‹ La ChampagneChapitre 73 sur 166 · POPULA TIO.S · texte numérisé non relu

POPULA TIO.S

ANNÉES

18 jt

Juiiville

Neufiize

Saint-Étienne à-Arnes

Hauviué

Cf. Th. PcKTAONiER, Étudo hUlorique 8ur Lc Chatelet-sur-Retourue, lîergnicovirt, Aliocourt (Trav. de VAcad. de UeimSf t. LIV, et un vol. in-8", Keims, 1874). Ku 1850, il y avait près de 200 métiers à lisser la laine à Saiut-Étienne*à-Ârnes. Ku 1896, la dernière usine a disparu (cf. Locis, Histoire de .Saint-Étieune-à-Arnes [Trav. de VAcad. de lleime, t. CVI, 1902, p. 167-468)).

2. Sur la vallée de la Suippe, cf. Akdooin-Dumazbt, Voyage en France, 20« série, p. 315 sqq.; Ch. Nicol, Étude historique $ur Pontfaverger et les communes environnantes, gr. in-8'^, Ueims, 189.Ô, p. 175, 297. Ku 1748, on comptait, dans la vallée de la Suippe, 916 métiers eu activité, fabriquant annuellement 12764 pièces d’étoffes d’une valeur de 1429340 fr. ; en 1S>5, les usines de la Suippe livraient 50000 pièces de tissu mérinos représentant une valeur de 15 millions de francs. Kn 1900, l’usine Harmcl, au Val-des- Bois (Warmeriville), comptait 37G9L broches, et occupait 723 ouvriers. Son chiffre d^affaires s’élevait à 7 millions de francs dont deux tiers à l’exportation.

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limons les terres riv^eraines désignées sous le nom de « terres d’ajaux » ; les prairies, entrecoupées de saussaies, facilitent l’alimentation d’un nombreux bétail (Togny-aux-Bœufs) ; les terres arables, qui n’exigent pas les fumures dispendieuses de rigueur sur les plateaux crayeux, sont couvertes de champs de céréales et de betteraves ; la craie des carrières de Togny, Cbepy, Saint-Germain-la-Ville, et la chaux hydraulique des grandes usines de Soulanges-Bayarne et les Louvières, concourent avec les produits agricoles à alimenter un commerce très actif. ]\Iais la vallée de la Marne doit surtout son importance à son orientation qui en fait, au cœur de la Champagne, la grande artère de circulation entre les pays de la France orientale et la région parisienne ; elle est essentiellement une voie de transit admirablement desservie par le chemin de fer de Paris à î^ancy, la Marne navigable en aval d’Epernay et le canal latéral à la Marne auquel se raccordent les canaux de la ^larne au Rhin et de la Haute- ^larne, près de Vitry-le-François, le canal de l’Aisne à la Marne à Condé ('). Par suite des conditions exceptionnellement favorables qu’elle offrait aux établissements humains, la vallée de la ^larne était prédestinée à devenir le centre d’un groupement politique. Après avoir servi de frontière entre les peuples belges et celtes, à l’époque de César, la Marne vit se constituer sur ses rives la métropole de la peuplade des Catalaunes. IMais Durocatalaunnm (Châlons), devenu dans la suite le siège d’un évêché et le chef-lieu du pa(jus catalaunicus, n’eut pas, au Moyen Age, la primauté qui échut à ses rivales champenoises, Troyes et Reims, situées sur des voies de commerce alors plus fréquentées que celle de la ^larne.

La drapei’ie, le commerce des blés et des vins qui, pendant plusieurs siècles, contribuèrent à la prospérité de la cité châlonnaise, périclitèrent par suite de la concurrence rémoise.

