POUR LES GARDER
Omère à qui l'effroi fait plier les genoux, Force ton orgueil à se taire.
Et crois-moi, ne dis plus : « Le bel ange est à nous, * Surtout s'il n'a pas touche terre.
Ne dis plus : « Il est mien ; n'est-il pas en effet Tout captif dans ses humbles langes? »
Va. tremble s'il n'a point, fils de l'homme imparfait. Alourdi son pied dans nos fanges.
Oui, surtout s'il n'a pas marché dans nos chemins.
Crains qu'il ne t'abandonne, ô femme; Attends — lente à l'espoir — que des désirs humains
Aient à sa chair lié son âme.
Il nous arrive à peine et peut vers l'infini
Rouvrir soudain deux ailes blanches.
Peut-on dire : « L'oiseau va faire là son nid. > Parce qu'il a touché les branches?
Combien d'entre eux s'en vont qu'on espérait venus Pour la vie heureuse et féconde !...
Tant qu'ils sont si petits qu'on aime à les voir nus. Ils ne sont pas bien de ce monde.
Prends garde! Il est encor si léger, si pareil Aux choses qu'un souffle soulève!
Son âme s'en irait, si, pendant le sommeil, Elle suivait trop loin son rêve.
Aussi, pour qu'il se plaise ici-bas, l'enfant pur. ' Pauvre mère, pour qu'il te reste,
Souris-lui; pour charmer cet âge. rien n'est sûr Comme ton sourire céleste.