SOIR ANCIEN
Abdique, ô mon amour, la majesté des voiles Ou, diapré de pierreries, souffre ton corps. Ta chair est une nuit débordante d'étoiles Et qui resplendira mieux que ta robe d'or 1
Mes bras dorment au bord de la source et t'attendent.
O glisse-toi sur ma poitrine extasiée !
Entends à tes pieds nus l'herbe folle plier
Et chanter les milliers de ses flûtes mourantes.
Ah 1 voici tes cheveux avec tant d'art tressés Qu'on les dirait une imprenable citadelle I Victime au pur autel de mon sein caressé, Ta chevelure abandonnée m'ouvre ses ailes !
L'horizon si profondément nous environne Que nous allons pleurer de mystère et d'oubli, Et lentement durant des instants infinis Mes doigts dénatteront ta splendide couronne.