A la fin du xviP siècle, la petite ville, dont les rues étroites et les maisons mal bâties impressionnaient peu favorablement le voyageur, était en pleine décadence (*), bien que son rang de chef-lieu d’une généralité lui permît de disputer encore à la ville de Troyes le titre

1. Ea 189,5, tes dix ports écbelounés le lou^ du cnaal latéral figuraient pour un tonnage effectif de 23J054 tonnes sur 1 907 nV6 tonnes représentant le tonnage total de la voie. Ce sont donc les canaux de jonction et la Marne navigable qui fournissent le coutiiigoiit de trafic le plus considérable. La section du canal, cotre Vitry et Coadé, est de beaucoup la plus fréquentée, car clic livre passage aux transports croissants qui s'ctTectucnt entre les régions minières et industrielles du Nord et de l’E.-t. La moyenne du tonnage effectif du canal latéral a*cst élevée de 773 79:^ tonnes (période 1894-1888) à 1 (>87 940 tonnos (période 1891-1898).

9. Cf. Voyage de François Vinebant e.i France, 1609 (finllet. Soe, roy, belge de géogr., t. XX, 1896, p. 3l0, et Herne de Champagne et /iris, série, t. X, 189 , p. 8); Correspon lance dee contrôlenre géntvaux, i. il, U'* 79, 131; Boulainvillikics, État de la h*rance, III, 551.

CHAMPAGNE POUILLEUSE

de capitale de la Champagne. De nos jours, malgré les avantages de sa situation et de son outillage en voies de transport, malgré l’École des arts et métiers dont il a été doté, Châlons n’a pas pris part au grand mouvement industriel qui entraîna le développement de Troyes et de Reims. Il est surtout un centre administi'atif et militaire, dont la banalité vieillotte ou toute moderne n’est rehaussée que par quelques belles églises, les monuments construits par l’intendant de Champagne Rouillé d’Orfeuil, et d’agréables promenades le long de la Marne et du canal (’).

La vallée d’Aube est beaucoup moins importante, comme voie de transit, que celle de la ]\Iarne; elle n’est d’ailleurs desservie ni par un canal latéral ni par une voie ferrée longitudinale ; elle est également moins riche et moins peuplée. L’industrie de la bonneterie, florissante naguère dans les petits ateliers de famille, à Saint-Nabord, Torcy-le-Grand et le-Petit, Champiguy, etc. (-), n’a pu résister h la concentration du travail qui s’est opérée au profit des grandes usines d’Arcis, de Troyes et de Romilly. Les centres de population les plus importants à l’époque gallo-romaine et au iMoyen Age, parce qu’ils étaient des lieux de passage près des ponts, alors peu nombreux, sur la rivière d’Aube, ou des forteresses féodales, ne sont que d’insignifiants bourgs ruraux : Pougy (Pogeium), Ramerupt {castrum Ramerudum)^ Pouan iPotento), Plancy, étape sur la voie romaine de Troyes à Soissons. Arcis (Artiaca), qui gardait le pont de l’Aube traversé par la voie romaine de .Milan à Boulogne, et fut le chef-lieu du pagus arciacensis, doit à quelques ateliers de bonneterie une activité qui ne suffit pas à accélérer l’accroissement de sa population (”).

De toutes les vallées de la Champagne Pouilleuse, celle de la Seine, voie naturelle entre la Bourgogne et la région de Paris, est, sinon la plus riche, du moins la plus peuplée. En aval de Troyes, jusqu’au confluent de l’Aube, les villages se pressent le long de la Seine et du canal latéral, formant comme un long faubourg presque ininterrompu, dissimulé par intermittence dans les frondaisons qui bordent les cours d’eau. Au-dessous de Méry, la Seine et l’Aube, confondant leurs vallées, se réunissent dans une. grande plaine d’alluvions, tour à tour gréveuse et limoneuse, dont les moines deScellières ont commencé le

1. Cf. Aroouin-Dumazet, Voyage en France, 20^’ série, p. 191 otsuiv. IjCs établisscincuts iudastriels de Cbâloiis les plus importants soot une brasserie, une fabrique de papiers peints, une fabrique de chaussures. Population totale en 1901 : 26737 habitants.

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