VUIÎ GÉNÉRALE DU SOL CHAMPENOIS
plaines ondulées de la Champagne Pouilleuse, on voit peu à peu se profiler à l’horizon un talus aux contours sinueux, aux déclivités rapides dont les sommets sont couronnés de bois. A mesure qu’on s’en approche, on distingue, à la blancheur du sol, la nature crayeuse du soubassement qui supporte les dépôts tertiaires. Ce qui frappe surtout, c’est l’absence de paliers, de terrasses plus eu moins régulièrement étagées: le sol se relève brusquement, et le talus unique apparaît immédiatement surmonté de sa corniche. Des brèches dessinant de larges entonnoirs indiquent l’emplacement des vallées transversales par où les rivières drainent les plaines champenoises au profit du bassin tertiaire, ou, comme la Voulzie, dévalent sur le versant champenois, apportant à la Seine les eaux d’une partie de la Brie. Çà et là, des promontoires, des rentrants et des saillants escarpés, quelques buttes isolles attestent les transformations que les mouvements orogéniques et l’érosion ont fait subir à cette bordure du massif tertiaire. Lorsque, vers la fin de l’ère tertiaire, la partie centrale de la cuvette parisienne s’affaissa dans la direction du sud-ouest, tandis que la partie nord-est se redressait fortement, ce mouvement de bascule mit en évidence la saillie primitivement légère que formait la nappe tertiaire au-dessus des couches crayeuses. D’autre part, les torrents diluviens qui ruisselaient de toutes les directions vers le fond du bassin, et dont les eaux s’amassaient à la base du bourrelet tertiaire, contribuèrent à exagérer l’émersion et le relief du talus, en déchaussant en quelque sorte le socle de craie qui supportait les dépôts superficiels ('). Les protubérances et les ondulations de la falaise paraissent correspondre à des axes d’ondulations orientés du nord-ouest au sud-est, à travers toute la partie centrale du bassin parisien, et dont les pointes terminales viennent affleurer sur la bordure du massif tertiaire (■). Quant aux collines isolées en avant de la falaise, coteaux de Moronvilliers, mont lierru, colline de Brimont, qui, au delà de la vallée de la Vesle, sont encore surmontés de lambeaux tertiaires, en pleine zone crayeuse, ce sont, comme les plateaux du pays d’Othe, situés au sud-ouest, sur la rive gauche de la Seine, des témoins irrécusables d’une extension primitive (’) beaucoup plus considérable de
▼ers l'est. » « La préscuce de à silex à la biise du terrain tertiaire sur la presque tutalitû du
pourtour de cette falaise couduit à penser... qu'à la place de l'escarpement terminal... s’élevait, eu sens inverse, une falaise crayeuse, à l’endroit oi'i se trouve actuellement la dénivellation de la plaine champenoise. • Carte géologique détaillée, feuille ü7 (Arcis), notice.