BERCEUSE MALADE
Si vous veniez près de la mer, Votre voix calmerait la mer En chantant tout bas.
Je vois vos mains au piano, Et j'entends dans le piano Votre cœur qui bat,
Si doucement^ d'un sang si tiède, Que je me sens en la nuit tiède M'assoupir un peu.
Ne sortez pas, je suis malade.
Versez de vos yeux au malade Un pâle espoir bleu !
Croisant vos mains comme en prière, Posez sur mon front sans prière Votre regard lent.
Le vent qui siffle me fait peur !
Quand vous êtes là, je n'ai peur De Dieu, ni du vent.
Restez, sinon quel est mon sort?
Puisque vous portez tout mon sort — Ma mort ou ma vie ? —
Comme un prochain enfant sa mère^ O mon amour, ma sœur, ma mère, Ma vierge Marie !
Dieu, vous, ma vie, ma joie, j'embrouille Tout î Ah I dans mon être qui se brouille Qu'il bat mon cœur las I
Si vous veniez près de mon cœur, Votre voix calmerait mon cœur En chantant tout bas.