Cf. De Lapparrnt, Le Uasein parUien^ p. 4Ô
2. Cf. Dollfus {UuUet. de$ eerv. de la eaite géolog., n*’ 14, p. 30 sqq.).
3. Sur l'exteusion primitive de la nappe tertiaire, cf. Lkymkkie, Statist. géolog. de VAube, p. 107-108. BIeloy, Sur la ceinture tertiaire du bassin parisien {Bullet. de la Soc. géoL, 3^ sér., i. I [1872-1873].
LA CHAMPAGXIî
la napjie tertiaire au-dessus du terrain de craie. La falaise ne se dresse qu’à partir de la trouée de la Seine, au-dessous de IMontereau, car, sur la rive gauche de l’Yonne, la saillie des aftleureraents tertiaires ne présente aucune netteté et il est difficile de la distinguer dans la topographie confuse du Gàtinais français. Au nord de la vallée d’Aisne, la ligne des coteaux tourne brusquement vers l’ouest en s’éloignant de la Champagne. L’altitude du talus tertiaire augmente régulièrement du sud au nord jusqu’au promontoire de la montagne de Reims où son point culminant atteint 280 mètres, c’est-à-dire plus de lôO mètres au-dessus des plaines crayeuses inférieures. Malgré son apparente simplicité de structure, la falaise de Champagne-Brie ne peut être assimilée aux corniches crayeuses (‘) : elle n’est point homogène comme elles et appartient à plusieurs étages différents. Entre la Marne et la Seine, les argiles à meulières et les marnes qui se rapportent à l’oligocène inférieur prédominent dans le couronnement du talus tertiaire ; au nord de la Marne (montagne de Reims et coteaux de Craonne), les assises plus résistantes de l’étage éocène, telles que les calcaires de Rilly et le calcaire grossier, accentuent les profils de la falaise. C’est à ces différences de faciès que les corniches terminales de la nappe tertiaire doivent leur modelé particulier et leur valeur topographique inégale.
La région champenoise est donc, dans son ensemble, une contrée à terrasses, présentant tous les caractères extérieurs déterminés par le modelé topographique que les géologues désignent par l’expression d’architecture tabulaire. A parties saillies inégales le long des affleurements de la roche de gaize dans l’Argonne, de la craie blanche audessus de la dépression infracrétacée, et des dépôts tertiaires surmontant le terrain de craie, saillies résultant du plongement des couches vers le fond de la cuvette parisienne, et exagérées par le travail de l’érosion, les accidents tectoniques proprement dits ont laissé peu de traces dans la plastique du sol champenois, et c’est par l’extension de grandes 2>lai»es uniformes que sont surtout caractérisés les paysages de la Champagne.
p. 10 «qq. ; Ladrest, Sur l’extension de la meulière de Brie à l’est du bassin parisien (Bull, de la Soe. d’étude de» ac, natur. de lleime, t. V, p. 59, t. Vll, p. (iS) ; Dui.lkus, Carte indiquant la limite probable du calcaire de Beauee {Annal, de ÿèo^r., juillet 1900, p. 320) ; du même. Carte de la mer des sables de Fontainebleau dans le bassin de Paris {Bullet. Soc. géol., S” série, t. XXVIII [1900], p. 121} ; .Uonieii- Gil.vi.ll AS, Sur la limite d'extension du bartonicn (ibid., p. 13).
1. Barré {Annal, de géogr., 15 mars 1899, p. UG; Revue du Qénie militaire, juillet 1899, p. 39) et Arebiteeture du aol de la France, p. 150-151.