‹ La chanson d'Antioche: composée au XIIe siècleChapitre 27 sur 30 · TROISIEME FRAGMENT · texte numérisé non relu

TROISIEME FRAGMENT

Les barons de France (que Dieu leur donne son pardon!)

Se sont échelonnés en neuf bandes,

Et la dixième fut faite par les divers barons de Tarmée

de Dieu.

Je ne sais vous dire le nom de chacun d'eux, Vous les avez entendus ailleurs, dans la chanson. Ds furent mille et quarante , en vérité nous le savons, Chacun était armé richement.

Il n'y en a pas un qui ne porte enseigne ou pennon, Tous sont couverts de fer d'ici jusqu'aux éperons, Ils donnèrent le commandement au duc de Bouillon, Et à son cousin Robert le Frison.

Ces ducs s^en sont allés à travers les sables, Ds s'en vont vers le roi Tafur pour l'avertir : a Sire, vous attaquerez, au nom de saint Siméon, (( Quand vous entendrez sonner les grands cors de

cuivre. »

Et le roi répondit : « Dieu soit béni I »

Les princes s'en retournèrent sans rien ajouter.

Ils ont été aux écuyers ^ et leur ont expliqué Qu'après le roi Tafur ils pourront frapper ferme à leur

volonté.

Puis ils vont vers les Normands sans s'arrêter, Et leur commandent d'être tout prêts, Qu'après les écuyers ils fassent leurs efforts, Et qu'ils commencent l'assaut av€C ardeur.

Puis ils vont vers les Flamands aux cœurs de lion, Et vers les Boulonnais leurs alliés, Pour leur dire de combattre après les Normands. Raimbaud Creton dit : a Nous le désirons vivement ! » Les comtes s'en reviennent tenant chacun une épée. Et vont vers les Français à la grande renommée. Us leur disent qu'après les Flamands ils montent en foule, Qu'ils attaqueront la cité où Dieu souffrit la passion. Et qu'ils eu abattent les murs, les pierres; Puis ils leur ont donné de la part de Dieu une douce

absolution, Et ils s'en retournent au grand trot.

Depuis ce temps, jamais on ne vit un si terrible assaut.

^ Jeunes gens non reçus chevaliers.

Page 1