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Cf. Fihot, L*Auhe et ses borda, in-8”, Troyes

3. Population : en 1851, 2652; 1872, 2815; 1901, 2716 habitauts. Sur Arcis, cf. AküOUIS-Dumazkt, Voyage en France, 21^ série, p. 58 sqtj.

(Icfriclienient et l’assainissement, et que sillonnent aujourd’hui les dérivations de la Seine et les fossés de drainage. Les alluvions situées en dehors de la zone actuelle d’inondation constituent d’excellentes terres arables qui ont fixé une population agricole assez dense. « Entre Clesles et Bagneux, n’a pas terre qui veut », dit le proverbe. Il y a là un vaste marécage, transformé par le travail humain, carrefour de voies naturelles qui fut la partie essentielle d’une antique circonscription administrative, le pagus mauripensis ou ^lorvois.

Sur ces confins de la Champagne Pouilleuse, dans le ^'^al-de-Seine, trois centres urbains se sont formés dont l’importance économique est très inégale : Troyes, Romilly et Nogent.

Tnoyes, situé au fond d’un véritable bassin, à proximité de la Seine et au point de contact de trois pays assez dissemblables, la foret d’Othe, la Champagne Humide et la Champagne Sèche, est une des plus anciennes villes de toute la région. Trecæ, l’antique oppidum des Tricasses, devenu à l’époque gallo-romaine le lieu de croisement de plusieurs voies de grande circulation entre le sud et le nord de la Gaule, fut au IMoyen Age la capitale d’un grand Etat féodal, le eomté de Champagne. Grâce à l’intelligente initiative de ses comtes, Troyes fut transformé en un grand centre industriel et commercial et connut une éj)oque de véritable splendeur (') : il avait des tanneries et des fabriques de draps renommées ; ses foires avaient une célébrité européenne : les marchands du Midi y a])portaient les épices et les produits du Levant, les Espagnols leurs cuirs préparés et teints, les Italiens leurs étoffes de laine et de soie, les Allemands leurs toiles et leui's pelleteries, les Flamands leurs draps; Juifs, Cahorsins et Lombards s’y donnaient rendez-vous. Mais dès le xiv® siècle, les guerres de nos rois avec les comtes et les bourgeois des Flandres, la guerre de Cent ans, puis les guerres religieuses, eontribuèrent suceessivement à la ruine des foires de Champagne. Lyon remplaça Troyes dans le trafic international et attira la clientèle des marchands du raidi de la France, de l’Espagne et de l’Italie. Cependant Troyes conservait son marché des laines et des draps, ses fabriques de suifs et de chandelles ; des tissanderies, des blanchisseries, des teintureries, des papeteries prospéraient tout le long des canaux qui se rami-

1. Sur le développement historique et économique de la ville de Troyes, cf. Grosley, Kphéméridei, I, 102, lU-155; d’Akbojs de Jubainville, IfUtoire des comtes de Champagne, III, 241; BouRqusLoT, Études sur les foires de Champagne (Acad, des Inscript., mém. présentés par plusieurs savants, 2' série, t. V, p. 139, 217-218, 242, 271); BüOtiot, llijtoire de la ville de Troyes ; Ardouim-Dumazet, Voyage en France, 21' série, p. 75 sqq.

CHAMPAGNE POUILLEUSE

fiaient dans sa banlieue; dès le xv' siècle, les papetiers troyens étaient comptés parmi les fournisseurs attitrés de TUniversité de Paris et exportaient leurs produits jusqu’en Hollande ; les imprimeurs troyens publiaient des éditions recherchées pour leur valeur typographique.

Les riches négociants de Troyes étaient de gros personnages étalant des armoiries à côté des enseignes de leurs boutiques, et si leurs vilaines maisons de bois étaient fréquemment dévorées par des incendies, les beaux monuments religieux de leur ville faisaient l’admiration des étrangers ('). La révocation de l’Edit de Nantes et la misère ''

générale qui assombrit les dernières années du règne de Louis XIV éprouvèrent rudement la ville de Troyes, et c’est en vain qu’en 1697 un arrêt royal tenta d’y restaurer les antiques foires de Champagne (“).

Au xviiP siècle, Boulainvilliers constatait la déchéance de Troyes et Grosley déplorait la ruine de la plupart des vieilles industries troyennes C*). Troyes s’effaçait alors devant Châlons, siège administratif du gouvernement et de l’intendance de Champagne, et il était définitivement éclipsé par Keims. Dans le cours du xix' siècle, l’activité industrielle de la cité troyenne s’est complètement transformée.

Troyes a perdu ses tissanderies, ses draperies ; la plupart de ses tanneries et mégisseries ont émigré à Sens, à Montargis ou à Paris au faubourg Saint-Marceau, et l’industrie de la bonneterie peu à peu a pris le pas sur les autres (■'). Vers 1846, Troyes s’était fait une spéèialité dans le tissage du coton (finettes, brillantés, piqués) et dans la fabrication des tricots. Plus récemment, l’industrie troyenne s’est '

complètement spécialisée dans la bonneterie, qui, après avoir été ^

disséminée dans un grand nombre de petits ateliers ruraux (^), a fini !

