnerre), réunie aux arrondissements de Châtillon-sur- Seine et Semur, formerait une région de basse Bourgogne qui tire à la fois son unité et sa valeur économique de ses vignobles, de ses carrières et de ses usines métallurgiques.

La vallée d’Yonne, d’Auxerre à Montercau, sépare nettement la région champenoise du Gâtinais et de la Puisaye, pays se rattachant au bassin tertiaire parisien.

Toutes ces observations nous montrent que la plu]>art des cadres administratifs, dans la délimitation desquels une intransigeante géométrie a prévalu, pourraient être avantageusement remaniés et rajeunis en Champagne, pour se conformer aux exigences de la vie moderne. Dans cette simplification des circonscriptions administratives, il ne suffirait pas de prendre en considération la nature du sol et ces lignes géologiques qui déterminent les contours des masses minérales, dessinant -en quelque sorte le squelette de la contrée; de revenir purement et simplement à ces unités naturelles ou pays, la Champagne Humide, le Vallage, le Perthois, l’Argonne, la Champagne Pouilleuse, le pays d’Othe, le Vignoble, dont les noms s’asso-

CONCLUSION

cient dans l’esprit des populations à des modes d’habitation et à des conditions d’existence qui en sont inséparables ; il faudrait également tenir compte de l’aire d’extension des groupements actuels de la population, de la direction des grandes voies de communication, des principaux courants commerciaux, des intérêts économiques qui ont créé, entre les centres de population les plus importants, des liens nouveaux ne concordant plus avec les délimitations des départements et des arrondissements. C’est en s’inspirant de ces préoccupations qu’une enquête géographique pourrait aboutir à déterminer en Champagne les limites d’une région suffisamment étendue et cohérente pouvant servir de cadre à une nouvelle circonscription administrative dans laquelle seraient groupées rationnellement les unités naturelles qui s’expriment encore aujourd’hui avec persistance dans le langage populaire.

APPENDICE

Tableau A

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