‹ La chanson d'Antioche: composée au XIIe siècleChapitre 28 sur 30 · QUATRIEME FRAGMENT · texte numérisé non relu

QUATRIEME FRAGMENT

Le jour fut beau et clair, et le soleil rayonne,

L'assaut fut grand, les cris terribles.

Hungier TAllemand cria à haute voix :

« Or, barons, ne vous lassez pas de bien faire I »

Les Flamands sont furieux, chacun d'eux s'avance,

Ils dressent jusqu'à quatre de leurs échelles,

Et sire Raimbaud Creton monte en haut,

Evervin de Creil monte par une autre,

Et Hungier ne tarde pas à prendre la troisième,

Et Martin empoigne à deux mains la quatrième.

Que Dieu qui forma le monde les ait en sa garde !

Isabar tient un fer recourbé et le jette à Hungier,

Au collier du haubert il lui en fiche le croc,

Et le vieux Danemon a pris Evervin.

Il l'a tiré en haut avec l'aide qu'il a.

Raimbaud Creton le voit, il en est fort affligé.

Il tient l'épée nue, l'élève en haut.

Et frappe un Sarrasin dont il coupe les pieds,

Payen de Camelli en tue un autre;

Un Turc donne un grand coup de massue à Raimbaud,

Tel qu'il le jette en bas tout étourdi.

Payen de Camelli est frappé par un autre Turc,

Et, qu'il le veuille ou non, il trébuche et tombe en bas.

Jusqu'au fond du fossé chacun d'eux s'en alla,

Ce fut un grand miracle que Dieu fit alors,

Ils sont tombés si doucement qu'ils n'ont aucun mal ;

Alors on jette des cris de tous côtés.

Les dames de l'armée de Dieu qui sont présentes.

Pour conquérir la ville où Dieu ressuscita, s'écrièrent

Que ceux qui les vengeront

Auront leur amour toujours.

Quand le duc voit Hungier pris par les Turcs,

Et Evervin qu'il aime tant pris aussi,

Son sang se glace, il est très-abattu.

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