X. Relation» de» amhasêadtnrs rénitie t» ((’ollect. des Doc. inéd.), t. II, p. 291-2î‘2; Albert lUBE.iü, Le» Voyageur» en Francey j), 70.

2. I)b Doimsle, Correêpomlanee de^ contrôleur» générauXf t. II, n*» 7d7, et JT»», de Vintendant Larcher, fol. 200-205.

3. HOÜLIINVILLIERS, État de la France, f. III, p. 518; Grosley, Ephéméride», t. II, p. 108, 131 ; Albert Habkau, La population de Troye» au dix-huitième »iicle, br. in-S*», Troyes, 1873, p. 8, 10.

4. Sur les origines et le développement de la bonneterie à Troyes, cf. Grosley, Éphèmèride», t. II, p. 108 >5qq. J Julien Gkbau, Statiatigue de la production de l*arrondi»»ement ind7iatriel de Troye» pour Vannée lft46, in-3«, Troj*es, 1818; Coyigré» scientijiqne de France, Troyes, 1861, p. 191 sqq. ; Boütiot, Histoire de Troyes, t. lU, p. 235, 429; d’Arroih de Jubainvillb, Adminiatration de» intendant», d*apré» le» archive» de VAube, in-8", Paris, 1880, p. 1 16 sqq. C'est à des industriels et constructeur.s troyens que sont dus, en grande partie, les perfectionnements apportés à l’outillage mécanique de la bonneterie. Cf. Exposition universelle de 1900 : Rapporta du jury international, groupe 13*, D* partie, iu-4", Paris, 1902, p. 104 sqq.

Il y • une quarantaine d’années, un grand nombre de villages de la région travaillaient pour le compte des fabriques de Troyes. Le paysan champenois, petit propriétaire, menait de front la culture d’un sol ingrat avec le maniement du métier à bras ; la femme cous.aît des bas. Depuis quelques années un retour au moins partiel vers ces conditions familiales du travail rural semble se dessiner. L’organisation dans les campagnes de métiers mus par de petits moteurs à pétrole, installés dans les

par se concentrer dans les grandes usines de la ville pourvues d’un outillage perfectionné, entraînant avec elle le développement d’industries auxiliaires : constructions mécaniques, teinturerie, etc. ('). La bonneterie troyenne doit lutter sur les marchés étrangei’s avec les produits similaires allemands (Chemnitz) ou anglais (Nottingliam), et la surproduction résultant du travail intensif des grandes usines ne coïncide pas avec une extension simultanée des débouchés à l’étranger que les tarifs protecteurs resserrent au contraire un peu partout. Les conditions de la concurrence sont d’autant plus pénibles que Troyes, pour son appi’ovisionnement en matières ju'emières et en combustible minéral, doit recourir presque exclusivement aux transports par voies ferrées, car le caual de la Haute-Seine de Troyes à Marcilly a un mouillage insuffisant (1"',70) et aboutit à une impasse, la Seine, de ^Marcilly à Montereau, restant inaccessible aux péniches flamandes. ^lalgré cette infériorité relative (■), l’activité économique de la ville de Troyes est loin de se ralentir; sa population ne cesse de s’accroître, et constitue avec le faubourg industriel qu’est la commune contiguë de Sainte-Savine, une agglomération de GOOOO habitants (®) environ. La gare de Troyes, où la voie fen-ée de Paris-Belfort se croise avec les lignes stratégiques d’Orléans à Châlons, de Saint-Florentin à Vitry-le-François et à Sorcy, et avec l’importante ligne de Bourgogne (de Troyes à Dijon par Bar-sur-Seine et Chûtillon), est une des ])lus considérables du réseau de l’Est pour le mouvement des voyageurs et des marchandises. De plus, avec ses manutentions, ses magasins militaires et ses dépôts, son outillage très complet de voies (le transport, Troyes est devenu à la fois un centre d’approvisionnement et un point important de concentration pour les troupes en cas de mobilisation. Michelet écrivait, il y a un demi-siècle, que Troyes « est ])resque aussi laide qu’industrieuse ». Cet aphorisme comporte aujourd’hui une juste atténuation; si le vieu.x Troyes du « quartier bas » est resté à peu près ce qu’il était, les transformations heureuses qu’a subies le « quartier haut », principal centre du commerce, attes-

xnaisous particulières oi\ ils occopout toute la famille, a pris une certaine extension, en concurrence avec les grandes usines où le.s prix de façon sont élevés et les heures de travail limitées. (Cf. Chambre do commerce de Troye«i, Itapport de Vannét 1895, p. 88.)

1. Troyes no livre plus guère à la con.soiumation ses légendaires bonnets de coton; sa fabrication porte sur les ha^, chaussettes, caleçons, gilets, maillots, jerseys, gants, etc. ; les articles de soie s’y fabriquent.concurreminent avec ceux de coton et de laine.

2. La chambre de commerce de Troyes réclame Paehôvement du canal de Troyes à Clrlitillon, la construction à travers la ('hampagne méridionale d'un canal depuis Vitryde>Fi*ançois et reliant les canaux do la Marne au canal de Uourgogne (Cf. les Uapporis des années 1822, p. 23; 1821, p. 40-41 ; 1900, p. 43, 54-56).

3. Population totale à Troyes eu 1201 : 53 146 habitants; Sainte-Saviue, commune coutigné : 6111.

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