LEGENDE
Indicntious do la hautoui- dos pluies ou niillimôtros : Moins do GOO
+ 800 millimètres.
Affleurements dos principaux terrains. —
Echelle : 6 mîUimèlres pour 6 kitomilres.
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LES PLUIES
centue dans toutes les directions de l’est et provoque une recrudescence progressive des précipitations atmosphériques (de 600 à 700 milliinètres). La bordure orientale de la nappe crayeuse qui est très inontueuse, surtout entre les vallées de la Marne et de l’Aisne, et frangée de chaînons orientés du sud-ouest au nord-est, présente un nouveau niaxiinuin ; là, sur le Hanc des coteaux les plus élevés, comme le mont de Fourches au-dessus de Vitry-le-François, les collines de la Serre qui dominent les plaines du Vallage d’Aisne, la tranche d’eau dépasse 700 millimètres, tandis que les plaines d’alluvions déprimées que forment les grandes vallées transversales et qui s’étalent en arrière des terrasses ci’ayeuses, aux environs de Larochesur- Yonne, de Troyes, de Brienne-le-Château, de Vitry-le-François, de Vouziers, ne reçoivent guère plus de 600 millimètres de pluies. Quant aux plateaux du pays d’( )the, ils doivent à leur surélévation relative, à leur contiguration tourmentée ainsi qu’aux vastes forêts qui les couvrent, des pluies aussi abondantes qu’inégales, et dont l’accroissement coïncide avec le redi’essement du massif dans sa partie méridionale. Bien que médiocrement élevée dans son ensemble, la bande infracrétacée de la Champagne Humide, qui s’ouvre aux vents pluvieux comme un long couloir déprimé entre les hautes plaines du terrain de craie et les plateaux de la formation oolithique qui l’encadrent, est à peu près entièrement comprise entre les courbes 700 et 800 millimètres (‘) ; la hauteur des pluies dépasse même 800 millimètres au massif du Valtiermont au-dessus de Saint-Dizier et sur le plan incliné qui porte la forêt de Trois-Fontaines au-dessus des plaines du Perthois. La nature même du sol est ici le principal facteur de l’abondance relative des précipitations atmosphériques. Les })laines et les bas plateaux de la formation infracrétacée, avec leurs sols plus ou moins imperméables, très boisés, émaillés de prairies, parsemés d’étangs et sillonnés d’une multitude de cours d’eau, absorbent moins d’humidité, dessèchent moins l’atmosphère que les plaines plus hygrophiles du terrain de craie: ainsi se vérifie, dans cette partie de la Chanqjfigne, la loi suivant laquelle l’air est normalement plus humide, plus fréquemment et plus rapidement saturé au-dessus d’un terrain imperméable et boisé qu’au-dessus d’un sol très perméable et dénudé ('^). C’est ainsi, par exemple, qu’à Ceffonds (altitude
1. La moyenne de (>71 inillimètrca que Belgrand(L« Seine, 13.)) attribue à la Champapue Humide est beaucoup trop faible.
2. Des observations multipliées , particulièrement en Lorr.iine (forêt de H.T.ye aux environs de Nancy), ont permis de constater que les massifs boisés, eu brisant la force du vent, provoquaient de.s
128 mètres) dans le pays boisé du Der, la hauteur moyenne des pluies, 736 millimètres, dépasse de beaucoup celle de Sommesous, 642 millimètres, station de la Champagne Pouilleuse située à une altitude cependant supérieure [176 mètres] (').
Quant au massif d’Argonne, partie culminante de toute la région champenoise, qui dresse ses hautes cimes boisées au-dessus des plaines vallonnées de l’Aisne, il reçoit une tranche d’eau au moins égale à celle qui abreuve la Champagne Humide : les précipitations atteignent leur maximum le long des crêtes orientales, les plus élevées, de part et d’autre de la vallée de l’Aire (900 millimètres en moyenne). Une progression analogue et tout aussi rapide dans la hauteur des pluies s’observe quand on s’élève de la vallée d’Aisne aux environs de Kethel, sur les confins de la Champagne Pouilleuse, jusqu’aux crêtes boisées qui dominent le versant de la Meuse.
Conformément à une loi depuis longtemps énoncée (loi Hausse) pour l’ensemble du bassin de la Seine, le régime pluviométrique de la Champagne, comme celui des régions circonvoisines, est caractérisé par une prédominance plus ou moins marquée des pluies de la saison chaude (l*'' mai au 1" novembre) sur celles de la saison froide (P^ novembre au 1" mai). Normalement, l’été et surtout l’automne sont, en Champagne, les saisons les plus pluvieuses:
Hauteur des pluies par saison (en millimètres).
Cm
ANNKES
1 STATIONS
HIVKR.
ÉTÉ
Se,
d’observations.
I Sonuuesous (Champagne Pouilleuse) .
l.SO
Wassv (Champagne Humide)
Un examen de ce phénomène appliqué à un nombre de stations suffisamment considérable permet de relever des anomalies assez curieuses
précipitations plus abondantes, que la forêt favorisait la condensation des vapeurs atmosphériques, que le.s sols boisés, enfin, étaient plus abreuvés que les sols dénudés (MaTuiEU, Météorologie comparée agricole et JoresUère^ iu-4o, Paris, 1878; liullet. du miniêt. de Vagric., année 1900, p. 44, 48, 62; année 1901, p. 210*246, 261). Cf. les observations faites dans le Hainaut (forêt de Mormal) et relatées dans les Annales de géographie (15 mai 1902, p. 215).
1. Une constatation identique a été faite entre les station.s de Sommesous (176 mètres) et Villeseocux (119 mètres) situées sur des plateaux crayeux dénudés, et celles de Reims (90 mètres) dans la vallée muréca^^euso de la Vesle, et Vitry-le-Praiiço's (108 métrés) dans les plaines humides du Perthois (Cf. FoukniÉ, dans Mém. de la Soc. deê ac. de Vitrg, t. I, p. 137).
LES PLUIES
dans cette répartition saisonnière des pluies On constate ainsi que les stations de la Champaf^ne Pouilleuse (Sens, Barberey, Berry-au- Bac) accusent, comme Paris, une saison d’hiver plus sèche que le printemps, tandis que les pays moutueux et boisés, comme la bordure du massif tertiaire (Pierry, Verzy), la forêt d’Othe (Cbailley, Cerisiers), la Champagne Humide (Wassy et Vouziers) et l’Argonne (Chritel-Chéhéry, Montfaucon) sont caractérisés par une moindre abondance des précipitations atmosphériques durant le printemps ; une répartition analogue des pluies affecte les régions voisines et même assez éloignées de la Champagne, qui sont plus qu’elles engagées à l’intérieur du continent, comme la Bourgogne et le Morvan, le plateau de Langres et le Vallage, le Barrois et les plateaux lorrains :
Tableau.
1, Ilatileur moyenne des pluies par saison.