‹ La chanson de l'enfantChapitre 18 sur 58 · OISEAUX CAPTIFS · texte numérisé non relu

OISEAUX CAPTIFS

D'où viennent-ils? i^ui sait? .Mais du pays des anget Ou d'ailleurs, nos pays leur paraissent étranges; Les nouveau-nés, pareils à des oiseaux captifs, S'épouvantent de l'homme et craignent qu'on les touche : Un regret les tourmente, à toute heure plaintifs; S'ils dorment souriants, à qui tourit leui bouche?

11 faut les consoler d'être ici, parmi nous:

Pour être plus près d'eux, s'incliner, — à genoux.

Bien bas, comme adorant leur candeur et leur grâce :

Puis il faut les bercer : le rythme est rassurant ;

Le nourrisson qui pleure encor, bien qu'on lembraîse

Au bruit de son berceau s'apaise et nous comprend.

56 La Chanson de V enfant.

Son âme, hier à peine à l'inconnu ravie, A besoin d'ignor.r un peu de temps la vie : S'il nous entend déjà, cachez-lui le réel; Quand il s'éveille, avec des plaintes étouffées, Vite, vite, appelez des beaux pays du ciel Autour de son berceau ses marraines les fées.

Accoutumez l'enfant aux choses d'ici-bas. S'il a pris des oiseaux du ciel, voyez- vous pas Comme il orne leur cage avec de vertes branches, Pour qu'ils se croient encor libres au bois natal?.. Reste mon prisonnier, enfant aux ailes blanches : Voici l'Illusion et voici l'Idéal.

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